L ANCIENNE CAPITALE DE LA TRANSYLVANIE
cuir et la veste courte, le costume d'il y a mille ans. Il n'y a pas eu de transformation lente dans les habitudes, le genre de vie, mais irruption soudaine des coutumes de TOccident. A Kolozsvar, il y a vingt ans, les buffles se promenaient librement par les rues et donnaient parfois la chasse aux passants.
La société comprend Taristocratie, une bourgeoisie élevée de fonctionnaires, professeurs, médecins, avocats, au-dessous la classe des commerçants et le peuple. J'ai la sensation que cette hiérarchie sociale, qui chez nous n'existe plus depuis longtemps, que cette division en classes distinctes s'étageant l'une au-dessus de l'autre, correspondent ici à quelque chose de réel. Les classes sont distinctes, et elles sont fermées, deux traits essentiels de la société hongroise, très intéressants pour un Français.
Sont aristocrates tous les gens titrés, comtes, barons, des nobles sans titres appartenant à d'anciennes familles ; de ce côté seul les frontières sont un peu flottantes ; les titres de comte et baron ont été donnés par rAutriche, ils n'existaient pas dans l'ancienne noblesse hongroise.
Certaines familles, très importantes par leur fortune et leur rôle historique, mais n'ayant pas eu Toccasion de rendre des services à l'empereur, sont restées sans titres et n'en font pas moins partie de l'aristocratie. Ajoutez les mésalliances, l'éternel amour qui se rit des préjugés et des castes. Il faut bien, bon gré malgré que l'aristocratie s'ouvre un peu ; mais elle ne s'ouvre qu'un peu et plutôt en faveur d'étrangers que d'hommes du pays.
Quelque chose démontre fortement l'existence de cette hiérarchie sociale, c'est la grande importance attribuée à l'appellation honorifique de Méltôsdgos et Ncigysùgos, Votre Noblesse et Votre Grandeur. Seuls les gens titrés, les plus hauts fonctionnaires ont droit à la première ; la seconde revient à une certaine catégorie de fonctionnaires, aux simples nobles. Ce n'est pas tout encore : au-dessous de Nagysàgos il y a Tekintétes un (assez malaisé à traduire, quelque chose comme Monsieur d'importance ) ; au-dessus, le titre des titres, l'appellation sacro-sainfe devant laquelle s'évanouissent 'de confusion les commissionnaires et les cochers : Nagij Méltôsàgos