‹ Le péché et ses conséquencesChapitre 9 sur 24 · S. J. IV · texte numérisé non relu

S. J. IV

(3) S. Luc. XIX. 20.

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donné, et qui recueillez ce que vousn'avezpointsemé./>> Ce qui veut dire que quand ce serviteur eut commencé à perdre l'amour qu'il devait à son Maître, il perdit confiance en l'amour de son Maître pour lui. De sorte que le péché d'omission fmit par menacer la vie de l'âme : car la vie de l'âme est charité.

3. En troisième lieu, ces péchés de paresse engendrent-une certaine animosité contre ceux qui aiment Dieu. A mesure qu'une âme s'éloigne de Dieu, il se développe en elle une animosité contre ceux qui persévèrent dans l'amour de Dieu, et cela, parce que la simple vue d'une personne qui est fervente dans l'amour divin devient une sorte de bête noire. Nous savons, — et, je n'en doute pas, vous l'avez constaté par votre propre expérience, — que nous pouvons supporter en notre compagnie une personne moins pieuse que nous; mais nous n'acceptons pasfacilement une personne qui est plus pieuse. Quiconque prie davantage ou remplit plus fidèlement ses devoirs envers Dieu et envers le prochain, quiconque montre une plus grande justice ou une plus grande sainteté, est pour nous un sujet permanent de reproche et de blâme. Nous sommes mal à notre aise en présence de ces personnes; mais nous supportons facilement ceux qui nous sont inférieurs. La vue de ces derniers n'est pour nous ni un reproche ni un blâme. Nous pensons au contraire que nous pouvons leur servir de leçon et il nous est bon de croire que nous pouvons leur donner

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un exemple. Il n'y a rien d'humiliant et de pénible dans la société de ceux qui sont moins avancés que nous dans la vie spirituelle ; mais voir ceux qui sont plus avancés, nous trouble, si nous ne sommes pas humbles. Marques auxquelles on reconnaît ceux qui s'éloignent de Dieu : ils n'aiment pas voir les gens aller si souvent à la communion ; c'est un tourment pour eux d'entendre dire qu'ils vont souvent se confesser; d'apprendre qu'ils rendent de fréquentes visites au Saint Sacrement, ou qu'ils passent, chez eux, un temps considérable en prière : tout cela les trouble. Enfm, même la grâce de Dieu qu'ils remarquent chez les autres leur fait de la peine. S'ils voient des personnes plus zélées qu'eux, plus ferventes, plus dévouées, ayant plus de succès dans ce qu'elles font pour Dieu, — en travaillant au salut des âmes, à des entreprises de charité, à des œuvres de miséricorde spirituelle; — il n'est pas jusqu'à cette prospérité spirituelle de leur prochain qui ne leur cause du tourment. Ils ont conscience qu'ils ne ressemblent point à ces personnes, et cette constatation leur est pénible. Si vous voulez des exemples tirés de la Sainte Ecriture, je vous en donnerai deux. Quand l'enfant prodigue rentra à la maison paternelle et que son père l'eut pardonné, l'eut fait revêtir de ses chaussures et de sa première robe, ( i) et eut ordonné un

(l) S. Luc. XV. 22.

joyeux festin, le frère aîné, entendant la musique, refusa d'entrer à la maison. Il était en proie à la jalousie et à la colère. Pendant que notre divin Sauveur était dans la maison de Simon le Pharisien, que la pauvre Marie Madeleine, chargée de tous ses péchés, se précipitait au milieu du banquet, lavait de ses larmes les pieds de Notre-Seigneur, les couvrait de parfums et de baisers, Simon le Pharisien se disait à lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait sans doute qui est celle qui le touche et que c'est une pécheresse. » Notre-Seigneur dit: «Simon, j'ai quelque chose à vous dire: Je suis entré dans votre maison; vous ne m'avez point donné d'eau pour me laver les pieds; et elle au contraire a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Vous ne m'avez point donné de baiser: mais elle, depuis qu'elle est entrée, n'a pas cessé de baiser mes pieds. Vous n'avez point répandu d'huile sur ma tête : et elle a répandu ses parfums sur mes pieds. » (i) Dans le cœur de ce Pharisien, quelque droit qu'il fût sans doute, et pur des péchés dont était coupable la pauvre Marie Madeleine, il y avait un manque de charité devant Dieu, un orgueil et un esprit de critique désapprouvé par la grâce de pénitence en cette pauvre femme déchue.

