Mais nous avons une troisième ligne : Y oblique
Cette dominante, nous la connaissons moins bien en général, nous cousinons moins avec elle à moins d’habiter la montagne. Pourtant nous avons plus besoin de chercher le moyen de lui donner des opposants.
Quelle idée exprime la dominante oblique ?
Pour le voir, suivons-la. Les lignes sont faites pour être suivies. En les suivant on se rend immédiatement compte de leur effet, donc de l'idée qu’elles peuvent exprimer.
En suivant une oblique, en partant de la bordure du tableau, nous descendons. L’oblique exprime donc l’idée d’un glissement, d’un affaissement, d'une chute. Ce qu’elle supporte glissera, s’affaissera, tombera. Notre composition entière suivra le mouvement. Pour le caler , il nous faudra caler l’oblique, autrement lui donner une opposante qui la soutienne.
L’horizontale la soutiendra certainement. Mais l’horizontale exprime la platitude, l’apaisement. Cette opposante pourra donc retenir la chute, l’amortir tout en lui laissant son expression. Ce sera l’affaissement à son point d’arrêt.
La verticale la soutiendra certainement mieux, La chute apparaîtra moins complète par le fait même d’un arrêt plus brusque comme cela se voit dans : les Pommiers du champ Trolley (fig. 24). L’opposante, dans ce cas, communiquera même à la dominante une idée de relèvement. Le but à atteindre peut donc quelquefois être dépassé par l’emploi de l’opposante verticale.
L’oblique en opposante à une oblique supprime le glissement sans l’arrêter aussi brusquement ou sans le détruire d’une façon absolue. En d’autres termes, la meilleure opposante à une dominante oblique est une opposante de même nature que la
24. — La dominante oblique et ses opposantes. Les pommiers du champ Trolley
l’ordonnancement et les dominantes 65
dominante, mais d’une valeur moins grande et contraire. Elle peut être placée ' différ emmènt en V droit comme dans une -gorge de montagne, en V renversé comme dans les arêtes des montagnes.
Le motif se trouvera encore beaucoup plus équilibré si une troisième oblique, d'un sens différent, vient relier les deux
Fig. 25. — Obliques opposées aux obliques.
Ravin des environs df. La Bourdoule (Phototype de l'autour.)
branches du V comme le montre ce : Ravin des environs delà Bourboule (fig. 25).
En multipliant ces lignes d’union, en accentuant l’appui de l’oblique d’abord par une oblique, puis par une horizontale et enfin une verticale comme dans : En face le Puij Gros (fig. 26), où l’oblique opposée est le chemin, l’horizontale, la montagne du lointain et la verticale le personnage assis, nous arrivons, sans la moindre peine, à acquérir le maximum de stabilité et de force, dans notre composition. Stabilité et force qui sont, au demeurant, les conditions primordiales de tout paysage de montagne.