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C. Troyon (i8i3-i

La palette de C. Troyon. — Terre de Sienne naturelle, laque jaune, terre de Sienne brûlée, brun rouge, laque rose, vermillon, jaune indien, vert Véronëse, vert émeraude, bleu de Prusse, momie,noir d'ivoire, jaune de Naples, blanc, ocre jaune, bleu de cobalt. 11 employait les couleurs à l'état natif. A peine y ajoutait-il un peu d'essence de térébentbine ou de siccatif de Courtrai. De sa palette elle-même, il n'avait aucun soin. Parcontre il avait beaucoup de soin de ses brosses.

C. A. Hustin. Constant Troyon, cité par G. Lanoë et Tristan Brice.

Histoire de VEcole française de Paysage.

Jongkind (I8i9-i89i).

Sa 7néthode et sa palette. — Loin de se refuser le secours de la gouache, cet aquarelliste incomparable en a fait de tout temps un des éléments essentiels de sa palette. Seulement, son talent consiste à proscrire l'opacité de cette matière dans les surfaces lumineuses et à l'introduire uniquement dans les teintes sourdes pour en varier la gamme et l'enrichir. Ses neiges ne doiventleur éclat qu'au blanc de papier, opposé, dans sa nudité, à des voisinages colorés capables de le faire valoir. Aussi bien, rien de moins compliqué que les moyens dont il se sert pour faire parler la couleur sur ses dessins. De grandes oppositions de valeur très tranchées ; de larges coups de pinceau, des tons francs et franchement posés. Aucun artifice en dehors d'un raffinement des plus rares dans le mélange des tons et dans la gradation de leur intensité. D'ailleurs, une palette des plus simples. En dehors de la gouache, la boîte de ce coloriste ne contient que onze couleurs, qui sont :

1 Cadmium. 7 Bleu de cobalt.

2 Ocre jaune. 8 Vert Véronèse.

3 Laque capucine. 9 Bleu de Prusse.

4 Vermillon. 10 Sépia.

5 Brun Van Dyck. \ 1 Laque jaune.

6 Teinte neutre.

Jongkind raconté par lui-même, par E. Moreau-Nélaton (II. Laurens, éditeur, 1918).

La lumière, l'effet, voilà, quel que soit le genre proposé, la question capitale, celle dont la solution décide siune œuvre est viable et si son auteur est un artiste. Que l'on 7?iédite do7ic longuement ce que dit Rousseau, avec beaucoup d'éloquence, sur ce sujet. L'heure et l'état de l'atmosphère jouent dans ce problème un rôle que nous avons déjà défini, et dont nous avons souligné l'importance. Il importe toutefois de compléter ce qui a déjà été dit.

Léonard de Vinci (1452-1519).

La vraie façon pratique de figurer la campagne, ou pour mieux dire le paysage, avec ses plantes, est de choisir un ciel occupé par le soleil, afin que cette campagne reçoive la lumière universelle et non celle particulière du soleil, qui failles ombres tranchantes et trop différentes des lumières.

La partie éclairée révélera mieux sa couleur naturelle, en longue distance, qui sera éclairée par une lumière plus puissante.

Les lumières des feuilles obscures seront plutôt de la couleur

de Tair, qui se reflète en elles. Cela vient de ce que le clair de la partie éclairée se combine avec l'obscur pour former une couleur azurée, et ce clair naît de l'azur de Fair, qui, sur la superficie polie de ces feuilles, se réverbère et augmente Tazur que ladite clarté engendre, en se combinant avec les choses obscures.

Mais les feuilles de verdure, tirant sur le jaune, n'ont pas, dans leur reflet de l'air, à faire un lustre participant de l'çizur, car toute chose qui apparaît dans le miroir participe à sa couleur. Donc l'azur de l'air, réverbéré dans le jaune des feuilles, paraît vert, parce que le mélange du bleu et du jaune font un très beau vert ; ainsi les verts jaunes seront les lustres des feuilles claires, tirant sur le jaune.

Traité de Vomhre el de la lumière.

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