‹ Le peintre-graveur (volume 4)Chapitre 31 sur 90 · III · texte numérisé non relu

III

146 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVI*. siècle.

suffiront pour nous faire connaître les différentes phases du développement d*Albert Durer comnie graveur et surtout pour nous convaincre que ses premiers essais datent avant 1497, comme nous pouvons le reconnaître dans les gravures qu'on hésite souvent, contre Topinion de Bartsch, à lui attribuer et qui, inférieures dans Fexécution mécanique, sont néanmoins dignes du maître pour l'excellence de la composition.

Quelques-unes des pièces de son œuvre sont des nielles, comme le. petit crucifix dans un médaillon (B. 23), le St. Jérôme pénitent (B. 62), le jugement de Paris (B. 65). On pourrait y ajouter la S te. Véronique de 1510 (B. 64) quoiqu'elle ne se trouve pas, comme les autres, sur fond noir, mais sur fond blanc. De ces planches qui n'étaient pas destinées à être indéfinement reproduites. Durer n'a tiré qu'un petit nombre d'impressions pour son propre usage, ce qui peut nous en expliquer la grande rareté.

En 1512 Durer fît quelques essais de gravure à la pointe sèche sur cuivre (et non des eaux fortes sur fer, comme le dit Bartsch) et en laissant subsister sur la planche les barbes du trait , il obtint des épreuves qui ont vraiment un effet rembranesque. A ce genre appartiennent les gravures de la sainte famille (B. 43) et du St. Jérôme (B. 59). L'homme de douleur de 1512 (B. 21) est gravé de la même façon quoiqu'il semble que Durer ait, dans cette pièce, poli jusqu'à un certain point les barbes du trait puisqu'on ne trouve point des exemplaires aussi fortes de ton que ceux des deux précédentes gravures. Quoique les premières épreuves de ce genre de gravure sont pleines d'effet, le talent de Durer ne se fait admirer néanmoins que dans quelques exemplaires qui sont devenus de b plus grande rareté, car les barbes qui servaient à produire cette force de ton, s'usèrent bientôt et les épreuves postérieures sont très- faibles d'effet et très-pâles.

On attribue souvent à Albert Durer l'invention de la gravure à l'eau forte puisqu'il avait déjà en 1515, 1516 et 1518 gravé quelques pièces à l'eau forte sur fer; ce sont entre autres le Christ au ja,rdin (B. No. 19), l'homme de douleurs (B. No. 22), l'ange à la sainte face (B. No. 26),. l'enlèvement (B. No. 72), le canon (B. No. 99) et le morceau d'étude (B. No. 70). Mais nous avons déjà y}ï^) que bien auparavant, en 1496, Venceslas d'Olmutz, et peut-être antérieurement l'ancien maître néerlandais W ^ , avaient déjà fait usagç de l'eau forte pour la reproduction des estampes sur papier et que

27) Vol. 1. p. 369 de cet ouvrage.

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l'emploi de cette art pour rornement des différentes pièces d'armures en fer ou en acier était déjà connu dès le XIP. siècle en Italie, en France et en Allemagne.

