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LA BEAUTÉ DU PAYSAN DE LA PLAINE

Il a toute la fieiié et aussi toute la politesse de la race. J'ai vu des ouvriers jardiniers qui, dès que la maîtresse de maison paraissait dans le parc, s'en venaient lui baiser la main avec le naturel et l'élégance d'un gentilhomme.

Un costume simple, mais beau, parce qu'il n'est pas comme le costume des paysans que nous voyons d'ordinaire, un vêtement de monsieur plus sale et plus laid : les bottes, la grande culotte de toile flottante, la veste courte et le chapeau rond ; il faut les voir sur leurs charrettes attelées de deux ou trois chevaux secs, disparaître au grand trot dans un tourbillon de poussière !

M. Sigismond de Justh, Fauteur d'un très intéressant ouvrage, Le Livre de la Pousta, avait organisé dans son domaine un théâtre populaire dont les acteurs étaient tous des paysans. Ils jouaient des pièces de Sophocle, et Mme X..., qui a vu ces représentations, m'a déclaré qu'elle en avait été émerveillée.

C'est là la grande force de la Hongrie. On ne saurait trop en avoir souci. Aussi comprend-on l'émotion légitime qui s'est emparée de tous,

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quand on a vu l'émigration prendre chez ce peuple, chez ces paysans de TAlfoeld, des proportions inquiétantes. Autrefois, c'étaient uniquement les comitats du Nord, habités par les Slovaques, qui fournissaient le contingent des émigrés. Mais depuis quelques années, le mouvement se propage vers le centre, vers le cœur de la Hongrie. Le paysan hongrois, qui a été de tous temps attaché au sol par une véritable affection, vend sa terre pour rien et s'expatrie en Amérique. Les conditions économiques ayant évolué, les petits propriétaires terriens ne peuvent plus subsister à côté des immenses domaines seigneuriaux. Le mal qui a détruit la propriété moyenne menace la petite propriété. Si on le laisse empirer, poursuivre et achever son œuvre, c'est la mort de la Hongrie !

La propriété moyenne disparut après 1848. Quand le servage fut aboli, la propriété foncière subit une crise effroyable, par suite du surenchérissement énorme de la main-d'œuvre. Les paysans qui travaillaient eux-mêmes, les grands seigneurs qui disposaient de grandes ressources, s'en tirèrent ; mais les propriétaires moyens

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