CHAPITRE IV
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Quel est celui qui connaît ses fautes ? Purifiezmoi, ô mon Dieu, de mes péchés cachés. (Ps. XVIII. 13.)
I, comme nous l'avons vu, la connaissance de l'intelligence et le consentement de la volonté sont nécessaires pour constituer un péché, comment peut-il y avoir des péchés secrets, — comment peut-il y avoir des péchés que nous ne connaissons pas? D'abord, parce que nous pouvons avoir commis des péchés que nous avons
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ensuite oubliés, et qui deviennent ainsi secrets pour nous, mais qui sont encore rappelés au livre des souvenirs de Dieu. Puis, nous pouvons ne saisir qu'à demi la culpabilité de ce que nous faisons, et la moitié de notre faute reste secrète pour nous. Enfin, par suite d'une ignorance coupable de notre part, nous ne savons pas toutes les fois qu'il nous arrive d'offenser Dieu. Nous lisons dans la Sainte Ecriture ces paroles qui, à première vue, sont des plus terrifiantes: « Il y a des justes et des sages; et leurs œuvres sont dans la main de Dieu; et néanmoins l'homme ne sait pas s'il est digne d'amour ou de haine. » (i) Ce qui veut dire que, même les justes, même les sages, même ceux qui accomplissent de nombreuses choses dont le souvenir reste devant Dieu, même ceux-là ne peuvent pas savoir avec une entière certitude si, aux yeux de Dieu, ils sont un objet d'amour ou de haine. Et cela, parce que, à la lumière de la présence de Dieu, des fautes qui sont entièrement invisibles pour nous , — péchés de pensées, de paroles et d'actions, qui, dans les ténèbres de notre conscience, dans la confusion de notre âme, restent secrets pour nous, — sont visibles pour Dieu. Ceux qui connaissent le mieux ce mystère peuvent seulement espérer avec confiance que leurs péchés ont été pardonnes devant Dieu. Rien ne leur a été
(l) ECCLHS. IX. I.
révélé sur ce point, et par conséquent ils ne peuvent pas le savoir d'une certitude divine. Or, ce que nous ne savons pas d'une certitude divine, nous ne pouvons le savoir que par la confiance et Tespoir reposant sur les promesses de Dieu, et par le sentiment de notre âme. Ceci est clair pour quiconque se connaît soi-même. Celui-là sait que les feuilles qui tombent des arbres en automne ne sont pas plus nombreuses que les paroles que nous jetons chaque jour au vent; que les rayons du soleil, dardés en tout sens pendant toute la durée du jour, ne sont pas plus nombreux que les pensées qui surgissent constamment de notre cœur; que les mouvements de la mer et les vibrations incessantes de l'air ne sont pas plus continus que le travail de notre imagination, de notre cœur, de nos affections et de nos passions. Et dans ce mystère, dans ce trouble de notre être, qui oserait dire si c'est le bien qui l'emporte sur le mal, la lumière sur les ténèbres, et qu'aux yeux de Dieu il est digne d'amour plutôt que de haine?
Les sujets que nous avons traités jusqu'ici étaient sévères; celui d'aujourd'hui ne le sera pas moins. J'espère que dans la suite nous pourrons en venir à la grâce et à la miséricorde de Notre Seigneur Jésus- Christ et aux consolations dont tout ce que j'ai dit n'est que la préparation. Nous approchons des joies pascales; c'est-à-dire du Précieux Sang de Jésus- Christ et de la parfaite absolution du péché qu'il a
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méritée à tous ceux qui sont pénitents. Reprenons donc et terminons cette première partie.
