‹ Le pays du soleil de minuitChapitre 88 sur 147 · RUINES ANTIQUES · texte numérisé non relu

RUINES ANTIQUES

Dogu; mais il n'y denieurèreiil pns longtemps avant d'en être expulsés de nouveau; enfin ils se rendirent sur la rivière Diina, en Russie, et voyagèrent jusqu'à ce (pi'ils lussent arrivés dans l'empire byzantin, sur la mer Noire !

Les premiers habilanls de Gotland étaient païens et olïraient des sacrifices humains dans des liocages sacrés, sur les hauteurs. Ils croyaient à Thor et à Odiii, et bien des noms de fermes et de lieux rappellent encore aujourd'hui les dieux et déesses de laWalhalla. Le mot toiHierre, dans la langue de Gollaud, veut certainement dire Tlntr (Dieu du Tonnerre), (|ui, lors([u'il était en colère, fiappait de terreur les géants qui habitaient le septentrion.

L'ile est un des endroits du Nord les plus riches en restes des anciens temps, surtout la côte de l'est, où l'on voit de nombreux monticules funéraires, ou lumuli, débris en firme de vaisseau, appelés ■slunkers. Un nombre infini d'anliipiités découvertes dans la terre, prouvent (pie la piraterie et le commerce étaient les occupations princijiales des habitants, qui s'enrichirent par le pillage. On n'a trouvé que ]>eu de restes des âges de la pierre et du bronze; la plupart de ceux (jue l'on a déterrés proviennent de l'âge du fer. Parmi les plus intéressants, sont les pierres commémoralives piulanl des nianpies grossières, re[)résentant un bateau de Wikings, avec mâts et voUes et une proue élevée; des hommes sur le pont semblent comlialtre; au-dessiius, on voit des figincs d'hommes et d'animaux, mais si grossièrement faites, qu'il est difficile de les reconnaître.

L'un des délices de l'étranger qui voyage en celte île est de trouver partout ces témoignages du passé datant soit de l'époque païenne, soit des premiers temps du christianisme.

Les tumuli, ou lombes les plus anti(pies, comme celles que l'on voit en face, en Ostei'gotland, et dans la jiartie méridionale de la Scandinavie, sont très clairsemés en Gotland; il n'y en a que deux. Ici, le plus grand nondjre de lombes sont des amas de petits blocs, au milieu desquels une urne d'argile conticnl des cendres. A côté des urnes, on trouve souvent du (diarbon et des os brûlés. On ne découvre que bien peu de squ(dettes noirs incinérés. Les tumuli de pierre sont parfois entourés d'une rangée simple ou double de pierres rondes. De petites lombes sont feites de quatre dalles, avec une urne renfermant

LE PAYS Dr SOLEIL DE MINUIT

des cendres. 11 y a des lalilcllrs. avec des raradèrps riiiiiqiies ; mais récriture est tellement elïacée (|iic l'on ne lient les lire. Ces pierres gravées sont en très j;r;nid nombre. Ou les Inuive debout ou renversées; ce furent |uobablciiiciil des pierres commémoialives placées sur les lombes. On reiiconlre aussi des croir counnémoratives, appartenant à la période cliréiieiuie; elles dateni du xiv" el du xv' siècle, et portent des caractères rnni(pies. On voit aussi lieauconp d'anciennes

Les imirs ilo VN'ishv.

forlillcalions, avec une mniaillc ronde en lerre, ou enlourées de pierres brutes.

Aulrefdis sans ddulc 1rs liabilauls de l'Ile, c(uuine ceux de la Norvège, du Danciiiark, de la Suéde cl lic la cùlc uricnlale de la Baltique, consistaient principalemeid en Wikings, (pii lireid de longues et dangereuses expéditions; les souvenirs laissés par eux sur l'ile indi(]uent ([ue tous l'urenl de la même race. Mais les Gollandais, étant devenus riches , excitèrent l'envie des pirates ou des chefs voisins des rivages di' la ]{alli(pie; aussi curent-ils à soutenir des guerres continuelles.