(i) S. Luc. VIII. 37. 46.

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4. Un quatrième effet des péchés d'omission et de cet affaiblissement de l'âme, c'est le découragement qui conduit au désespoir. Le sentiment du péché a pour effet d'abattre l'âme ; et s'il ne l'amène pas à des réflexions salutaires, il la conduit à douter de son salut. Car, où la charité envers Dieu et envers le prochain a perdu sa force et sa vitalité, si elle n'est pas entièrement éteinte, là aussi, et dans la même proportion, diminuent la foi et l'espérance. Quiconque a conscience de ses péchés sait très bien que, lors même qu'ils échappent à l'œil et au soupçon des hommes, — et lors même que sa propre conscience ne s'en rendrait compte qu'à moitié, — ils n'échappent en rien à l'œil et à la connaissance du Dieu Tout Puissant. Savoir qu'on est coupable et se savoir impénitent; sentir qu'on n'est pas converti et humilié, mais plutôt irrité par la conscience évidente de son péché et des grâces qu'on voit clairement chez les autres, engendre dans l'âme une fièvre intime qui brûle et qui devient un ressentiment de plus en plus vif à mesure que diminue la charité. La volonté devient opiniâtre et refuse de se courber devant Dieu. Bien qu'un nuage, enveloppant la conscience, cache à moitié nombre de fautes qui ne sont pas entièrement oubliées, on se rend compte de plusieurs autres ; on est saisi de terreur, ne sachant pas si, oui ou non, on est l'objet de la haine fuiale. Une âme dans cet état

devient découragée et insouciante, au point que, dans une foule de cas, au lieu de se tourner vers Dieu par le repentir, elle s'en éloigne de plus en plus et se plonge davantage dans le crime. Tant qu'il reste un espoir de salut, un espoir de pardon, et tant que l'honneur et la réputation ne sont pas perdus dans le public, un homme est soutenu par une confiance languissante qui le préserve encore d'une multitude de fautes. Mais dès l'instant où toute espérance est perdue et où la dernière branche est brisée, cet homme qui n'avait commencé que par des péchés d'omission, puis de paresse, se plonge enfin, insouciant, dans des fautes qu'il n'avait jamais commises auparavant: ^< C'est trop tard, dit-il; — je suis allé trop loin; — je suis trop coupable. Des taches ne se voient pas sur un vêtement noir, et je suis noir devant Dieu, que les hommes me voient tel ou non. w Une fois là, il avance chaque jour dans le crime. Ceux qui répondent à ce tableau, vérifient les paroles de notre divin Jslaître à l'Eglise de Sardes : /< Je sais quelles sont vos œuvres : vous avez la réputation d'être vivant, et vous êtes mort. Soyez vigilant, et confirrnez ceux qui restent et qui sont près de mourir: car je ne trouve point vos œuvres pleines devant mon Dieu. » (i). Voici le sens de ces paroles : Vous avez perdu votre charité première ; il

(l) ApOC. III I. 2.

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vous reste la foi et l'espérance à un faible degré. Le roseau, quoique affaibli, n'est pas brisé ; la mèche, bien que fumante seulement, n'est pas éteinte. Il y a encore de l'espoir, car la foi et l'espérance ne sont pas encore mortes. Mais si l'espoir disparaît une fois, que peut-il rester? Voyez les exemples de l'Ecriture. Judas vendit son Maître ; Pierre le renia. Judas avait perdu tout amour pour son Maître, mais Pierre l'aimait encore. Judas avait perdu tout espoir ; Pierre espérait encore. Pierre sortit et pleura amèrement : il fut pardonné. Judas sortit et alla se pendre.

