‹ Le paysage; choix de textes précédés d'une étudeChapitre 24 sur 67 · C. Corot · texte numérisé non relu

C. Corot

« On se lève de bonne heure, à trois heures du matin, avant le soleil ; on va s'asseoir au pied d'un arbre, on regarde et on attend. On ne voit pas grand 'chose d'abord. La nature ressemble à une toile blanchâtre où s'esquissent à peine les profils de quelques masses : tout est embaumé, tout frissonne au souffle fraîchi de l'aube. Bing ! l'horizon s'éclaircit... le soleil n'a pas encore déchiré la gaze derrière laquelle se cachent la prairie, le vallon, les collines de l'horizon... Les vapeurs nocturnes rampent encore comme des flocons argentés sur les herbes d'un vert transi. Bing ! Bing ! un premier rayon de soleil... un second rayon de soleil... Les petites fleurettes semblent s'éveiller joyeuses... Elles ont toutes leur goutte de rosée qui tremble... les feuilles frileuses s'agitent au souffle du matin... dans la feuillée, les oiseaux invisibles chantent... Il semble que ce sont

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