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LE CHOIX DE LHEURE ET DE LA SAISON

les fleurs qui font la prière... Les amours à ailes de papillons

s'ébattent dans la prairie et font onduler les hautes herbes. . . On

ne voit rien... tout y est... Le paysa^^e est tout entier derrière

la gaze transparente du brouillard, qui, au reste monte...

monte... aspiré par le soleil... et laisse, en se levant, voir la

rivière lamée d'are^ent, les prés, les arbres, les maisonnettes,

le lointain fuyant... On distingue enfin tout ce que l'on devinait

d'abord...

Cité par Henry Jouin. Maîtres contemporains (Perrin, éditeur).

Sébastien Bourdon (leie i67i).

La lumière de midi. — Le soleil tombant à plomb sur les corps, fait qu'ils ne portent point d'ombres sur eux--mêmes ; et si l'on y prête attention, la grande vivacité de la lumière fait encore que les couleurs même les plus ardentes ont pour lors beaucoup moins d'éclat que dans les heures où la lumière est plus tempérée S'il ^ a véritablement à cœur de se rendre un parfait imitateur de l'effet naturel et de laisser briller la lumière que donne le soleil, ses couleurs doivent être rompues, sans quoi il peut être assuré que les objets sortiront du ton qui leur appartient ; et c'est ici une des grandes difficultés de la peinture, d'autant plus que le peintre manque de secours, le soleil de midi ne fournissant pas, comme dans les autres heures du jour, de ces grandes masses et de ces accidents de lumière qui ont tant de pouvoir sur les corps, pour les détacher les uns des autres et les faire paraître isolés... Voilà aussi pourquoi la lumière de midi serait celle dont je conseillerais le moins de faire usage.

Conférence lue à l'Académie roi/ale de Peinture le 9 février 1609.

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