5. Enfm, il y a encore un effet : c'est l'état que l'on, appelle péché de paresse, — l'état de l'âme qui, déchue de la charité, a perdu l'espérance, et en est arrivée à être malade et fatiguée de Dieu. Un homme dans cet état dit: ^< Plût à Dieu que je ne fusse pas né! >/ J'ai entendu plus d'une fois ces mots s'échapper de la bouche des pécheurs: « Plût à Dieu que je n'eusse jamais entendu le nom de Jésus-Christ ; au moins je n'aurais pas été responsable. Je voudrais n'avoir jamais connu la vérité, car je n'aurais pas à en rendre compte. Je mourrais comme un chien, — et mieux vaudrait mourir comme un chien, que de mourir comme je le ferai, avec la lumière pour connaître Dieu et Jésus-Christ, pour connaître sa volonté, sa vérité, et pour être à jamais comme je suis en ce moment. ?> Tout prêtre a entendu des paroles de ce genre, et peut-être en avez-vous

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entendu vous-même. L'âme fatiguée et malade de Dieu s'éloigne des sacrements, s'éloigne de la prière, fuit les personnes saintes, tout ce qui lui rappelle Dieu et son service, jusqu'à ce que, enfm, cette âme dise: « Dieu Tout-Puissant, pourquoi me poursuivezvous de vos perfections? Votre justice que je ne puis nier, pareille à l'ardeur du soleil en plein midi, est terrible et dévorante, semblable à la lumière qui inonde le monde, je ne puis échapper. » Les âmes dans cet état prononcent en sens inverse les paroles du Psalmiste: « Où irai-je pour me dérober à votre esprit, et où fuirai-je pour me cacher à votre visage? Si je monte dans le ciel, vous y faites votre demeure : si je descends dans l'enfer, vous y êtes présent. Si je prends dès le matin des ailes et que j'aille demeurer aux extrémités de la terre, votre main même m'y conduira et ce sera votre droite qui me soutiendra. J'ai dit : Peut-être que les ténèbres me cacheront. Mais les ténèbres n'ont aucune obscurité pour vous, car les ténèbres de la nuit sont à votre égard comme la lumière du jour.» (i) C'est ce que disait le peuple de Jérusalem, les ancêtres de ceux qui se sont écriés : « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants. » (2) Ce sont les mêmes qui disaient : « Que le saint d'Israël cesse de paraître devant nous ; » (3)

(i) Ps. 138. V. 7. 12.

(2) s. Mat. xxvir. 23.

(3) Is. XXX. I I.

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c'est-à-dire : que Dieu se sorte de notre chemin. Or, mes frères, voilà où en arrive le péché de paresse. Je vous l'ai montré, dès son principe, commençant par un péché d'omission, — omission dans la prière, parce que, vous disais-je, la prière est la vie et la respiration de l'âme, et l'âme qui prie est unie à Dieu. L'âme qui brise son union avec Dieu en cessant de prier, peut tomber dans l'abîme sans fond. 11 n'est pas d'extrémité dans la mort éternelle que ne puisse atteindre une âme qui abandonne la prière. Elle ne tombera pas d'un seul coup : elle descend peu à peu, par une pente insensible, et c'est là le grand danger. Vous avez là l'exacte expression des paroles que je vous citais en commençant : « Quel est celui qui connaît ses fautes ? Purifiez-moi, ô mon Dieu, de mes péchés cachés. » Il me semble donc qu'il n'est point nécessaire de m'étendre plus longuement sur cette première et si sévère partie de notre sujet. Je n'ajouterai que deux conseils en peu de mots. Voici le premier : Tendez aux choses les plus grandes et les plus élevées du royaume de Dieu. Ne vous figurez pas que c'est de l'humilité que de vouloir s'en tenir à une vie chrétienne ordinaire. C'est un faux raisonnement pareil à celui du marin qui dit : Je ne me lancerai pas en pleine mer mais je resterai prè5 du rivage. Se tenir près du rivage n'est pas toujours une garantie de sûreté. Suivre les côtes demande une plus grande habileté et peut exposer à un plus grand danger de faire naufrage. Ne

