PONS
l’'irritation et la colère à ceux qui sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice » (Rom. 2, 6-8). Il n’est pas rare que le terme de justice comprenne à la fois les deux idées. Du reste, l’une découle de l’autre. Mais nous devons, dans l'intérêt de la clarté et du développement organique du système, les étudier séparément,
La première de ces antithèses, la notion du péché, demande elle-même à être étudiée sous une double face qui n’a pas été suffisamment relevée. Quand Paul dit, par exemple : « Quoi donc ! pécherions-nous, parce que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce ? » (Gal. 6, 15) c'est du péché comme transgression libre et volontaire de la loi divine, du péché au point de vue moral qu'il parle. Tandis qu’il exprime une idée dogmatique sur le péché, lorsqu'il dit : « Dieu a renfermé tous les hommes sous le péché, afin de faire miséricorde à tous » (Rom. 11,32; Gal. 3, 22). Ici, le péché est considéré comme une puissance objective qui pèse sur Phumanité et la tient comme emprisonnée contre son gré. On comprend que, selon qu'on attribue à l’Apôtre, d’une manière exclusive, l’une ou l’autre de ces deux conceptions, on arrive à des conclusions fort divergentes, influant fatalement sur tout le système, Il importe donc de bien déterminer sous ce rapport la notion paulinienne.
Quand nous distinguons la notion #0orale de la notion dogmaiique du péché, ces deux désignations ne sont peut-être pas d’une exactitude rigoureuse : nous les avons choisies à défaut de termes plus précis. Toutefois nous les croyons suffisamment claires, pour mettre en relief deux faces, en apparence contradictoires,
Pre
de la notion du péché dans la théologie paulinienne.
La notion morale considère le péché en lui-même, dans sa nature, dans son essence. La notion dogmafique le considère dans son origine, son étendue, son rôle, son but.
Ilest évident qu'entre ces deux aspects de la même idée il y a, non seulement de nombreux points de con tact, mais encore des points où les deux notions se couvrent, se confondent, viennent se fusionner en une seule ; où, dans la même phrase, le même terme de péché tient à la fois de la notion dogmatique et de la notion morale, et où il n’est guère possible d'établir une distinction même purement dialectique. Si, en général, il est difficile de marquer la limite entre la dogmatique et la morale, cette distinction est doublement difficile, quand il s’agit d’une idée dans laquelle l’élément moral et l'élément religieux sont indissolublement unis, comme dans l'idée du péché. Par la distinction mentionnée nous n’entendons tracer que les lignes principales, caractéristiques, de la notion . paulinienne du péché, afin de faciliter lPexposé et la compréhension du système si complexe de l’Apôtre.
Voyons d’abord la notion morale.
En disant que, selon Paul, le péché est l'absence de la justice, nous n’avons donné qu'une définition négative. Mais il est facile d’en déduire la définition positive. Si la justice est l'accomplissement de la volonté de Dieu, le péché est la transgression de cette volonté.
Paul, sous ce rapport, a fidèlement conservé la no-