I.c Muiai-'luss iliiiis la liouisiUili'ii
UNE MAUVAISE HECOLTE 215
comme une poule hoime à plumer, et on n'exige pas de lui des prix exorbitants.
La neige, (jui él.iii épaisse par terre, àHjerdkin, avait graduellement dis[iaru avant (pie nous atteignissions Fokstuen, à 3,1 50 pieds au-dessus du niveau de la mer.
A Dombaas, où il y a une station télégraphique, la scène avait entièrement changé, et des champs d'orge ondulant sous la brise charmaient les yeux. On voyait disséminées çà et là, par groupes, de petites fermes; mais le disirici esl pauvre, elles fdles en général sont contentes lorsque leurs voisins plus riches les engagent moyennant quatre ou cinq dollars par an, y compris riiabillemenl.
Ici, à 2,000 pieds au-dessus du niveau de la mer, les récoltes n'étaient pas parfaitement mûres, la saison ayant été tardive. L'orge aurait eu besoin de quelques jours de soleil de plus, et les pommes de terre étaient encore en tleurs. Li's soirées devenaient froides et les visages des fermiers laissaient deviner Icui' iuipiiéluih'. Le vent soufflait duN.N.O. et [tendant deux nuils consécutives une dure gelée s'était fait sentir. Les pommes de terre devinrent noires et la récolte du grain fut sérieusement compnmiise. Après la première gelée, chacun se mit à l'œuvre dans les champs; hommes et femmes coupèrent l'orge et toutes les mains capables piochèrent lespommesde Icrre. La ilnulcurétreigaail le cœur des fermiers; car c'était une grande allliclion [Miur eux, et, pendant ces quehptcs jours, des larmes coulèrent sur bien des joues maternelles. Après ce moment de froid subit, le lenips devint orageux, une violente tempête éclata, quoi(pie l'on ne fût qu'au 20 septembre. Ceci me força d'abandoimer la carriole.
Le touriste, dans son trajet de Troudhjem à Christiania, perd une quantité de vues superbes en ne suivanl pas la Romsdal jusqu'à la mer, la route principale s'embranchant à Dombaas. La course d'ici au fiord Molde, à une distance tle 70 milles, offre un des tableaux les plus grandioses de la Norvège, et un panorama de scènes admirables qui se succèdent rapidement.
Les vallées de Gutbrandsdal et du Romsdal sont séparées par le lac Lesje, long d'environ siqil milles, el à 2,0.i0 pieds au-dessus du niveau de la mer. C'est un des peu nombreux lacs qui ont deux déversoirs, une rivière s'écoulant de chaque côté dans des directions oppo-
sées. La Logcii couit vers le sud, pnrla Guthrandsdalen, et finil dans le lac Mji"isen, tandis que la Rauma coule an nord par la Romsdalen.
Entre Stueflaaten et Horgheim on voit le plus beau et le plus grand spectacle de la roule. C'est le point culminant de tout le voyage. La gorge ou vallée est d'une grandeur ipie l'on n'oublie pas aisément; les immenses murs perpendiculaires, les montagnes nues et âpres, avec de sombres et profondes crevasses, et les rampes noires et abruptes des collines et des rochers de gneiss, donnrnl un aspect partirnlièrenient sombre au tableau. A Ormein, prés de la station postale, la Rauma reçoit les eaux d'un courant formant une magnifique cascade, la Vermedalsfossen, qui se partage en trois branches, dont chacune dégringole les pentes des collines en ondes écumantes. Où la vallée était plate, les prairies encore vertes contrastaient avec les murs sombres et jierpendiculaires de chaque colé, pendani que les cimes des montagnes se cachaient sous la neige.
Les nuits étaient froides; le malin, le thermomètre ne se tenait qu'à peu de degrés au-dessus du point de gelée, et on voyait la glace sur les côtés des ruisseaux. Pendant le jour, le mercure à l'ombre montait rarenii'iil au-di'ssus de iO", mais il atteignait 8.'? au soleil (pii riind;iil rapi- (leiueiil la neige. Depuis la lempèle, le ciel avait été sans nuages, l'air délicieux et fortifiant.
Dans une partie de la vallée, entre Stueflaaten et Fladmark, on jouissait d'une vue réellement sublime; d'innombrables cluites d'eau, provenant de la fonte des neiges supérieures, tombaient le long des falaises abruptes, el produisaient une scène étonnante. Beaucoup se Jeliienl de hauteurs tellement consiilér.ibli's, (pir Wm perdait la vue des sommeis; dans l'éloignemenl, elles faisaient rell'ei tle petits rubans d'argeni i|ni disparaissaient pour reparaître plus bas, pendant que l'œil s'elforçail en vain de les suivre ; d'autres semblaient se fondre en un nuage tl'écume avant d'atteindre le fond. Cette scène de cascades défie toute descrip^ tion. Dans une étendue de mijins d'un mille anglais, avaiil d'aileiinlre Fladmark, je comptai, des deux côlés de la vallée 73 chutes d'eau dont aucune n'avait moins de 1 .000 pieds de haut; il en est qui se |irécipilaient de 2,000 pieds. Tout le long des déclivités de la numlagne, on voyait distinctement les manjues des glaciers qui ont creusé, poli, et déchiré les rochers. Les terrasses aussi se montraient jus-