vous arrêtez pas un instant à penser que c'est là de rhumilité. Les plus humbles peuvent chercher à atteindre les plus hauts sommets dans le royaume de Dieu. Visez le plus hautpossible : Vous êtes appelés à être des saints, tous tant que vous êtes. Le nom même par lequel nous sommes désignés dans le Nouveau Testament est celui de saint. Malgré tous les péchés et toutes les imperfections dont vous êtes chargés, vous êtes appelés à la sainteté. Si vous devez être sauvés, il faut que vous soyez saints devant le trône éternel du royaume futur. Saints ! vous Têtes en ce moment, si le Saint-Esprit habite en vous et si par Lamour vous êtes unis à Dieu et au prochain. La sainteté est en vous : de même que l'aurore du matin est la lumière du jour et ne diffère de celle du midi que par le degré de son éclat ; ainsi la sainteté qui est en vous actuellement ne diffère que par le degré de sa manifestation de la sainteté parfaite qui sera en vous quand « les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père. » (i) Est-il donc possible que nous puissions tendre à quelque chose de moindre que cette sainteté?^ C'est une ruse du démon cherchant à tromper quiconque se détourne de la voie qui conduit aux sommets les plus hauts de la vie chrétienne, sous prétexte d'humilité ou d'impossibilité. La grâce qui est donnée à chacun de nous est proportionnée à la

(i) S. Mat. XIII. 43.

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vocation quifixe notre destinée. Si Dieu vous a appelés à être des saints, il vous a donné et il vous donnera la grâce suffisante pour que vous puissiez devenir des saints, — et cela est vrai même pour les plus coupables d'entre vous, car il peut se trouver parmi ceux qui m'écoutent des âmes qui ont conscience d'être souillées par le péché mortel. Même le plus coupable qui m'entend a la grâce qui lui est nécessaire actuellement, à l'instant même, pour devenir repentant, et, par le repentir, pour devenir un saint. L'âme la plus tentée, la plus rudement éprouvée, l'âme qui est tombée le plus souvent, qui s'est le plus traînée dans une habitude longue et invétérée du péché, même cette âme a une grâce qui lui est offerte à cette heure, pour devenir une sainte, si elle a la volonté de lui faire bon accueil. Je ne dis pas encore assez. Les âmes les plus paresseuses, les âmes les plus lâches, celles qui ont le plus conscience qu'elles sont couvertes de fautes d'omission, et qui savent qu'il n'est pas un devoir qu'elles aient accompli sans y apporter une nonchalance et une imperfection quilesrendjustement confuses devant Dieu ; même ces âmes ont les grâces de ferveur, de zèle, de force, de piété et de persévérance, grâces offertes actuellement, pourvu qu'elles aient seulement la volonté d'y correspondre. 11 n'y a qu'une condition, et la voici : Brisez avec le monde, avec le péché, avec vous-mêmes, et rangez-vous du côté de Dieu. Prenez généreusement votre croix,

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suivez Jésus-Christ. Pas de compromis, pas d'arrièrepensée, "il fera le reste pour vous.

