CHAPITRE XXIV Le Compromis douanier
Les péripéties du Compromis ; sa conclusion
EST UN coup de THÉÂTRE. LeS INTÉRÊTS MIS EN
JEU. Ce que DISENT LES PARTISANS DE LA SÉ- PARATION.
Aux termes du compromis de 1867 « la communauté des araires commerciales ne résulte pas de la pragmatique sanction, d'après laquelle les pays de la couronne de Sainl-P]tienne, étant indépendants des autres pays gouvernés par le souverain, ont le droit de prendre, par l'organe de leur Gouvernement responsable et de leur législature, telles mesures que bon leur semble et, par conséquent^ de s'entourer de lignes douanières ». Ainsi la Hongrie pourrait
quand elle voudrait cesser la communauté de douanes avec l'Autriche. L'arrangement, le compromis douanier qui lie ensemble les deux états est renouvelable tous les dix ans. Il expirait cette fois le 3i décembre 1897. Depuis lors, malgré tous les efforts tentés, tous les pourparlers entrepris, les deux partis contractants n'avaient pas pu se mettre d'accord.
Les négociations ont commencé le 3 janvier 1895 et le 3i décembre 1902 elles n'avaient pas encore pris fin. Elles ont duré sept ans moins trois jours. Les réunions des ministres ont été au nombre de 21 3, dont i43 tenues en Autriche et 70 en Hongrie (1). Enfin ce tournoi fantastique a été dignement clôturé par une conférence de dix heures ! Vingt fois les journaux ont annoncé la rupture des négociations, pour annoncer leur reprise quelques jours plus tard. Les deux premiers ministres attelés à cette ingrate besogne se découragaient, offraient leur démission à l'empereur, qui la refusait.
La conclusion fut un vrai coup de théâtre, qui
(1) C'est le correspondant viennois du Temps qui envoie au journal celte amusante statistique.