UNE TEMPETE DE NEIGE
qu'à une liauleur de oOO pieds , i)i'ouvanl ainsi l'ancien niveau de la mer.
A quelques milles avant d'aileindre le l'iord Mulde, on arrive à une charmante auberge appelée Aak , oîi je m'arrêtai quelques jours. C'était une petite maison, blanche, bien peinte, et un endroit agréable et confortable, encombré de touristes pendant l'été, mais désert maintenant, car la saison des voyages et de la récolte était passée. On voyait un peu de légumes dans le jardin potager où abondaient les framboisiers, les groseillers et les fraisiers. Les pommiers et pruniers étaient chargés do fruits; mais la température avait été généralement froide et les pommes n'alleignaient pas encore à la maturité. Nous étions entre les Gr et 63°.
Combien me parut somptueux le menu de cette petite auberge après mes explorations estivales dans les montagnes ! La cuisine était excellente; j'eus truis repas par jour; la carte comprenait: soupe, poisson exquis, mouton, volaille, pois verts et autres légumes du jardin, et plats confectionnés; on me donna toute la crème, le lait et le beurre que je désirais; le café était parfait et le linge de table très blanc. Les chambres sont petites ; mais telle est la réputation de cet endroit, qu'en été il est encombré et que les voyageurs logent dans différentes fermes. Certaines personnes passent des semaines à Aak, rien que pour jouir de la belle vue. C'est une des meilleures auberges de la Norvège et les prix sont très modérés. J'espère que les bonnes gens auxquelles elle appartient, et qui la tiennent si bien, conserveront leurs honnêtes procédés norvégiens.
Quoique tout fût en repos dans la vallée, un ouragan se déchaînait sur les sommets des montagnes où des nuages de neige volaient dans toutes les directions et ta de grandes hauteurs sous forme de colonnes en spirales. De temps en temps le calme était troublé par un bruit retentissant dont les échos se répercutaient de montagne en montagne; ce bruit venait d'avalanches de neige entraînant dans les crevasses du dessous des rochers et des blocs erratiques, pendant (pie l'immense Troldtinden et le Romdalshorn dominent le paysage de la vallée. En face de Aak on voyait une de ces vallées étroites et courbes qui finissent brusquement dans une gorge, avec deux ou trois «saeters ». Un agréable trajet d'envirt)n trois milles conduit de Aak à Veblun
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gnaes, à la pointe du fiord, où un pi'iit steamer prend les passagers pour Midde. Après avoir navigué (picl(|ues heures sur le fiord, on y aperçoit la pelile ville serrée au picil des collines par la nier. Ses maisons peintes en jaune cl un hlanc, aux toits couveris dr hiili's muges ou foncées, on! un iisprcl 1res |iillnres(|ue vues di' la, mer; li's l'ucs |irn|irt's cl faiipaiTucc liii'u rangée des liabilalions l'dul un cITcl Irés agréable (|uand on a déh.inpié.
Je ne connais ]ioint i\t' ville en Norvège qui présente un panorama pins vaste et plus beau de liords et de montagnes. L'église est le princi|)al édifice; le cimetière qui l'entoure était embaumé du parfum des llcin-s d'antomnc. Marroiuuers, chênes, frênes, peupliers cl boiileanx ombrageaient les tombes; plusieurs ne portaient point de nom, mais chacun connaissait la jdace où reposaient ses morts. Dans la ville, il y a une fort belle avenue de bouleaux dont quelques-uns ont ciiu] [lii'ds de diamètre. Le dimanche, l'église regorgeait de monde. AvanI de mouler en chaire, rccclésiasticpie enleva son surplis blanc cl a|i|»;irul dans sa soutane noire, avec un ridial au col. Il fut très élo(pienl cl l;i congi'égalioii obsi'i'va ini [U'olond silence, interrompu seulemenl p.n' les dames. Le sermon dura une heure vingt, et, à la fin, le prédicateur [)ariit fatigué. Comme cela est usu(d dans toutes les assemblées, quebpu'snns donnirciii ; mais, dans mon banc, un dormeur combattit le sommeil pai' inic |iris(> de tabac (pii produisit rclfcl désiré; il éternua et deuu'ura éveillé pcndaiil loule la dui'ée du service. Après le sermon vini h' baptême de deux enfuils; l'ollicianl ré|i;indil [lar trois fois de l'ciu sur la tèledc chaque nouveau-né, i)our représenter la Trinilé, ci les parents, ainsi (pu" le parrain et la marraine, passèrent derrière l'anlcl pour remettre leur oiïrande.
Dans nne ville de Norvège c(^ n'csl pas dans la résidence de r.inilmanil (gonvernein'l on de loul aulre éni|doyé du gouvernement ipie rèlianger devra chercher la plus belle demeure; c'est lui Irail car.iclèristique en ce pays, qu'un bâtiment modeste est régulièrement alfeclé à la résidence du premier personnage officiel. Cependant, en Suède, la demeure du gouverneur d'une province est toujours belle cl même imposante, comparée à la plupart des autres maisons di' la villi\
L'amtniand m'invila obligeamment à passer la soirée chez lui, oi'i il avail engagé une société choisie de gentlemen, parmi lesquels devaieni