Le corps déterminé par la force plastique est
l'idée d'organisme, où il nous montre une vie immanente. Il y a là une sorte d'inconséquence, analogue à celle que lui reproche Schwarz au sujet de la Christologie. o Zur Geschichte d. neuesten Théologie • (p. 419).
(1) La finalité qui domine la logique est bien évidente dans cette partie du système de Rotbe.
Torganisme, la force plastique déterminée par le corps est la force vitale ou la vie.
La synthèse de l'organisme et de la vie est la plante.
Avec la plante nous voyons apparaître un être produit par un développement de dedans en dehors, un organisme procédant d'un germe, capable de réagir, de s'assimiler et de se reproduire; en un mot, un être qui vit.
La vie est le phénomène spécifique de l'organisation. L'organisé a un principe de mouvement en soi, une énergie téléologique immanente.
Comme dans la plante , la vie et l'organisme sont encore à l'état d'unité indifférente , l'organisme n'est pas l'instrument d'une vie distincte de lui et la vie ne soutient pas de rapports avec elle-même. Le règne végétal n'est plus celui de la mort, mais il n'est que celui de la vie encore sommeillante {sie ist die noch sohlafendelebende)^ I, p. 302.
6. Dieu détermine l'organisme et la vie l'un par l'autre, et l'animal apparaît. L'organisme déterminé par la vie, c'est le corps [Leib, non plus Kôrper), La vie déterminée par l'organisme, c'est Tâme. L'aninaal est la synthèse immédiate d'un corps et d'une âme.
L'organisme pénétré par la vie devient un instrument pour la vie, un corps vivant et agissant.
La vie déterminée par l'organisme, c'est la vie devenant un ensemble de forces vitales en rapport les unes avec les autres et rapportées à un centre, un organisme psychique , une âme encore toute entière sous la dépendance de l'organisme, du corps.
Mais la vie mise téléologiquement en rapport avec elle-même, c'est d'un côté une vie consciente, de l'autre une vie active.
L*âme est la synthèse immédiate de cette conscience et de cette activité; celles-ci dépendent donc de l'organisme et non de Tâme elle-même , elles sont passives ; la conscience n'est que sensation pure {blosse Empfindung)^ l'activité qu'impulsion pure {blosser Trieb). Elles sont, en outre, sans action l'une sur l'autre; la conscience n'est pas active et l'activité n'est pas consciente. L'état qui peut donner une idée de l'âme dans l'animal est l'état de rêve.
Il faut remarquer enfin que l'idée de l'âme implique encore la recherche exclusive d'elle-même dans toutes ses fonctions, un égotisme parfait ou fonctionnel (1).
L'animal n'est la synthèse immédiate d'un corps et d'une âme qu'au moment de son apparition. Comme être organisé , il est appelé à se développer, et ce développement lui fait atteindre un stade plus élevé dans la hiérarchie des êtres (2).
(1) Rolhe dil : « L'animal ne peut aimer» (I, p. 132). Il faudrait cependant trouver un terme pour désigner les phénomènes qu'on constate chez l'animal, lorsqu'on dit, par exemple : a un chien s'attache ou se dévoue, » et dans lesquels l'être sort bien en quelque mesure de lui-même pour se porter vers un autre, sans qu'on puisse invoquer un instinct comme celui qui peut expliquer des actes de dévouement maternel chez ces mômes animaux.
(2) Il importe de remarquer cette première apparition de l'activité propre de la créature dans le processus de la création; l'activité créatrice se retire en quelque sorte dans une certaine mesure, pour laisser un rôle à la créature dans l'œuvre du Créateur.
Sa maturité organique est le résultat de Taction exercée par Tâme sur le corps et réciproquement, action qui aboutit à la formation d'une âme toute entière, appétit et instinct, et d'une union réelle entre le corps et Tâme , au lieu de Tunion indifférente qui existait seule à l'origine. L'animal, à sa maturité, est bien vraiment ein beseeltes Leib — un corps pourvu d'une âme , ou eine beleibte Seele — une âme pourvue d'un corps (1).
Les deux facteurs de ce développement propre de l'animal sont Tâme et le corps. Le premier est double , Tâme est conscience et activité ; l'animal possédera donc quatre dispositions fondamentales comme résultat de l'action de l'âme sur le corps et réciproquement. Le corps, déterminé par l'âme en tant que consciente, devient sens; déterminé par l'âme en tant qu'active, il devient force; de même, l'âme déterminée par le corps devient, en tant que consciente, sensation; en tant qu'active, impulsion. Par leur rapport avec l'âme animale les sens et les forces qui étaient d'abord des propriétés du corps deviennent des propriétés de Tâme , c'est-à-dire des propriétés psychiques ; de même que la sensation et l'impulsion qui étaient d'abord des phénomènes vitaux, deviennent des phénomènes psychiques. L'animal est bien l'unité réelle d'un corps et d'une âme.
Toutefois , comme la conscience et l'activité sont encore chez l'animal à l'état d'unité indifférente , les dispositions fondamentales que fait apparaître le dé-
veloppement propre de Tanimal, restent à Tétat d'unité indifférente. Les sensations n'agissent pas sur les impulsions et réciproquement , mais , elles se couvrent entièrement les unes les autres ; il en est de même pour les sens et pour les forces. Or la synthèse immédiate des sensations et des impulsions est Tappétit, celle des sens et des forces est Tinstinct. L'animal n'a que des appétits et des instincts; son âme est donc bien, comme nous le disions, toute entière appétit et instinct.