Catalogue, n* 5a
plis. Une grande draperie, deux colonnes, une bibliothèque composent un fond historié. Les qualités de cette œuvre : composition bien équilibrée, art de draper les étoffes, sont celles des bons portraitistes contemporains.
D'ailleurs, Aved ne devait plus tarder à montrer au public d'autres résultats de ses travaux. En 1737, après trente-trois ans d'interruption, l'Académie royale exposa, au « Salon » du Louvre, les oeuvres de ses membres. Cette année-là, les portraitistes y étaient nombreux. Les artistes dont la maîtrise était, depuis longtemps, affirmée et reconnue, y côtoyaient de jeunes émules. Largillière, Rigaud, Nattier, La Tour, Chardin, Tocqué, tels étaient les concurrents d'Aved à la faveur du public.
Il avait exposé plusieurs tableaux. Auprès de la seconde fenêtre, à droite, était placé le portrait de Mademoiselle de Seine, dans le rôle de Didon '. En pendant, à gauche de la même fenêtre, était le portrait du duc de Bisache ^ Dans l'embrasure de la croisée du côté de l'eau figurait Un Philosophe, qui n'était autre que M. Arlon, beau-frère du peintre ^ M. Dupleix, fermier général ^, voisinait avec Mademoiselle Loys, costumée en laitière \ Dans l'encoignure de l'escalier, enfin, était placé le portrait de M. Caron, vêtu de noir ^.
Aucune de ces oeuvres n'est, malheureusement, parvenue jusqu'à nous. Mais la gravure de Lépicié permet au moins de juger de la composition du portrait de Mademoiselle de Seine.
Devant la mer où fuient vers l'horizon les vaisseaux du perfide Enée, Didon — Mademoiselle de Seine — est debout, accoudée au bûcher qui, bientôt, consumera ses restes. La jolie tête de l'actrice s'incline sur son épaule, ses yeux sont levés vers le ciel, sa bouche se contracte. La main