‹ Le paysage; choix de textes précédés d'une étudeChapitre 26 sur 67 · C. Corot · texte numérisé non relu

C. Corot

jfidi. — « Fuyons î 07i voit tout ! » s'écria un jour Corot, en présence d'un paysage baigné de soleil. Et la bande déjeunes artistes qui avaient accompagné le futur peintre de l'aube et du crépuscule, s'éparpilla...

Emile Bavard. L'Art en anecdotes (Albin Michel, éditeur).

Sébastien Bourdon (I6I6-I671}.

Le soleil couchant. — 11 est encore bon d'observer de quelle manière les corps, au moment que le soleil se plonge sous riiorizon, deviennent lumineux et se colorent principalement sur leurs bords d'un jaune fort différent de celui de l'aurore. Celuici était plus pâle et plus argentin ; cet autre tire davantage sur la couleur d'or. Les ombres, au lever du soleil, avaient de la fraîcheur ; c'est le contraire le soir : elles ont alors un caractère de sécheresse, reste de la chaleur du jour, qui a retiré toutes les vapeurs de dessus la terre. 11 n'en subsiste plus à la fm de la journée, ce qui fait que les objets, pendant que le soleil paraît encore sur l'horizon, tranchent net sur leur fond, que les lumières et les ombres tranchent avec la même netteté et que les reflets qu'occasionne dans les ombres des corps le voisinage d'autres corps y opèrent une répercussion plus vive et plus sensible, en participant cependant toujours de la teinte générale de la lumière répandue dans ce tableau. Cette règle est essentielle, surtout pour amener les paysages à l'intelligence ; car n'y régnant presque qu'une seule couleur, ce ne peut être qu'avec les secours des reflets et en modifiant la lumière avec art que les tons ainsi que les formes s'y feront sentir et s'y arrangeront chacun à leur place.

Conférence prononcée à l'Académie royale le 9 féiiicr 1669.

Page 1