‹ Le paysage artistique en photographieChapitre 16 sur 38 · Arrêtons-nous un instant sur ce fait · texte numérisé non relu

Arrêtons-nous un instant sur ce fait

Les fabricants ne cessent jamais de nous dire : «Mon objectif a une très grande profondeur de foyer. » C’est une attirance de prospectus. La profondeur de foyer reste dépendante de 1 ouverture de l’objectif et de sa distance focale principale. Ce qu’il faut savoir, c’est combien grand est, à toute ouverture, le nombre des plans de netteté sur toute la surface utilisable.

En effet, les objectifs qui semblent présenter une grande profondeur de foyer, présentent généralement cette profondeur au centre seulement. Dès que nous nous éloignons un peu de ce centre, la profondeur de foyer diminue, jusqu’à ne plus exister du tout sur les bords. Nous sommes obligés d’avoir recours à de petits diaphragmes pour ramener la netteté, même d’un seul plan, sur toute la surface utilisable.

107. — Dans la méthode de mise au point sur le premier plan, que se passe-t-il ?

Accentuation de la perspective aérienne par opposition de ton, Aü BORD DU LAC DE T H O U N E (Phototype de l’auteur.)

PERSPECTIVE AÉRIENNE

L’objectif nous donne net sur un plan et presque immédiatement après, moins net. Si, de la sorte, il reproduit sur notre plaque la sensation de netteté ou de dégradation de plans que notre vision distincte nous fait éprouver en face de la nature* cet objectif sera parfait pour nous. Avec lui nous travaillerons, à toute ouverture, dans de bonnes conditions d’art. Nous n’aurons qu’à faire notre mise au point sur le premier plan. L’image ainsi reçue reproduira, au mieux, le paysage tel que nous le voyons. Toutefois, il faut bien examiner si l’image, sur la glace dépolie, nous donne bien réellement la meme sensation que notre œil regardant la nature, car l’acuité de vision de l'objectif se montre beaucoup plus grande que celle de notre œil. Pour l’art, c’est un danger. Prenez-y garde. Du reste, en parlant des limites du champ de netteté, nous verrons tout à l’heure les moyens de faire de l’art quand même avec un objectif donné.

108. — • La mise au point sur le plan moyen est surtout employée pour les appareils à main. Avec eux, en effet, il est très difficile d’avoir des appareils parfaits et bien réglés sur le premier plan. L’on cherche ainsi à compenser l’allongement de la perspective, en avant du plan net par le raccourcissement de la perspective en arrière de ce même plan net. Les appareils à main, avec lesquels on cherche à faire de Tari, doivent toutefois donner, par déplacement de l’objectif, la netteté depuis I ou 2 mètres jusqu’à 15, 30 et même 50 mètres, suivant la distance focale principale de l’objectif employé, et suivant aussi le degré de netteté que l’on veut être maître d’atteindre.

109. — Je dis les appareils à main avec lesquels on peut faire de l’art. Beaucoup croient que l’on ne peut faire de l’art qu’avec les appareils à pied. Tel n’est point mon avis. Toutes les questions d’art, le paysage animé, par exemple, ne se traitent pas également bien avec l’appareil à pied, tandis qu’avec l’appareil à main, pouvant être mis sur pied, au besoin, tous les sujets sont susceptibles d’être traités du moment que cet appareil à main présente :

1° Une mise au point variable ,

2° Le décentrement de l’objectif dans le plan horizontal et dans le plan vertical.

Ce sont là deux conditions absolument sine quâ non.

Prenons un tel appareil, puisque je le considère comme étant éminemment propice à l’art, et plus encore au bagage de l’ar-

tiste. Comment se présente-t-il. à nous ? Avec son objectif mis au point sur l'infini. Mais il y a mise au point et mise au point. J’entends par là que la mise au point faite d’avance présente un degré de netteté déterminé.

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