‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 126 sur 157 · J.-B. I^oussedu à J.-A.-J. Aved · texte numérisé non relu

J.-B. I^oussedu à J.-A.-J. Aved

La Haye, 9 juillet 1740.

Hélas ! mon cher ami, je ne m'attendois plus à pleurer autre chose que mes infirmités. Quel sujet de larmes, et quelle perte viens-je de faire, bon Dieu ! Qui pourra me remplacer un ami du mérite, de la vertu, de la bonté et de la solidité de M. le comte du Luc? Consolezmoi, mon cher ami, si je puis être consolable. Entre toutes les marques de bonté qui me le feront regretter toute ma vie, celle de m'avoir procuré un ami comme vous en est une des plus touchantes. C'est dans votre amitié que je puis trouver, s'il est possible, de quoi réparer une partie des pertes de mon cœur. Je vous dois les bontés de M. le marquis de Nesle ; priez Dieu avec moi pour sa conservation. Où pourrois-je trouver un nouveau protecteur plus solide et plus vertueux ? Adieu, je crains d'effacer ce que je vous écris par les larmes qui s'échappent de mes yeux.

Publiée dans les « Lettres de ^usseau sur differens sujets ». Genève, 1^49, in-12, t. I, p. 24S-24Ç.

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