‹ Le pays magyarChapitre 9 sur 65 · L ANCIENNE CMMTALE DE LA TRANSYLVANIE · texte numérisé non relu

L ANCIENNE CMMTALE DE LA TRANSYLVANIE

OU Kcgijelnies ui\ votre Excellence, réservée aux ministres, aux plus hauts dignitaires de la cour.

Comme l'indication des titres n'est pas écrite sur le front, c'est une affaire délicate, quand on s'adresse pour la première fois à quelqu'un, de savoir rappellation exacte dont il faut l'honorer. M'"''X.,. me disait qu'elle était souvent fort embarrassée et que, hésitant entre plusieurs titres, elle donnait toujours le titre supérieur. C'est la solution élégante : cette méprise, si méprise il y a, ne pouvant que faire plaisir à votre interlocuteur. Et marchands, commissionnaires, cochers, conducteurs de trains, tous ceux qui ont affaire a votre bourse le savent parfaitement; pour un marchand, tout client qui entre chez lui, pourvu qu'il ait des chaussures et un faux-col, est a priori Nagysàgos iir ; les conducteurs du train m'appelaient Nagysàgos^ moyennant un pourboire moyen ; mais quand je doublai ce pourboire je devins incontinent Méltôsàgos.

Les professeurs de l'Université de Kolozsvar sollicitèrent etobtinrent letitrcdc» Nagysàgos »; ils demandent maintenant le titre de « Méltôsàgos », que portent déjà certains d'entre eux, dépu-

Recouly. Magyar. 3

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tés à la Chambre des Magnats. Le grand cas que font de ce titre des gens graves et intelligents est, à mon avis, caractéristique d'un état d'esprit général. Il montre que, pour les Hongrois, le titre a une valeur réelle, qu'il distingue véritablement : dans un pays qui a gardé si profondément le sens d^une hiérarchie sociale, les titres marquent d'une manière précise les difTérents échelons de cette hiérarchie. Ils donnent satisfaction à Fun des instincts les plus naturels chez riiomme, celui de l'inégalité. Nous avons moins que personne le droit d'en rire : le titre est une décoration qu'on ne porte pas à la boutonnière et qui pourtant cent fois par jour vous vaut des déférences et des appellations flatteuses, chatouillant l'oreille et caressant Famour-propre.

Les familles de l'aristocratie, et encore pas toutes, ne passent à Kolozsvar que l'hiver; le reste de l'année elles habitent leurs châteaux éparpillés dans toute la Transylvanie. Il ne s'en trouvait pas à Kolozsvar au moment où j y vins.

Mais j'ai pu connaître, à Kolozsvar et dans d'autres villes, des types intéressants de la seconde classe, la bourgeoisie, surtout des pro-

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