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I.E DESSIN

époque, et la maintient encore en dépitdescriliques dont elle est l’objet, dans certaines écoles de l'Etat, et non des moindres. Toutefois, on peut affirmer que, attaquée de tous cotés, en butte aux traits des artistes et des professeurs les plus autorisés, elle est vouée à une mort prochaine.

La Ville de Paris, avec une initiative digne de tous éloges, a installé depuis nombre d’années, sur des bases nouvelles et rationnelles, l’enseignement du dessin dans ses écoles. La plupart des grandes villes de France ont suivi cet exemple, et, aujourd’hui, au très grand profit des arts du dessin, les enfants des écoles industrielles, et même primaires, débutent par copier des choses et non plus des dessins de choses.

Education de l’œil.

Le dessin est la lecture des formes.

Dessiner juste, c’est voir juste.

Bien dessiner, c’est bien voir.

Donc, tous les soins, tous les elforls du maître, doivent avoir pour unique but l’éducation de l’œil.

Mais — à dire vrai — cette éducation, facile et rapide chez quelques organisations privilégiées, est, chez la plupart des commençants, laborieuse et lente. Elle exige, le plus souvent, une longue suite d'efforts, de la volonté, de la persévérance.

O11 11e saurait imaginer, à moins d'avoir ensei-

gné soi-même, avec quelle naïveté, avec quelle inconscience les personnes placées pour la première

fois en face d’un modèle, quel qu’il soit, voient ce modèle absolument différent de ce qu’il est.

Donnons-leur à copier l’objet le plus simple, ce seau par exemple ( fig . 1).

Inévitablement, la copie qu’ils feront de ce seau affectera l’une des deux formes ci-après ( fig . 2 et 3).

C’est-à-dire qu’elle sera ou beaucoup plus étroite

ou beaucoup plus large que le seau véritable. Inévitablement encore, cette copie manquera

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d'assiette. Elle tombera, soit à gauche, soit à droite. Pourquoi ?

Certes, ce n'est pas la main que nous devons accuser du méfait. La main n'a pas de volonté. Elle se borne à obéir. Elle exécute les ordres qui lui sont dictés par le cerveau.

Et pourquoi le cerveau s'est-il trompé?

Parce que l'œil , qui est son avertisseur et son guide, l'a trompé lui-même. L'œil, faute d’exercice, a regardé sans voir.

Le premier soin du maître sera donc de préserver l'élève de ces perfidies, de ces trahisons de l’œil.

C'est à cela que servira le nQ G de l'outillage énuméré plus haut, X équerre.

Avant de commencer son dessin, l’élève aura recours à X équerre et procédera à une opération préliminaire.

Tout d'abord, on remarquera qu’il ne s’agit pas d'une équerre semblable à celle dont font usage les divers corps d’état, menuisiers, charpentiers, etc. L'équerre recommandée ici est à la fois beaucoup plus primitive et beaucoup moins encombrante que celle-là, et l’élève la fabriquera lui-même à l'aide d'une simple carte de visite.

L’instrument se compose, ainsi qu’on le voit, de deux branches de même longueur fxq. 4), l’une verticale, l’autre horizontale, se coupant à angle droit.

Chacune de ces deux branches est divisée en un

nombre égal de fractions, soit, comme ici, cinq pour la partie verticale, et cinq pour la partie horizontale.

L’élève tient ce petit carton entre le pouce et

l’index, à la hauteur de ses yeux, et regarde attentivement le modèle en ayant soin de fermer un œil pour éviter que le carton, placé en deçà du point d’intersection des deux rayons visuels, ne paraisse double.

Le modèle tout entier devra être contenu entre les deux branches de l’équerre.

Si le modèle vu ainsi est aussi haut que large, il se trouvera compris exactement entre les numéros 1 et 5 pour la hauteur et les numéros 5 et 10 pour la largeur.

Après avoir tracé sur le papier une ligne verticale de la hauteur approximative du modèle, on divisera cette ligne en autant de fractions égales que l'on en comptera sur la ligne verticale de l’équerre.

On tracera de même une ligne horizontale, qui sera à son tour divisée en un nombre de fractions correspondant à la ligne horizontale de l’équerre.

Si le modèle est plus haut que large, on trouvera — par exemple — pour la hauteur 5, et pour la largeur, soit 4, soit 3, soit 3 1/2, soit toute autre mesure. On tracera sur le papier des points correspondant à ces mesures.

Enfin, si le modèle est plus large que haut, l’on trouvera des rapports inverses des précédents, et l'on procédera de même sur le papier. La conséquence de ce travail sera de déterminer à l’aide de repères certains les proportions relatives des diverses parties du modèle, et de les fixer de manière à éviter toute erreur. Sur ces bases, on pourra construire son dessin avec assurance.