On est toujours impressionné quand on visite de 'vieilles ruines. Il est rai'c ipie l'iui suit liMilé de i-ii'c ipiand lui erre sous ces nuus (pii

r.RANDfirn et décadence de wisby 349

s'effritont, on |i,iinii les pilifi-s (''(■rmil{''s (|iii oui luUr contre les siècles et (|iii liiiii'eiit p.'ir siiccoinher. Ils reiideiit sérieux, car ils l'ont penser :i la petitesse de l'Iiomnie; l'ii sent que ceux qui les ont bàlis, moris depuis lon,c:temps, étaient de même nature que nous; il ne nous es! pas dil'liciic d'imaginer les scènes de la vie dont ils l'nrfiil autrefois les témoins: mais le silence sépulcral (]iii environne le spectateur ini|ii-inie le respeci el la tristesse. Selon toute apparence, les fortificalions el les vieilles éiilises de Wisby ont été construites en jiierres tirées des carrières creusées sous la ville, dont l'aspect, quaiul ou erre dans ses rues, est étrange. Parmi les plus modernes bâtiments et cottages, apjtarail çà et là une vieille maison lianséatique, ou un magasin de forme ancienne, aux murs croulants, couverts de lierre et dominés par des tilleuls, des noyers, des mûriers et des ormes. Des ruines )iittoresques datant de plusieurs siècles et des cimelières silencieux se mêlent anx demeures des vivants, qui ne se font aucun scrupule de construire les porcbes de leurs maisons avec des pierres tumulaires portant des noms gravés, des inscriptions bizarres, ou des sculptures fantastiques.

La période de fondation de la ville, de même que l'établissement dans l'île, es! incerlaine; mais, qn(dle ipi'ait pu être son bistoirc primitive, elle eut, anx x", xi' et xn" siècles, une grande importance commerciale , et entretini ini trafic très étendu avec les commerçanis d'Angleterre, de Hollande, de Russie, de France, delà Méditerranée et d'aiihes parties de l'Europe. En 1237, le roi d'Angleterre, Henry HI, permit aux Gotlandais d'importer ou d'exporter des marchandises sans payer de di'oils. Les marchands devinrent énormément riches et eurent des rajqiorts d'affaires avec l'.Vsie et différentes contrées d'Europe. Tous les négociants du monde étaient admis dans les murs de Wisby. A cette épo(|ue, le trafic de l'Inde, de la Perse, et des autres [)arties de l'Asie, se faisait [)ar le Volga jusipi'à Novgorod, et le commerce s'accrut lors des guerres avec l'Oricnl. La richesse du peuple devint fabuleuse et la manie de bâtir des églises commença.

La ville eut une carrière féconde en évéïn'inenls : idle dut soulenir liien des sièges el fui mise à sac. Les mnrs exislani aujourd'hui on! été édifiés en 1288 ; trente-six loiu's on! éli' éle\ée>|iar les halulants de l'ile, chaque tiiiy (conilé ou |>aroisse)en consiruisil une. Les murs étaient

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perci's (le meurtrières, et deux tours li.ird.iicnl ch.Knie entrée. Un voit encore les restes des gargouilles |i:ir lesi|uelles la garnison [touvail lancer de l'huile liouillanle, de l'eau chaude, ou du [)lonilj fondu sur renneiui. Outre ces murs et ces tours, trois fossés étaient creusés à l'extérieur. Il reste vingt-huit tours dont l)eaucou|) ont de GO à 70 pieds de haut, et de plus |)etites se dressent encore eidre elles.

Ln ville comi»tait autrefois plus de douze mille bourgeois, et des quanlilés d'artisans habitaient hors des murs ipiand la [ilace devint trop petite pour les contenir. La cité était aloi-s indépendante; elle battait monnaie et levait ses propres forces militaires.

L'île est surtout riche en vieilles médailles. En 1870, à Sindarve, dans Hemsô, on en a trouvé, dans une seule place, au moins quinze cents, pesant plus de dix livres; c'étaient des monnaies impériales de la partie occidentale de l'empire romain, en argent, dont la plupart y dataient du premier siècle du Ciu'ist. Petites et épaisses, (dles poitaieid des images bien découpées d'emiiereurs et d'impératrices; on les appelait denarii. On trouve souveid d'autres coins, très usés, ce (pii prouve le long usage (jue l'on en avait fait avant qu'ils fussent enterrés. En quelques endroits, on a découvert des pièces romaines eu or, appelées solidi, mais jamais plus de 40 ou 50 ensemble, et généralement elles datent du iv' el du v' siècle. On a aussi mis à joiu' une grande quantité de coins kuli(pn's, venant de Kufa, Bagdag, Samarcande, Bokliara et d'autres villes de l'Asie; ils sont en général grands et ronds, sans elligies, et couverts des deux cotés d'inscriptions arabes; on en a déterré {dus de dix mille dans l'île; les plus anciens sont du \\f et les plus récents du x' sié( le. Des monnaies anglaises, avec des ligure de rois mal exécutées, iW^ ix' et x' siècles, et un grand nombi-e de [lièces allemandes, ainsi (pu- d'antres représentant des évèqnes, des villes, etc. soid de la période ci-dessus.