Nous avons déjà vu la nature des péchés de commission. Ce sont ou les péchés mortels qui séparent l'âme de Dieu pendant cette vie et aussi pendant la vie future, si on ne s'en est pas repenti; ou les péchés véniels qui sont la maladie de l'âme bien qu'ils ne lui donnent pas la mort. Ces péchés, après le péché mortel, sontle plus grand mal que le cœur de l'homme puisse concevoir. Ils sontle prélude du péché mortel, dans nombre de cas, et ils sont punis par le retard de la vision de Dieu, soit en ce monde, soit dans le monde futur. Telle a été la première partie de notre sujet ; la seconde aura pour objet les péchés d'omission. L'objet de la première a été le péché qui consiste à faire le mal; l'objet de celle-ci est la négligence à faire le bien. Maintenant, laissez-moi supposer une chose que l'intelligence peut comprendre bien qu'elle n'ait jamais existé : supposons une âme créée à l'image de Dieu, et ne commettant aucun péché, mais ne produisant aucun fruit. C'est précisément l'état décrit dans la parabole du figuier stérile. L'arbre était vivant, les racines étaient puissantes, profondes dans le sol ; les branches couvertes de feuilles; mais, chaque année, c'était en vain qu'on lui demandait des fruits. Nous avons là une parabole et la description d'une âme, vivante, il est vrai, mais ne remplissant point la fm pour laquelle elle a été créée. Et pour quelle fui
rame a-t-elle été créée? Pour connaître, aimer et servir Dieu; pour l'adorer et lui devenir semblable. Or, une âme qui ne répond pas au but de sa création, qui ne connaît pas Dieu, ne l'aime pas, ne le sert et ne l'adore pas ; l'âme qui ne devient pas semblable à Dieu son Créateur et son modèle ; — cette âme ne répondrait pas au but de sa création et serait donc dans un état de condamnation ; les termes de la parabole seraient pour cette âme vrais et justes : Coupez-la. « Pourquoi encombre-t-elle la terre? » (i)
Trois motifs nous obligent à glorifier Dieu en remplissant la fm de notre création. C'est d'abord la loi même de notre création. Nous avons été créés pour glorifier Dieu par une vie d'obéissance, tout comme la terre pour porter des fruits et le firmament pour donner de la lumière. Si le firmament devenait ténébreux et la terre stérile, ils ne répondraient plus au but de leur création: ainsi en serait-il de l'âme qui ne glorifierait pas Dieu. En second lieu, nous devons glorifier Dieu d'après un commandement formel; ce commandement absolu se trouve écrit dans le Décalogue et dans le double précepte de la charité : « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit, de toutes vos forces, et votre prochain comme vous-
(i) S. Luc. XIII. 7.
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mêmes. »(i)Nous sommes tenus d'observer ce double précepte de la chanté sous peine de mort éternelle. Il y a une troisième obligation; — elle ne nous oblige pas, il est vrai, sous peine de mort éternelle, et c'est une loi dont je parlerai plus tard, c'est la loi de liberté :' loi d'amour, de gratitude, de généreuse liberté, écrite par l'Esprit Saint dans le cœur de tous les hommes qui ont reçu la seconde naissance dans le baptême, et qui sont unis à Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ par le lien de la charité. Les péchés d'omission sont contraires à la loi de notre création, ou à la loi du double précepte de la charité, ou à la loi de liberté. Si nous négligeons d'accomplir le bien ouïes devoirs que nous imposent ces diverses obligations, nous commettons des péchés d'omission. J'ai déjà montré que les péchés véniels conduisent aux péchés mortels: j'ai l'intention de vous montrer aujourd'hui que les péchés d'omission conduisent aux péchés de commission. Ils sont le chemin ordinaire qui mène aux péchés actuels. Or, les péchés d'omission, ou le devoir manqué par négligence, peuvent en réalité avoir pour origine l'un des sept péchés capitaux : alors, il y a aussi un péché de commission. Un enfant peut, par colère, manquer à ses devoirs à l'égard de son père. Le péché de colère ajoute un péché de commission. Je pourrais donner des exemples de tous les autres :
(i) S. Mat. xxh. 37-39.
