‹ Le peintre Adreien GuignetChapitre 17 sur 69 · Place du Champ-de-Mars · texte numérisé non relu

Place du Champ-de-Mars

soit pas trouvé une seule fois maître de son inspiration et de son temps, libre de méditer, de travailler une œuvre à sa fantaisie complète et révéler ainsi le dernier terme de ce qu’il eût été capable de créer. Il résulte aussi d’un passage de cette lettre, la confirmation de ce qui est connu, du reste, que Decamps, était à un certain point de vue son objectif. On a dit qu’il avait eu deux maîtres : Salvator Rosa et Decamps. A l’un il emprunta son génie funèbre, ses sanglantes mêlées, ses horizons assombris, ses bandits, si l’on veut; mais ces emprunts n’ont jamais été des copies, pas plus que Virgile n’a copié Homère en racontant des scènes analogues. Il a su se les rendre propres, leur imprimer sa personnalité et son coloris. Decamps lui-même disait en parlant d’Adrien : « Non, il ne fait pas comme moi, mais il a le même sentiment. » Un de ses amis, juge trop compétent pour que nous nous permettions de changer les termes de son appréciation *, a résumé le véritable caractère de ces prétendus emprunts, par ces mots : « On s’est plu à le placer entre Salvator et Decamps. Il n’était ni l’un ni l’autre ; il a cherché à s’assimiler la manière solide de Decamps, en tant que procédé. Il admirait Salvator bien plus dans ses biographies que dans ses œuvres grises et lâchées, aussi se plaisait-il à peindre quantité de figures et de scènes qui reproduisaient la vie fictive de Salvator Une de ses admirations constantes et des plus absorbantes était pour Piranèse ; il aurait tout donné pour une de ses eaux fortes. Sentant qu’il n’avait pas assez étudié, il se passionnait pour

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