Voir l'acte de vente. Appendice V : Les Demeures d'Aved
4. Voir les termes mêmes de la déclaration de Mme Aved lors de l'inventaire, plus haut, p. 107.
LES DERNIÈRES ANNÉES ne
Comme on le voit, les affaires de l'artiste étaient prospères. Il était bien loin du temps où il devait recevoir l’aide de son beau-frère.
C'était sans aucune acrimonie que Cochin avait mentionné cette heureuse situation de fortune et son origine; d’ailleurs les règlements de l’Académie ne devaient interdire qu'en 1777 à ses membres de s'occuper d’affaires commerciales ‘. Aussi, lorsqu'en juin 1763, Aved sollicita la pension vacante par la mort de Sébastien Leclerc *, Cochin présenta notre portraitiste à M. de Marigny comme l'artiste le plus digne de cette faveur.
« Monsieur Le Clerc, écrit-il, ancien professeur de l'Académie est décédé le 29 juin dernier ; il jouissait d'une des pensions attachées à l'Académie de la somme de 6oo livres. J'ay l'honneur de vous proposer pour cette pension M. Aved, conseiller de l'Académie, et ancien entre ses membres. Il a quelquefois paru dans les Salons avec beaucoup de succès. M. Vernet, dont les talents sont, avec tant de raison, si célèbres, est aussi très bien fondé à espérer ces bienfaits. Enfin, M. Deshayes, sujet distingué dans la peinture d'histoire, est encore un de ceux dont le mérite donne plus de droit à cette grâce, mais d’entre eux le plus ancien, c'est M. Aved’. »
Les termes du rapport manquaient peut-être un peu de chaleur. Pourtant ce fut Aved qui l'emporta, et le roi lui accorda cette pension de 600 livres à compter du huit février 1763 4.
Il lui restait un honneur à obtenir et il ne l’oubliait pas. Lorsque, en juin 1765, lorfèvre Germain, qui habitait le Louvre, fit faillite, Aved sollicita son logement, récompense suprême qui, disait-il à M. de Marigny, devait « mettre le sceau à sa réputation » *.
Cette dernière.satisfaction ne devait pas lui être accordée. Il avait assisté à la séance de l'Académie du premier mars 1766. Trois jours après, le quatre
1. Statuts de 1777, articles II et III. Procès-verbaux de l’Académie, t. VIII, p. 285.
2. Lettre d'Aved au marquis de Marigny, en date du 30 juin 1763. (Leclerc était mort le 209.) Pièce justificative I, n° 25.
3. Arch. Nat., O' 1923 B, p. 168, publice dans les Archives de l'Art français, 1'° partie, 1903, p. 272.
4. L’ordonnance est en date du 26 décembre 1764. Arch. Nat., Maison du roi, O! 1927.
s. Lettre en date du 9 juin 1765. Pièce justificative I, n° 26.
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mars, une attaque d'apoplexie l'emporta. Il habitait encore rue de Bourbon :. Son décès fut déclaré à Saint-Sulpice, sa paroisse, par son fils Jean-Simon | et par René-François Mitouart, bourgeois de Paris, « marchand apoticaire et démonstrateur de chimie et conseiller du roy, quartenier de l'hôtel de cette ville, y demeurant, rue de Beaune » *. Le même jour, ses amis recevaient le billet qui les priait d'assister à l'enterrement, qui eut lieu le lendemain :. Le vingt-deux mars, l’Académie, en ouvrant sa séance, enregistrait la nouvelle
de la mort de son conseiller Jacques-André-Joseph Aved, peintre du roi {.
1. Inventaire après le décès d'Aved. Pièce justificative VIII. — Ordonnance de paiement aux héritiers d'Aved des arrérages de sa pension jusqu’au 4 mars 1768, jour de sa mort, 1768, 10 sept. Arch. Nat., O! 1921. — MARIETTE, Abecedario, t. I, p. 41. — Le Nécrologe des hommes célèbres, 1767, p. GE
2. JAL (A.), Dictionnaire. — Inventaire après le décès d'Aved. Pièce justificative VII. Mitouart assista à cet inventaire au nom et comme procureur de Charles-François Aved.
3. 4 mars 1766. « Nous reçümes le billet d’enterrement de M. Aved, peintre et conseiller de l’Académie royale. > WILLE (J.-G.), Journal, t. I, p. 314. Un exemplaire de ce billet est conservé à la Bibl. Nat., manuscrits français, pièces originales, 152.
4. Procès-verbaux de l'Académie, t. VIL, p.324. Aved fut remplacé comme conseiller par Vernet. Ibid, p. 326.
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