LES GRANDS MAITRES DU PAYSAGE
et leurs auteurs sont des peintres d'histoire : — le Pierre martyr du Titien, — le Déluge du Poussin, — VArc-en-Ciel deRubens^ — le Mort lin de Rembrandt.
Cité par C.-R. Leslie, Memoirs of the Life of John
Cons table esq.
Eug. Fromentin (1820-1876).
Decamps, Corot et les réalistes. — Un peintre éminent, trop admiré quant à sa technique, qui vivra, s'il vit par le fond de son sentiment, des élans fort originaux, un rare instinct du pittoresque, surtout par la ténacité de ses efforts, Decamps, ne s'est jamais occupé de savoir qu'il y eût des valeurs sur une palette ; c'est une infirmité qui commence à frapper les gens un peu avisés et dont les esprits délicats souffrent beaucoup.
Je vous disais également à quel observateur sagace les paysagistes contemporains doivent les meilleures leçons qu'ils aient reçues ; comment, par une grâce charmante, Corot, cet esprit sincère, simplificateur par essence, eut le sentiment naturel des valeurs en toutes choses, les étudia mieux que personne, en établit les règles, les formula dans ses œuvres et en donna de jour en jour des démonstrations plus heureuses.
C'est là désormais le principal souci de tous ceux qui chercfient, depuis ceux qui cherchent en silence, jusqu'à ceux qui clierchent plus bruyamment et sous des noms bizarres. La doctrine qui s'est appelée réaliste n'a pas d'autre fondement sérieux qu'une observation plus saine des lois du coloris. Il faut bien se rendre à l'évidence et reconnaître qu'il y a du bon dans ces visées, et que si les réalistes savaient plus et peignaient mieux, il en est dans le nombre qui peindraient fort bien Leur œil en général a des aperçus très justes, leurs sensations sont particulièrement délicates, ei, chose singulière, les
autres parties de leur métier ne le sont plus du tout. Ils ont une des facultés les plus rares, ils manquent de ce qui devrait être le plus commun, si bien que leurs qualités, qui sont grandes, perdent leur prix pour n'être pas employées comme il faudrait, qu'ils ont l'air de révolutionnaires, parce qu'ils affectent de n'admettre que la moitié des vérités nécessaires, et qu'il s'en faut à la fois de très peu et de beaucoup qu'ils n'aient strictement raison.
Les maîtres d'autrefois (Pion, 1896).
Paul Huet (1803-1869).
Troyon est un enfourneur de petits pains toujours réussis, il
ne faut pas les voir cependant en aussi grande quantité. Pâte
délicieuse, habileté extraordinaire qui devient un peu commune
à la fin et trop regardée.
Paul Huet. Documents recueillis par son fils (H.Laurens, éditeur).
Jules Dupré (1811-1889).
Th. Rousseau est le premier paysagiste actuel.
Cité par G. Lanoë et Tristan Brice. Histoire de l'École française de paysage.
André Beaunier.
Milletet les impressionnistes. — Entre Millet etles impressionnistes qui vinrent ensuite, la différence esta peu près la même, si l'on veut, qu'entre les portraits de Holbein et les esquisses de La Tour. Holbein synthétise dans son portrait le personnage tout entier, un caractère durable ; tandis que La Tour note un jeu furtif de la physionomie... Millet peint l'éternelle campagne et il néglige l'accidentel, le caprice des contingences ;
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c'est, au contraire, la mobile et changeante physionomie de la nature que les impressionnistes prétendirent interpréter,
noter.
L'art de regarder un tableau (Librairie centrale des Beaui-Arts, 1906).
Cl. Monet (né en 1840).
Jongkind. — On a toujours à gagner à regarder les paysages de Jongkind, parce qu'il peint sincèrement comme il voit et comme il sent.
Cité par G. Cahen. Eugène Boudin (Floury, éditeur).
Corot (1796-1875).
Boudin est le roi des ciels.
Cité par G. Cahen. Eugène Boudin (Floury, éditeur).
J. Lefebvre (1836-1912).
Cl. Monet. — Claude Monet a peut-être de l'éclat dans sa couleur, mais sa peinture n'est qu'un procédé. C'est à Moret, près de Fontainebleau, qu'il dit avoir peint les meules ensoleillées de son exposition chez Durand-Ruel. Eh bien, Rochegrosse, qui connaît le pays, m'a dit unjour : « Jamais, jamais il ne fait un pareil soleil à Moret, je ne sais pas à quoi Monet peut rêver. » Ainsi, des intentions chez les impressionnistes, mais une insuffisance navrante en face de la nature *.
Cité par Paul Gsell. Revue Bleue, 9 avril 1892.
1. Peut-être la postérité jugera-t-elle que l'insuffisance de E. Jules Lelebvre en l'ace de la nature était plus navrante encore. (Note de l'E.)
Voici venu le momenù émouvant où le futur paysagiste va rece' voir sa première leçon, et des conseils qui lui serviront pour toute sa carrière. Il appelle les maîtres à son secours, et les maîtres vont lui répondre. Ils lui expliqueront d'abord que Vétude du paysage est utile aux jeunes peintres, quel que soit le geyire auquel ils se consacreront par la suite. Puis ils prodiguent des conseils pratiques, résultat de leur expérience. Tous ces avis méritent d'être médités et retenus : particulièrement ceux de Joseph Vernet, Charlet et Harpignies. Une seule note discordayite : « A quoi bon peindre surnature ? » dit Natoire, que nous ne citons que pour la curiosité du fait. « Pour ne pas vous imiter », répondrait un impertinent. Mais Natoire étant directeur de l'École de Rome peignait lui-même surnature et y faisait peindre ses élèves. Heureusement pour eux et pour lui !