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je n'en prendrai qu'un seul, parce qu'il a une affinité très étroite avec les péchés d'omission : je veuxparler de la paresse.
Nous comprenons au premier abord que l'orgueil, la colère, la jalousie et autres vices semblables, puissent être des péchés mortels, parce que nous pouvons saisir tout ce qu'ils ont intrinsèquement de criminel et d'odieux. Mais parfois on dit : Comment un péché de paresse peut-il être mortel? Il faut donc distinguer. Le péché de paresse n'est mortel que dans certaines circonstances ; mais un état, une habitude de paresse est incontestablement un péché mortel. Il nous faut donc distinguer entre la paresse et l'oisiveté. La paresse est l'état ou l'habitude de l'âme, tendant à ce dernier état mortel de l'oisiveté que je décrirai plus tard. Prenons ce vice pour exemple : je vous montrerai comment cette paresse conduit aux péchés d'omission, et comment ces péchés d'omission conduisent aux péchés de commission et comment ces péchés de commission arrivent à la fin au péché mortel de paresse.
I. Supposez donc un chrétien qui est en état de grâce, en communion avec Dieu, vivant dans la charité, dans l'amour de Dieu et dans l'amour de son prochain, — c'est-à-dire un homme de vie bonne et pieuse. L'un des principaux devoirs qu'il remplira avec ponctualité et avec soin, c'est le devoir de la prière. Vous vous rappelez, au livre des Actes, quand
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Saùl persécuteur fut converti par un miracle spécial, le signe donné de sa conversion fut celui-ci : « Voyez, il prie. »(i) La prière est la respiration de l'âme. De même que la respiration est le signe de la vie, la prière est le signe de la vie de Tâme. Prière signifie union de l'âme avec Dieu, direction de l'âme vers Dieu, conversation de l'âme avec Dieu, « ascension de l'âme vers Dieu, dit Saint Augustin, par la pensée, » c'est-à-dire par la méditation ; ^c par Taffection, » c'est-à-dire par le culte ; et « par la volonté, // c'est-àdire en formant des résolutions d'obéissance. Chaque jour, un homme qui est chrétien et qui vit en état de grâce, priera le Dieu Tout-Puissant, non-seulement matin et soir, mais encore plusieurs fois dans le jour. La prière sera chez lui chose habituelle. Or quel est l'effet des péchés d'omission par rapport à la prière ? Je veux croire que les affaires, les occupations, les plaisirs, les distractions du monde commencent à rompre l'habitude de la prière. Peut-être, au début, cet homme abrègera-t-il seulement ses prières ; ou bien, il ne les abrège même pas, mais les dit avec plus de précipitation. Matériellement, il les dit comme avant; mais il n'en est plus ainsi mentalement, car son cœur est ailleurs. Dans sa précipitation, et bien qu'il répète littéralement ses prières habituelles, son cœur est absent : ou du moins il cesse de prier avec
(l) AcT, IX. I I.
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la même onction, avec la même bonne volonté, avec la même attention et la même piété. Vous avez là un exemple d'un péché d'omission qui est très commun. Je ne prends pas l'exemple d'un homme qui abandonne ses prières, — la raison le dit clairement, — mais même s'il se met à diminuer la ferveur et l'attention qu'il apportait habituellement à ses prières, où en arrivera-t-il? A un certain égarement de l'esprit, à une foule de pensées étrangères qui le hanteront, à des réminiscences qui se produiront pour ainsi dire dans tous les recoins de sa mémoire et de son intelligence. Peu à peu son esprit prend l'habitude de la distraction, et alors il se met à se plaindre qu'il ne peut plus prier. Quand il s'agenouille, son cœur est à son bureau d'affaires, à ses plaisirs de la veille ou à ses amusements du lendemain. Il est dans ce que nous appelons un état de distraction ou de dissipation. Son âme est évaporée ; il a perdu son recueillement. Qu'arrive-t-il ensuite ? Il commence à parler beaucoup, à se répandre en une abondance de paroles sans réflexion. L'homme de prière a l'habitude de peser et de mesurer ses termes. Comme il a l'habitude de la prière, ainsi il aura l'habitude du silence : il sera ce qu'on appelle un homme intérieur. Son âme sera recueillie en elle-même. Ce ne sera pas un homme loquace, tandis que ceux qui commencent à perdre l'habitude du recueillement devant Dieu, deviennent bavards parmi les hommes. La solitude
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pèse ; être seul devient une souffrance ; garder le silence un tourment ; c'est un besoin de parler constamment. Le malaise que la solitude cause aux personnes qui en sont là, leur fait rechercher la société, le besoin de se débarrasser de souvenirs fatigants les jette dans une conversation incessante : il s'en suit qu'ils commettent une multitude de péchés de langue.