J'ai acheté une pièce d'argent (pi'nn fermier venait de trouver en labourant; elle porte l'image de l'empereur Commode, fils de Maixuis, qui monta sur le trùne en 1 80 après .I.-G. et mourut en 1 92. On a exhumé des ornements précieux, consistant en liagin's unies el onvragées';des anneaux pour le col el les bras, en argent el en or, el (|nel(|iierois décorés de perles; des bijoux de bronze; des boucles de cliairssure; des ceintures avec ligures; des épingles à cheveux; des lingots d'(M- et d'argent

GOTLANDAIS ET DANOIS 331

pirls à rlit' li'aiisformés en luuiiniiic, et serv.iiil itrokiblenuMil comme types de valeur; des cidliei'S d"aiidiiv. de veirc cl d'ari^ile de toutes couleurs; des pei^tiies d'ivoire et Ijeaucoup il'autres objets.

On a conservé aussi des sceaux de corporations autrefois i)uissanles et portant le nom d'un saint patron.

La ville, au moment de sa plus haute prospérité, possédait dans ses murs non muiiis de quinze églises et deux couvents; hors des murs, une é'dise et un monastère de religieuses; beaucoup ont été construites par lies marchands étrangers résidant en ville. Pendant les xf et xii" siècles, jilus de cent églises furent érigées dans lile; presque toutes existent encore et Ton y célèbre le service divin; il en est dont l'architechire est Inrt Indle.

Cette ville remarquable fut assiégée plusieurs fois, car sa richesse priivoijua l'envie de puissants voisins. Malgré ses fortifications, Wisljy lui prise d'assaut en 1301, par Waldemar 111, de Danemark : depuis longtemps, l'ancien traité était devenu lettre morte, et la Suéde ne put rien contre la puissance du Danemark. Le pillage fut énorme; les orneluenls d'or et d'argent îles églises en formèrent une grande [lartie. Waldemar entra dans la ville [)ar une brèche faite à la porte du Sud, près de laquelle on voit une croix, élevée en mémoire de ceux qui furent tués pendant ce siège, avec l'inscription latine encore lisible, dont Voici kl traduction :

« L'an 1301, après la Saint-Jean, les Gotlainlais tombèrent devant les portes de Wisby, fi'appés par la main des Danois. Ils sont enterrés ici. Priez pour eux! »

xMais le butin qu'emporta le roi victorieux n'arriva pas en Danemark; les vaisseaux qui le portaient sombrèrent dans une tempête auprès de lile de Carlsô.

Leâ ruines racontent l'histoire de la grandeui' et de la décadence de 1,1 ville et iap|ii'llenl l'instabilité des choses humaines. Il y eut un temps, ïians doute, oit les marchands princiers de Wisby Crurent que la grandeur de leur cité durerait toujours et que ses richesses ne feraient que s'accroître; mais ces rêves sont évanouis depuis longtemps. Les peuples de ces jours sont oubliés; ils gisent inconnus depuis des siècles sous les [lierres tumulaires ou sous le gazon des cimetières. Les souvenirs du passé n'ont point de récit qui raconte le trafic et les fêtes des anciens

temps; mais les pages de l'Iiisloiiv el les annales des mines croulantes démontreiil que Wishy lui une des villes commerçantes les plus fameuses du moyen âge en Europe.