Dans le catalogue de Tœuvre de Durer par Bartsch cet écrivain, on ne sait pourquoi et contre sa coutume habituelle, a admis trois pièces qui n'appartiennent au grand artiste que par la composition ou le dessin. Ce sont la Vierge à la porte (B. 45) gravée par Marc Antoine d'après un dessin de Durer, la Trinité (B. No. 27), mauvaise imitation de la belle gravure sur bois (B. No. 122), enfin le portrait de Joachira Pâte nier qifb Cornélius Cort grava d'après un dessin exécuté en 1521 par Durer dans les Pays-Bas (B. No. 108). Pour suppléer à ces trois pièces qui n'appartiennent pas à l'œuvre du maître, on doit en ajouter deux autres qui sont restées inconnues à Bartsch, savoir: un Crucifiement indiqué très -légèrement et qui n'est point même complet dans les contours et celle de la Conversion de St. Paul dont nous avons déjà parlé plus haut quand il a été question des premiers essais d'Albert Durer. Nous donnerons, dans notre catalogue, des détails ultérieurs sur ces deux gravures et principalement sur la dernière qui n'est pas encore généralement acceptée comme un ouvrage du maître. Nous avons déjà traité dans la partie historique de notre ouvrage la question si Albert Durer avait gravé lui-même sur bois ou s'il s'était ^M>tttenté de faire des dessins pour les artistes en ce genre et, appuyé sur des motifs satisfaisants, nous avons adopté cette dernière opinion; jfious ne reviendrons donc pas sur ce sujet, nous contentant de ren- "voyer à ce que nous en avons déjà dit. *®) Nous ajouterons seulement que de même que notre maître n'a point donné son monogramme à <leux de ses premières gravures, le grand Courrier et le Violent, il en a fait autant pour ses premiers dessins transportés sur bois pour l'ornement des livres ou pour des feuilles volantes. Nous ne mentionnerons à cet égard que la feuille volante avec un texte en vers sur la guérison du mal vénérien de l'an 1496 et les gravures sur bois du livre intitylé: „Reuelationes sancte Birgitte" de l'an 1500.

. Le catalogue des gravures^ sur bois d'après Durer, donné par JBartscb, est encore plus incomplet et moins satisfaisant que celui qu'il jious a donné de ses gravures au burin. Joseph Heller, dans son livre „de la vie et dès ouvrages d'Albert Durer," Bamberg 1827, Ta «nrichi de beaucoup, cependant plusieurs de ces pièces lui sont encore

28) Voyez Vol. 1. p. 72 de cet ouvrage.

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restées inconnues et nous déplorons qu'il ait mêlé ensemble toutes les gravures qu'à tort ou à raison il attribue au maître, en y ajoutant à chacune ses remarques particulières. Mais ce désordre rend si difficile à distinguer d'un coup d'oeil ce qui appartient réellement au maître ou ce que l'on croit pouvoir donner à d'autres artistes, que nous n'avons pas cru devoir suivre Tordre établi par lui pas plus que celui de Bartsch. Nous avons donc fait dans notre catalogue trois divisions de ces gravures sur bois. La première, comme nous l'avons fait jusqu'ici, ne renferme que des remarques à celui de Bartsch. La seconde contient tontes les autres gravures que, pour des motifs suffisants,' nous pouvods attribuer à Durer. Dans la troisième enfin nous avons cru satisfaire aux vœux des amateurs et des collectionneurs des estampes de Durer en recueillant dans un appendice toutes les pièces douteuses ou apocryphes dont nous avons pu former un jugement pour les avoir eues sous les yeux. Nous avons, en outre, ajouté la numération de Heller afin que l'on puisse au besoin consulter plus aisément son ouvrage.

Gravures au burin.

Bartsch n'a admis qu'un petit nombre des copies les plus trompeuses des principales pièces. Heller a suppléé à cette lacune dans son ouvrage déjà cité et le directeur W. Schorn ^ complété (Kunstblatt 1830 p. 44) ce qu'il avait déjà dit à ce sujet. Nous renvoyons par conséquent à ces deux écrivains pour des détails plus étendus.

Remarques à Bartsch.

19. Jésus en prière au jardin des oliviers. Gravure à l'eau forte sur acier. Celte planche tomba aux mains d'un forgeron d'Insbruck qui la vendit au peintre Joseph SchOpf et celui-ci la sauva ainsi du naufrage. Plus tard elle vint en possession du peintre et graveur J. G. Schedler qui paraît en avoir fait tirer des épreuves puisqu'on en rencontre actuellement beaucoup à Tnsbruck. La planche, encore en bon état, se trouve à présent dans la collection de Jos. Heller à Bamberg.