Ce procédé pour prendre des mesures à distance

est, comme on vient de s’en rendre compte, d’une simplicité presque puérile. Il en est pourtant un

autre plus simple encore, et que je ne puis passer sous silence, tant il est commode et usité.

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Il consiste à remplacer l’équerre ci-dessus parle fusain ou le crayon dont on se sert pour dessiner.

On prend celui-ci entre le pouce et les deux premiers doigts, et on l'élève verticalement en face du modèle, le bras bien tendu.

Dans cette position, on relève ou l'on abaisse le pouce en le faisant glisser le long du fusain ou du crayon, et c'est ce mouvement qui règle la hauteur relative de chacune des parties du modèle. Quand on tient cette hauteur, tourner le poignet sans déplacer le bras, et comparer avec la largeur (fi g. 5).

Ajoutons que ce second procédé, comme on a pu s'en rendre compte, est d’une application plus . délicate; il conviendra donc mieux aux élèves un peu dégrossis déjà, qu'aux véritables débutants.

Ligne verticale. — Ligne horizontale

Ces deux lignes sont les régulatrices du dessinateur.

Elles lui servent à deux fins.

Elles lui permettent d'asseoir sa figure sur une base solide et stable.

Elles lui fournissent à chaque pas ses moyens de contrôle et de vérification.

Deux instruments les déterminent avec certitude : le fil à plomb , le niveau d'eau.

Attachez une balle de plomb au bout d’un fil,

puis laissez retomber

cette balle de plomb de tout son poids en tenant l’autre extrémité de ce fil; la ligne qui sera engendrée dans l'air sera dite verticale, c’està-dire perpendiculaire au sol (fig. 6).

Elle formera avec celui-ci deux angles droits, et cette autre

Fig. 6.

ligne sera dite horizontale.

La ligne horizontale est déterminée dans la nature par la surface de l’eau dormante, disons mieux, par la surface de l’eau contenue dans un récipient, que ce récipient soit le lit d’un lac ou un simple vase.

Pour déterminer artificiellement une ligne horizontale, on se sert d’un petit instrument que je ne décrirai pas ici, parce que tout le

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monde le connaît. C’est le niveau d'eau [ficj. 7).

Fig. 7.

Mais le dessinateur n’a au niveau d’eau. La petite équerre décrite plus haut lui suffit, puisque l’équerre n’est pas autre chose que l’un des deux angles droits formés par la rencontre de deux lignes perpendiculaires Lune à l'autre, et que, forcément, chacune des deux lignes est ou verticale ou horizontale par rapport à l’autre (fiq. 8).

On peut s’aider encore, d une sorte de peti t cad re de bois ou de carton tendu

nul besoin de recourir

pour la mise en place,

dans les deux sens d’un certain nombre de fils noirs qui divisent le modèle en compartiments réguliers.

Je signalerai, en outre, comme une invention

Fig. 9.

des plus ingénieuses, le petit instrument dû à M. Roucole, directeur de l’école de Toulouse [fig . 9).

Il se manie comme le fil à plomb, donne à la fois [les deux lignes verticale et horizontale, et, de plus, indique tous les degrés d'inclinaison des lignes obliques. Il rend donc à lui seul les services de trois instruments.

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Ce charmant petit outil de travail, fort intelligemment combiné, me parait d’une très appréciable utilité pour les commençants.

De la construction et de la déformation

des objets

Les premières leçons consisteront en une série d'exercices destinés à familiariser l’élève avec la définition des lignes verticales et horizontales ; elles l’habitueront à faire exactement semblables les deux moitiés symétriques d’une feuille d’arbre, à construire méthodiquement un objet en l'enfermant dans la figure géométrique correspondant à sa forme générale (fig. 10, II, 12, 13, 14, 15, 16).

Exemple : si nous étudions cet arrosoir (fig. 17), nous verrons que, par la disposition de son ensemble, il peut être enfermé dans un carré parfait. Nous tracerons donc autour de lui quatre lignes égales se coupant entre elles à angles droits, et ces quatre lignes faciliteront grandement la construction du dessin en offrant quatre repères commodes.

Les leçons suivantes porteront sur la déformation des objets consécutive à leurs changements de position. Le même objet présenté de face, de profil ou de trois quarts, changera totalement

Lignes verticales, parallèles, obliques et horizontales.

Fig. 10.

Fig. 11.

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d’aspect, et il se déformera dans ces conditions d’après des lois précises.

C'est ce que démontreront suffisamment les exemples ci-après [fig. 18, 19,20, 20 bis).

Fig. 15.

Fig. 16.

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