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LE CHOIX DE L'HEURE ET DE LA SAISON

Elles sont révélatrices de qualités morales et d'aptitudes physiques bien différentes.

Des âmes promptes à s'émouvoir, une nature qui se transforme indéfiniment : voilà les deux termes. Pour qu'une belle œuvre naisse, il faut qu'il y ait sympathie entre cette âme et l'image d'un moment. Mystère aussi grand que celui de nos sympathies humaines. C'est lui qui fait les peintres du matin, les peintres du midi et les peintres du soir, et ceux qui enlèvent les feuilles aux arbres, et ceux qui leur en donnent ; poètes les uns et les autres d'une saison préférée.

Notes cVun amateur de couleurs (Marne, éditeur).

J. Constable (1773-1837).

L'hiver. — C'est le temps où l'artiste peut le mieux étudier le dessous des ombrages, l'anatomie des arbres : la nature dépouillée est, pour le paysagiste, ce que l'écorché et le squelette sont pour les peintres de figures : c'est une science qu'il faut posséder et faire sentir à un degré convenable, sans jamais

en faire abus.

Cité par C.-R. Leslie. Memoirs of the Life of John Constable esq.

F. Henriet.

La saisoîî. — Qui ne sait de la nature que les gaietés du renouveau et les luxuriances de l'été, n'a lu que la moitié de cette épopée en quatre chants, dont les deux derniers, — l'automne et l'hiver, — sont les plus attachants et les plus sublimes! L'hiver, la nature a la grâce encore et, de plus, elle aies larmes. Elle est en rapport plus direct et plus intime que jamais avec l'âme humaine par hi souffrance... Demandez plutôt à Chintreuil, ce saint Jérôme du paysage !

Le paysagiste aux champs (Ach. Faure, éditeur, IBGG).

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