LE DEUX SOLDATS
jjE lendemain , Lerohd vit dans la cour Uf» garçon de laubergequi causait avec un soldat habillé de rouge. Je croyais, dit-il, qu'il n'y avait plus d'Anglais à Paris. — Ce n'est point un Anglais, lui dit-on , c'est un soldat de la garde- Lerond , qui n'avait jamais voulu servir, n'eu aimait pas moins les soldats , et un soldat de la garde, particulièrement , lui paraissait mériter de la considération. Le soldats'étaul approché, Lerond chercha à lier conversation avec lui : Eb bien ! mon camarade, luidil-il, vous devez vous trouver heureux d'être dans le corps oii vous servez. — Ouif nous l'être hien payés et la Jîandej Vétrepoiu — Indépendamment de cela l'honneur d'être chargé de la garde du prince* — ; Oiii,^ nous Vafoir seize sous par chaur^ Vêlre bien cholL — De plus, le plaisir de servir 6a patrie. —Moi pas sqfoir ce que fous fout tire avec son hairie, — Comment ! vous ne nje comprenez pas^ quand je parle du plaisir qu'il
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y a à servir la France? — Oh ! la France oupîen un autre pays, ilcst tout égal pour moi. — Quoi I vous ne vous embarrassez pas... Moi y m'emparasse te recevoir mon Varchent tous les cinq chours y le reste il recarte pas moi. — Ah ça î mais c'est pour plaisanter que vous me tenez ce langage? car il n'est pas naturel que ce soil là vi)lre façon de penser. — Fojez-fous ce lorichi^ nalquicroit que moi plaisante ^ coriime si l'être pas fiâdirel ce que cite lis ! — Oh ! ne vous fâchez pas. — Moi , jfeut fâcher moi ^ et vous y peut s'en aller à le tiaple. Le soldat, en disant ces mots, quille Lerond , qui était dans une surprise iiieX^primable d'entendre des choses aussi étranges. Parbleu, disait il, voilà la preiïiière fois qu'il m'arrive d'en rencontrer un pareil. Je n'en reviens pas.
Dans ce momenl, Lerond vit enber dans l'hôtel un autre soldat qui avait un bonnet à poil et un habit bleu. Lerond fut à lui: Vous servezdans la garde royale ? — J'ai cet honneur, lui dit poliment le soldat. — Vous vous y trouvez heureux? — Un soldat français est toujours heurfeux lorsqu'il peut servir son prince et sa patrie? — Vous l'avez déjà bien servie, celte patrie? — Mon sang a déjà coulé pour elle, et çç qui en reste lui appartient encore. — Vous
servirez de même noire bon Roi? — Nos cœurs et nos bras sont à lui.
Lerond lui prit la main : Voilà, dit-il , le lancfacce d'un soldai francais,voilà lessentimens que je leur supposais^ et je ne me trompais pas.