Errons un peu mainlenant au milieu de cette étrange ville, respirons les i)arl'ums des cerisiers, des pruniers et des pommiers en Heurs; promenons-nous dans ces liabitations el ces magasins lianséali(pies, autrefois résidences des gouverneurs danois, ou propriétés de riches marchands; (pielques-unes sont encore eultonélat; d'autres, délabrées, semblent gémir sur les bons momenls du passé; entrons

Cioix commémoiatives.

dans ces maisons pavées d'anciennes dalles, autrefois pierres tumnlaires, sur lesquelles sont gravées des armoiries, des monogrammes, des inscriptions avec dates et rôles; dans ces humbles cottages aux teiièlres envahies |iar des piaules grimpantes, des arbustes et des fleurs; dans ces jardins, au milieu de ces vieux murs bi'auianls, couverts d'un lierre plusieurs fois séculaire, de glycines qui tombent en festons gracieux; passons sous les branches des tilleuls, des ormes, des noyers, des érables, des nuiriers, et d'autres arbres. Au delà des nuus cl des tours ap|iaiMisscnt, avec la mer à l'arriére-plau, des bateaux de pècheiii's érlidués sur la ])lage du pclil purl de AVisby. Des

aigles de nif'r volent siu' l'eau, guettant leur proie, et 1' uleml les

cris perçants des mouettes. Sur le front des falaises, les vagues ont creusé des grottes qui, pendant les chaudes journées de juillet, deviennent les rendez-vous favoris de ceux qui aiment la vue de la mer.

ijaint-î.anroMl.

LES EGLISES Di: r.dTF^AND 3oo

L'uiiP (les plus licllcs l'iiiiu's do la ville est celle de Sainte-Catherine érigée jiar les moines franciscains vers 1233, rebâtie plus lard en couvent.

Le corps de l'église est un carré oldong avec douze piliers octogones sur deux rangs et un cliœur pentagone. Oiiginairement, l'édifice avait été construit dans le style roman; mais, depuis, on l'a transformé en style ogival. Le tint est enlevé et il ne reste que des arceaux (pu semblent sur le point de s'écrouler. L'herbe pousse par terre, la plupart des dalles ayant été enlevées pour faire des seuils de porte; mais j'en ai remarqué une sur laquelle était ciselée la figure d'un prêtre qui tient en main un calice portant la date de 1380. Sous la partie méridionale de l'église, il y a une petite crypte. V

Du sommet de l'église ruinée du Saint-Esprit, datant du xni" siècle, on a un(> lielle vue sur d'autres ruines et sur l'extérieur de l'église de Saint-George dont la partie basse a 84 pieds de long sur 47 de large, soutenue par quatre piliers d'environ 14 pieds de haut; les fenêtres et les portes sont en plein ceintre. La partie supérieure repose sur (piaire piliers ronds de 10 pieds de haut, et de là jiart un escalier qui coiidnil an toit ; les murs sont percés de profondes crevasses causées, dil-on, par un tremblement de terre survenu en 1.540. Derrière cette église est l'iKjpilal de la paroisse.

Non loin du Saint-Esprit, on voit les ruines de Saint-Laurent et de la Sainte-Trinité, éloignées l'une de l'aulre de vingt à trente yards. Saint-Laurent a été construite sous la forme d'une croix grecque, et, comme ses voisines, appartient au milieu du xii° siècle. Une autre église, du même style architectural, se trouve encore en Golland. Intérieurement elle a 106 pieds de long, sur 76 de large. Le long du mur extérieur régne une galerie (pii s'étend sur Irois cùtés, et à hupiclle (in alioulit par deux escaliers séparés; les arceaux sont ronds. On dit que Saint-Laurent est d'un demi-siècle plus âgée que la Sainfe-Trinitè. Santa-Maria a été consacrée, àce(iue l'on croit, en 122o; c'est la seule église de Wisby, où l'on célèbre un service |udjlic. Elle a 173 pieds de long sur 73 de large; elle est pavée d'anciennes dalles de dilférentes périodes, oùsontinsrrilsdesmonogram-

mes, des caractères runiques, tics inscriplions latines, datant du xif au xv" siècle, en vieux gotland. en allemand, en hollandais et en danois. C'est la dernière demeure de plusieurs importants personnages qui se rattachent à l'histoire du Gotland. et, parmi eux, de Philippe Axelson Thotl. gouverneur danois de l'ile à cette époque, mort en 1464. En face de l'autel, j'ai vu trois fort Itpaux spécimens

Kglisc du Sainl-Esjiiil.

