‹ Le pays magyarChapitre 20 sur 65 · LE MAL AGRAIRE · texte numérisé non relu

LE MAL AGRAIRE

sombrèrent. Actuellement, la propriété moyenne n'existe presque pas : il n"y a aucune transition, entre la petite, toute petite propriété et la grande.

Voici des chitTres que j'cuq^runtc au livre de M, Vautier, La Hongrie économique : i3 millions d'hectares représentent la petite propriété ; 6 millions, la propriété moyenne, encore M. Vautier fait-il rentrer dans cette division des propriétés de 100 à 5oo hectares, qui sont en réalité de grandes propriétés; 12 millions la grande propriété. Mais le plus terrible de tout, c'est que 1 1 millions d'hectares constitués par les biens des communes, de l'Etat, des associations religieuses ou des majorais, sont absolument inaliénables, en dehors de toute circulation. Voilà le grand mal, le mal agraire, dans toute sa gravité. Trop d'immenses propriétés, beaucoup trop de majorais. Les latifundia ruinèrent ritalie ; si l'on n'y prend garde, ils ruineront la Hongrie.

Jusqu'ici, la petite propriété du moins s'était défendue. Mais elle est menacée à son tour. L'Etat vient de prendre d'énergiques mesures,

pour aider au morcellement du sol. Dans différents comitats, Torontal, etc., il a mis en vente 6.000 hectares à des jirix très minimes ; on a distribué la terre en lots de 2 à 5 hectares, et il n'est pas permis à un propriétaire d'acquérir plus de deux lots, hormis s'il a plusieurs enfants. Les paysans se sont portés en masse à l'adjudication. De môme, un riche propriétaire vient d'affermer son domaine, de 4-ooo hectares, par petits lots, aux paysans.

Mais pour enrayer le mouvement, il faudrait bien plus que ces mesures isolées.

Page 1