L. Galloche
S'il s'agit des arbres, tâchons d'en imiter la forme toujours variée et contrastée des troncs, les différens travaux de l'écorce, annonçant leur espèce différente et jusqu'à leur âge, suivant lequel la manière de jeter leurs branches est variée ; en sorte que, dans leur jeunesse, les masses du feuille sont moins touffues. Cette partie, en général, est la plus difficile pour sa légèreté, et le transparent occasionné par la lumière qui s'y glisse ; surtout quand le soleil est de la partie. Il ne faut pas plus négliger l'étude des feuilles, si différentes de formes entre elles, du chêne, de l'orme, du tilleul, du sicomore, etc., d'une grandeur à pouvoir détailler, en conservant toujours les masses, que si quelques arbres, comme les saules, se trouvent plantés sur le bord d'une eau claire et tranquille dans laquelle ils se réfléchissent comme tout autre objet aussi voisin, c'est un miroir dont le repos cause toute la fidélité.
Traité do Peinture (Manuscrit de l'Ecole des Beaux-Arts, n° 203).