de ces dalles ; il isl regrellahlc de se dire (|iii' j'usiu'i' conliniiclli' à laquelle ('lies son! e\|ii)séi's. (inira |)ar eil'ai'cr graduellemenl Iciu's antiques dessins. Dans le cimetière, (piel(|ues tombes dalenl de i'Mm à 1400: il en est (|ui ont servi plusieurs fois, ainsi (pie cela ressort de la succession des dates. Au|)rès de l'église, on aperçoit les restes d'une baleine, i|ue. dans les premiers temps, on a ciiis èliv ceux d'une vierge géanle ipii aniail ((inslruil l'èdilice. .le deniandai ;mi ddcleni' — mon <-icéi-oni'. ipiel élail le mauvais plaisaiil (pii avail dsé suggérer que ces os étaient ceux d'une baleine : <■ Pus d'aulic (pie Linnée. » me répondil-il. Dans les vieilles chroiii(pies. on rapporle (pie, près de

Église Saint-.Mcolas.

ENVIRONS DE WISBY 3S9

VVisby, on prit, un poisson cpii criait comme un homme ; que tous ceux qui l'entendirent et le virent en furent émerveillés, et qu'on le suspendit à l'église de Sainte-Marie.

De Sainte-Marie j'allai à Saint-Nicolas, construit vers 1240. C'est une belle ruine (|ui était la plus ,unindo église de Wisby. Elle appartenait aux dominicains. C'est un mélange de style roman et ogival; la largeur interne est de G5 pietls, et la largeur de 199; dix piliers carrés, dont deux endommagés, sont encore debout. Le bâtiment principal a 22 fenêtres ; du côté de l'ouest il y en a trois très gracieusement placées.

Parmi les églises dont il reste à peine un vestige, il faut citer Sainte-Gertrude, construite par les marchands de Hollande, située au sud-est de Saint-Nicolas; sa longueur était d'environ 0.5 pieds, et sa largeur de 23.

Saint-Jean est une des plus anciennes et des plus grandes de Wisby. C'est l'église dans laquelle le premier pasieur [troteslant prêcha, vers 1525; à peine en reste-t-il quelque chose. Saint-Jacob et Saint- Michel ont été entièrement détruites.

J'errai de ruine en ruine jusqu'à ce que je les eusse toutes examinées, et, finalement, je me retrouvai auprès des gris et sombres murs, auprès des tours dont chacune a son histoire. Les rint/imircn (fortifications et murs) (jui entouraient toute la ville, déterminaient une surface de 135 tunnland (environ 170 acres).

Quittant Wisljy par la vieille Norreport (porte du Nord) flanquée des deux tours élevées pour la défendre, je me dirigeai vers la campagne. Des routes se croisent dans toutes les directions, en sorte que l'on peut aller partout où l'on veut. Quelques fermes semblaient bien aménagées ; mais la population, en majorité, habite de petites maisons plâtrées. Le blé d'hiver (sarrazin) et le seigle venaient bien, et tout le momie était occupé dans les champs ; beaucoup de fermiers plantaient des pommes de terre. La contrée est belle dans beaucoup de districts. Les maisons étaient petites et blanches, avec des toits pointus et les fenêtres garnies de plantes. Les jardins et vergers, les champs et piairies, les plantations de houblon qui les entourent, prouvaient (jue les fermiers étaient en bonne position. Ici, le pays est très morcelé, et les propriétaires

font rendre à leurs petils domaines tout ce (iifils peuvent produire.

De temps à autre, nous arrivions à l'une de ces gracieuses églises dont l'île est si riche. Tout est si calme et si paisible autour d'elles, que l'on voudrait y reposer quand on aura IV'i'mé les yeux fiour jamais.

Kglisc (le Ci.iiik', clans lile dr linthiinl.

Les lilas en pleine lloraison. 1rs violettes au milieu de riierbe, les champs verdoyants et les prairies, l(tiit ajoutait au cliarmr de la promenade; plusieurs chênes magniliipics poussaient au bord du chemin, et les prunuMs, les cerisiers, les poiriers et les pommiers élalaient les couleurs délicates de leurs lleiiis. Le priiileni|is semble commencer ici a peu prés à la même ép(i(|ue (|n";i ^■e\v-^(H•k. dans les années ordi-

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