‹ Le peintre Aved, sa vie et son œuvre 1702-1766Chapitre 17 sur 157 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

dans le fond du portrait de Madame Arlon. C'est sans doute de « l'abbé de La Galaizière » c[ue parlait l'abbé Desfontaines, louant les « portraits en pied » d'Aved exposés au salon de cette année-là '.

Des autres tableaux exposés en 173 8, nous ne connaissons pas même la gravure. Le public semble n'avoir eu d'yeux que pour le Rousseau.

A l'ouverture du Salon, le portrait était mal exposé, ce qui n'était pas pour fâcher les ennemis du poète. Duclos, après avoir reconnu qu'on le regardait beaucoup, prétendait que cette mauvaise exposition « ne déplaisoit pas au public ». Le portrait fut d'ailleurs bientôt remis en bonne place ''.

Si le Mercure de France se contente de constater que les portraits de Madame de Varenne et de Rousseau « ont été généralement applaudis et estimés des connoisseurs » ^ le chevalier de Neufville, par exemple, est beaucoup plus précis dans son admiration pour le portrait : « L'on juge, dit-il, par l'attitude et surtout par le caractère de sa tête, de tout l'esprit, et de toute la facilité qu'ont, et le peintre, et le modèle. C'est un visage rond, haut en couleur et vemé admirablement. Tout le feu de ses ouvrages est dans ses yeux, qu'il a plus petits que grands : il y a à parier qu'il est dans un moment d'épigramme '^. »

« Le portrait de M. Rousseau par M. Aved, dit de son côté l'abbé Desfontaines ^, a attiré tous les regards. Plusieurs personnes, qui ont vu depuis peu ce grand poète, l'ont trouvé fort bien représenté et cette représentation a semblé soulager la douleur que cause à la Nation le fatal éloignement de celui qui en est la gloire. ... Un portrait tel que celui du

Page 1