De toute parole inutile l'homme rendra compte au jour du jugement. Et même, il y a plus que cela. Saint Paul de la Croix avait l'habitude de dire à ceux qui l'environnaient : « Restez chez vous, restez chez vous. » Quand on lui demandait : « Que voulez-vous dire? Ne faut-il donc jamais sortir de sa maison?» Il répondait : « Restez dans la solitude de votre cœur devant Dieu, et gardez constamment trois flambeaux brûlant devant l'autel : la foi, l'espérance et la charité, — éclairés en la présence de Dieu dans votre cœur. » Or, l'homme que je vous représentais tout à l'heure a peut-être commencé par l'inattention. Peu à peu la dissipation de ses pensées et le continuel mouvement de ses lèvres l'ont rendu ce que nous appelons « un homme du dehors » Il n'est pas chez lui; il n'habite pas avec Dieu. Les trois flambeaux pâlissent. La foi, l'espérance et la charité menacent de s'éteindre. C'est bien l'état que Notre divin Sauveur a dépeint en disant :« Quiconque ayant mis la main à la charrue régarde derrière soi, n'est point
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propre au royaume de Dieu. » (i) Notre Seigneur ne dit pas que cet homme ne sera jamais sauvé, parce qu'il peut de nouveau reprendre sa marche et suivre le sillon jusqu'au bout ; mais tant qu'il restera la face détournée de Dieu, toute l'activité de son âme et de son être entier restera loin de Dieu et dirigée vers la créature.
2. Tel est le premier effet d'un péché d'omission : le second est une sorte de nonchalance qui se manifeste dans tout ce que l'on fait. Extérieurement, peut-être, les actions de la vie sont, aux yeux du prochain, absolument ce qu'elles étaient auparavant. Mais, aux yeux de Dieu, il s'est produit un grand changement. L'œil de Dieu, auquel rien n'est caché, voit que l'état intérieur de l'homme qui en est Là n'est plus le même. Il y a une certaine paresse qu'aucun regard humain ne peut découvrir, mais que Dieu voit dans chacune de ses actions. Je l'ai déjà dit : la ferveur consiste à accomplir notre devoir avec une grande exactitude. L'homme que nous supposons commence à faire ses devoirs avec une certaine insouciance; de sorte que les motifs qui le font agir et sa manière d'agir, même pour les choses qui sont bonnes, ne sont plus ce qu'ils étaient. De même qu'un homme qui écrit ou peint avec hâte, ne donnera pas le fmi à son travail, ainsi en est-il de
(i) S. Luc. IX. 62.