Voici mon autre conseil. Jetez-vous, avec toutes vos offenses de commission et d'omission, avec toutes vos fautes, toutes vos taches, avec tout le fardeau de vos péchés, quel qu'en soit le poids, — jetez-vous sur le Cœur Sacré de Jésus, comme Jean y reposa pendant la Cène. Ne pensez point qu'il ne vous appartient pas d'agir ainsi. Ne dites pas : Je ne puis pas me jeter sur ce Cœur, — là où reposa le disciple bien-aimé. Pourquoi y reposa-t-il? Etait-ce parce qu'il aimait son Maître : Non; c'est parce que son Maître l'aimait. Or, ce même amour qu'il avait pour Jean, peut-être pas au même degré, mais cet amour de même nature, dans son infinie tendresse, dans sa compassion sans bornes, il l'a pour vous. Il vous aime, sinon dans la même mesure, il vous aime de la même manière ; et, par conséquent, jetez-vous dans l'amour de Notre-Seigneur. Le don de libre volonté, qui nous a été fait à tous, est un don périlleux. Etonnant mystère qu'un homme puisse tenir son corps en équilibre pour rester debout ou pour marcher! — chacun de ses mouvements repose d'une façon mystérieuse sur le centre de gravité de la nature : mais la liberté de vouloir est bien plus mystérieuse encore, et peut plus facilement être anéantie. Nous sommes entourés de tentations, tant que le jour est long, et le monde nous tend

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constamment des pièges par ses diverses puissances. Plus dangereuses que le monde, il y a les trahisons des cœurs faux et susceptibles, des cœurs toujours prêts à prendre feu. Toute la journée, le péché jaillit du dedans à rencontre de la tentation du dehors. Voilà ce qui augmente vos besoins. Ne dites pas : C'est ce qui me rend indigne de me jeter sur le Cœur Sacré de mon Rédempteur. Pour cette raison, vous avez besoin de le faire. Comme l'aveugle se rendit à la fontaine de Siloé; comme les lépreuxs'approchèrent de notre Sauveur ; comme la pauvre femme toucha le bord de sa robe : — ainsi, puisque vos misères sont plus grandes, avez-vous un plus pressant besoin de le faire. Et si vous voulez venir à lui, par son Esprit vivant en vous, par sa protection dont il vous couvrira, il vous préservera de tout mal, et il vous confirmera dans sa grâce. Afin que vous puissiez agir ainsi, je vous engage à adopter dès aujourd'hui une pratique.

Tous les jours de votre vie, priez Dieu de vous donner ses lumières pour que vous puissiez voir en vous aussi clairement qu'il y voit lui-même : de vous montrer ce que c'est que le péché dans toute sa laideur, dans tout ce qu'il a de subtil, et de vous découvrir ces péchés secrets qui sont actuellement en vous et que vous n'y voyez pas. Adressez-lui chaque jour cette demande. Rappelez-vous le jeune homme qui vint à Notre-Seigneur et lui demanda ce

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qu'il devait faire pour hériter du royaume du ciel. Notre Seigneur répondit : Vendez tout ce que vous avez et donnez-en le prix aux pauvres ; venez, suivez-moi. // (i) Il s'en alla tout chagrin; et, parce qu'une seule chose lui manquait, elle lui fit perdre tout le reste. Vous vous souvenez des cinq vierges sages et des cinq vierges folles. Les cinq vierges folles partirent avec les cinq qui étaient sages. Elles étaient vêtues de la même robe nuptiale ; toutes portaient leurs lampes avec elles ; et leurs lampes étaient éclairées. — Jusque-là elles étaient semblables; toutes s'adonnèrent au repos et au sommeil. Quelle était la différence entre les cinq sages et les cinq folles? Les sages avaient de l'huile pour alimenter leurs lampes; les cinq folles avaient négligé déporter de l'huile avec elles. Et pendant que toutes dormaient, leurs lampes s'éteignirent. Et, à minuit, quand on entendit ce cri : «Voici l'Epoux! » elles se levèrent et trouvèrent leurs lampes éteintes. Elles voulaient d'abord emprunter ; m.ais la grâce ne s'emprunte pas, c'est impossible. Elles allèrent acheter de l'huile ; mais pendant qu'elles étaient dehors, l'Epoux entra et la porte fut fermée. Quand elles revinrent, elles frappaient à la porte en disant : « Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous. Mais il répondit de l'intérieur : «Je ne vous ai jamais connues. »

(i) S. Mat. XIX, 21.

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