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pus ni'empôcher de lui dire : « Mais, monsieur Corot, on peut
« donc, quand on a sous les yeux une prairie, mettre un lac à la
« place ■? »
« Et Corot me répondit : « Mon ami, je suis venu m'asseoir
« à cette place vers les sept heures du matin. Voilà qu'il est dix
« heures et le soleil s'est levé. J'ai alors eu besoin de me rafraîchir,
« et j'ai peint sur ma toile un petit lac. o Vous voyez par cette
anecdote que le maître ne craignait pas de modifier la nature
pour son plaisir du moment. 11 faut être amoureux de la nature,
mais non pas son esclave. »
J.-F. Raffaelli par Henri Guerlin. Revue-Marne, année 1904-1903.
J. Péladan (1858-1918).
Le paysage doit susciter une légende presque wz«2ca/e ; eîfet de tristesse vespérale, effet de joie méridienne, effet de langueur estivale. Au lieu de cela, ils inscrivent (les paysagistes) : Platanes, près Montfavet ; ormeaux et chênes de tel village, et ils ajoutent le département ; il n'y manque que la distance du site au chef- lieu d'arrondissement et l'indication que l'on peut vérifier entre telles bornes kilométriques. Ces agronomes seraient plaisants, s'ils étaient moins nombreux ^
L'art idéaliste et mystique. Paris, Charauel, 1894.
1. M. Georges Lanoë auquel nous empruntons cette citation {Histoire de l'école française de paysage) l'accompagne de cette observation fort juste : « Certains petits paysages précis, faits sur nature en vue de la ressemblance exacte, sont sans doute plus religieux que les grands tableaux inintelligents et inintelligibles ».