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l'homme qui commence à perdre sa ferveur. Alors il se met à manquer de ponctualité. Il diffère ses prières du matin ; il les oublie jusqu'au milieu du jour, et alors peut-être il n'en dit que la moitié. Celles du soir, il les dira avec une conscience troublée. Le lendemain, probablement, se sera la même chose, ou même pire. Le manque de ponctualité commence à se produire dans tous ses devoirs intimes à l'égard de Dieu. Alors, c'est l'irrégularité qui commence. C'est-à-dire que cet homme qui avait l'habitude de vivre selon une règle, qui avait l'habitude de considérer la volonté de Dieu comme sa volonté, et qui s'efforçait de s'y conformer autant qu'il le. pouvait, vit maintenant selon les règles du monde, selon les usages des hommes, et je puis dire, au hasard et à l'aventure;
Encore un pas: il néglige ouvertement d'accomplir ses devoirs. Prenons un exemple: quiconque est en état de grâce a les sept dons du Saint-Esprit. Or, ces sept dons sont: La Sagesse, l'Intelligence, le Conseil, ]a Science, la Piété, la Force et la Crainte de Dieu. Quatre de ces dons perfectionnent Lintellect , et trois la volonté. L'homme qui est dans cet état de nonchalance cesse d'agir conformément à la lumière et à la direction de ces dons du Saint-Esprit. On a représenté ces dons comme les voiles d'un navire : plus ils sont étendus, plus rapide est le mouvement de l'âme; et plus rapide est le mouvement de l'âme.
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plus accentuée est aussi notre marche dans la voie du salut. Négliger ces dons, ou, par des fautes d'omission, n'en pas faire usage, c'est laisser les voiles carguées ou pliées. La course sur le chemin de la vie éternelle est attardée.
De plus, il y a en chacun de nous les grâces de foi, d'espérance et de charité. Dans vos livres de prières on vous recommande de faire des actes de ces trois vertus. Mais que signifient ces actes? Ce sont des mouvements intérieurs de l'âme vers Dieu, par lesquels nous mettons en activité la grâce de la foi, ou la grâce de l'espérance, ou la grâce de la charité en union avec Dieu. Mais ces vertus perdent bien vite leur puissance chez un homme qui a cessé de prier. Vient ensuite la négligence des nombreux devoirs de charité envers le prochain. Quel fut le péché du prêtre et du lévite quand l'un et l'autre trouvèrent l'homme blessé sur le chem.in de Jérusalem à Jéricho? Le prêtre suivait ce chemin; il regarda le malheureux et passa. Le lévite vient; il le voit et continue sa route. Ils commirent un péché d'omission relatif à la charité qu'ils devaient à leur prochain. Quel fut le péché du mauvais riche à la porte duquel était assis Lazare couvert de plaies? Nous ne lisons pas qu'il ait refusé de le secourir, — nous ne voyons certainement pas qu'il l'ait repoussé loin de sa maison, — mais il ne lui donna aucun secours. C'était un péché d'omission. Notre-Seigneur annonce qu'au
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dernier jour il dira : « J'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire ; j'étais nu et vous ne m'avez pas revêtu. » (i) Il ne dira pas : Je vous ai demandé et vous m'avez refusé ; mais bien : Vous ne m'avez pas recherché : ce qui est encore un péché d'omission.
Enfin vient le péché d'omission qui consiste dans le défaut d'amour de Dieu. Nous sommes tenus d'aimer Dieu de tout notre cœur et de toute notre âme; et celui qui pèche par omission dans la charité à l'égard du prochain, manque aussi à la charité envers Dieu : car "^ celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment pourra-t-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? »(2) L'état d'une telle âme nous est représenté dans la parabole : Le serviteur qui avait reçu un denier, le prit et l'enterra ; un autre qui avait reçu un talent, l'enveloppa dans un mouchoir. Quand le Maître vint, tous les deux rendirent intégralement ce qu'ils avaient reçu. (3) Mais ils ne l'avaient pas fait fructifier — et pourquoi ? Parce qu'ils étaient coupables d'un péché d'omission. Ils n'avaient pas fait usage de ce dépôt qui avait été confié à leur garde, et l'excuse qu'ils donnèrent fut celle-ci : ^^ Je savais que vous étiez un homme sévère, qui redemandez ce que vous n'avez point
(i) S. Math. xxv. 35.