BRUME; BROUILLARD; BRUINE
243. Ce que sont les effets. — 244. Possibilité absolue d'envisager les différents effets. — 245. Ce qu’on entend par la brume. — 246. Composition de la brume. — 247. La brume avec soleil en deçà de l’avantplan. — 248. La brume avec soleil au delà de l’avant-plan. — 249. La brume rasante. — 250. Appréciation du ton de la brume pour l’emploi de l’écran jaune. — - 251. Le brouillard et sa composition. — 252. Le brouillard sous ses deux espèces. — 253. L’écran jaune nécessaire suivant l’espèce. — 254. L’accusation typique des premiers plans. — 255. Accusation factice par l’emploi d’un objectif grand angulaire. — 256. Constitution de la bruine. — 257. Possibilité évidente de saisir cet effet. — 258. L’écran jaune et ses valeurs pour l’effet de bruine. — 259. Considération sur le premier plan.
243. — A côté des différents genres du paysage, et pour les compléter, se placent les effets , en d’autres termes, les jeux du clair-obscur, les symphonies des colorations qui sont en dehors de la lumière courante et de la vie normale de la nature. Si nous parvenons à démontrer que tous les effets, quels qu’ils soient, peuvent être traduits par la plaque photographique,, nous en arriverons à conclure que la photographie n’a plus aucune raison de ne pas nous donner le paysage artistique, lorsqu’elle sera maniée par un véritable artiste. Je ne saurais trop répéter que cette dernière condition demeure prépondérante, qu’elle se montre même comme une condition sine quel non.
Avec toutes les connaissances que nous ont fait acquérir jusqu’à ce moment les diverses matières traitées dans les chapitres précédents, il nous devient dès lors permis d’envisager les effets.
244. — Envisager, c’est regarder au visage ; c’est regarder face à face. Lorsqu’on a la hardiesse de regarder au visage, face à
brume; brouillard; bruine
face, celui que I on a l'habitude de craindre, celui qu’on redoute et qu’on veut soumettre, lorsqu'on se sent assez de force en soi-même, force donnée par sa propre audace et les armes qu’on possède, l’envisagement, dans ce cas-là, se tient bien près de l’attaque, bien près de la lutte et bien près peut-être aussi de la victoire. J’ajouterai même : lorsqu’on possède avec ces armes la ténacité et la persévérance, qui sont deux vertus de l’artiste né, on a pour soi toutes les chances de la victoire.
En vous parlant de la lumière et des valeurs, il vous souvient n’est-ce pas, que nous avons constaté une modification produite par l’envahissement des rayons à ondes courtes de la lumière ambiante et dominante, et par l’envahissement aussi de la lumière contrastante.
Egalement aussi, nous avons constaté que les différentes dégradations des valeurs et des teintes des objets, au fur et à mesure qu’ils s’éloignent du premier plan, provenaient d’un manque de visibilité et surtout de l’altération de l’atmosphère, effets dits de perspective aérienne et de perspective des couleurs et que ces effets étaient dus, eux aussi, à des réflexions de rayons à ondes courtes tels que les bleus et les violets. Ce sont ces différentes constatations que nous allons maintenant reprendre, pour nous permettre d’envisager un à un les différents effets de la nature.