‹ Le paysage; choix de textes précédés d'une étudeChapitre 37 sur 67 · Oaubigny · texte numérisé non relu

Oaubigny

OÔ . LE PAYSAGE

mesure d'exhiber des papiers autres que le bristol ou le grand colombier. D'autres encare, les propriétaires, les rangés, les paysagistes mariés — la propriélé et la famille se tiennent comme les anneaux d'une chaîne, — s'en vont ouvrir tout grands au soleil les volets verts de leiir maisonnette habillée de vignes vierges et de clématites.

Le choix du site. — Avant de se mettre au travail, le paysagiste pousge une reconnaissance à Tentour du village, pour se familiariser avec le pays et se rendre compte de ses ressources pittoresques. Il cherche à pénétrer le sens intime, l'accent particulier, le caractère essentiel de cette nature, nouvelle pour lui, à laquelle il vient demander son secret. Il se monte au diapason... Là où l'émotion le clouera sur place, où une voix intérieure lui criera : « Arrête-toi ! » il y plantera résolument son chevalet...

... Là, il enfonce sa pique, gouverne son parasol, — Tune des petites misères de la vie du paysagiste; — clierche l'aplomb de son pliant, établit son chevalet, et dispose la double planchette sur laquelle il a fixé sa toile. Le déploiement de cet attirail et les manœuvres préliminaires qu'il nécessite ne laissent pas d'intriguer au plus haut point les villageois...

Le paysagiste aux champs (Achille Faure, édit., 1866).

A. Beauniep.

... Un paysage vaut un autre paysage. La magnificence ou la bizarrerie des sites et des horizons n'est pas indispensable. Toute la beauté de la nature est dans le moindre village. Il suffit que l'on regarde, avec des yeux qui sachent s'étonner, les pudiques prairies se voiler, à l'aube, de nuées blanches, et courir dans le bois le doux visage de la lune. Il suffit d'un arbre

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