21. L'homme de douleurs aux mains liées. Cette gravure est exécutée à la pointe' sèche et se retrouve toujours très-faible de ton.

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22. L'homme de douleurs assis. Eau forte sur acier. On en trouve des épreuves de quatre états.

1*' état. L'épreuve est bonne et nette. •

2^ état. L'impression est faible et mal réussie, d'après la planche déjà usée.

3^ état. La planche est retouchée et la pierre sur laquelle le Christ est assis ne parait plus en entier. Taches de rouille.

4* état La pierre et plusieurs autres parties sont fortement retouchées. Nombreuses tâches de rouille.

23. Crucifix, petite pièce ronde. Gravure à guise de nielle que l'on désigne aussi comme ie pommeau de l'épée de l'empereur Maximilien. A l'appui de cette opinion on trouve, avec une épreuve originale qui se conserve dans l'Institut de Staedel à Francfort s. M., un ancien billet dans les termes suivants:

„Ce cruciOx est une épreuve à rebours puisque le St. Jean est à gauche; on doit donc comprendre que Albert Durer ne l'a point gravé pour être imprimé et qu'il l'a fait en or pur pour le roi ou empereur Maximilien premier, et cette petite planche d'or a été employée pour le dessus du pommeau d'une épée laquelle, avec ce crucifix, a été vue par moi plusieurs fois à Insbruck dans la salle d'armes. Elle a été transportée ensuite à Vienne où je l'ai vue de nouveau dans l'armoirie en l'an 1556.

Daniel Specklin." *") Au revers de ce billet on lit:

„Information de S. A. le Margrave relativement au petit crucifix J^. An. 1647."

Nous avons fait, en 1849, des recherches à Vienne relativement ^ cette épée ou daguê de l'empereur Maximilien dans la collection Aml^rasienne, mais sans résultat. Peut-être la retrouvera-t-on dans quelque ^^utre collection impériale à Vienne.

Comme Bartsch n'a pas seulement pris une ancienne copie fort

^u*ompeuse pour l'original, mais qu'il n a pas décrit avec assez de pré-

c^ision les différences des diverses copies d'après l'original même, nous

^vons cru devoir donner une description exacte de ce dernier avec les

^v^ariantes des imitations.

Planche originale (B. copie A). Sans mentionner que cette

29) Daniel Specklin était un architecte distingué de Strasbourg, né en 1536, ^t qui mourut en 1589. Théodore de Bry a gravé son portrait en (aille douce.

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épreuve est traitée d*une manière plus libre et avec toute la maîtrise que comporte la manière d'Albert Durer, on la reconnaîtra facilement aux marques suivantes. Le bord supérieur de la tablette d'inscription au haut de la croix est composé d'un triple trait, tandis qu'il n'y en a que deux pour les autres côtés du carré. Le premier I de l'inscription, cehû de droite, est au haut et au bas à égale distance du double trait de bordure. Sur l'épaule du soldat à gauche, derrière St. Jean, un trait d'ombre fait crochet avec un des rayons. Les pieds du Christ et de St. Jean sont dessinés avec néghgence de manière à ce que les derniers orteils soient à peine indiqués et le gros doigt du pied du Saint est trop fort et trop pointu. Le trait du cercle de bordure a glissé en dehors à droite.

Copie A (d'après Bartsch, l'original). Cette copie est excessivement trompeuse, quoique d'une exécution moins franche et moins spirituelle. La tablette n'a que deux traits au haut, le ï repose sur la bordure inférieure et le trait d'ombre sur l'épaule du soldat ne fait pas crochet. Les orteils du Christ sont régulièrement indiqués, tandis que ceux de St. Jean sont comme dans l'original. On a imité également le trait irrégulier du cercle de bordure.

Copie B. Elle est moins trompeuse que la précédente. Le cercle de bordure est régulier. La tablette a les trois traits supérieurs; le N de l'inscription est un peu plus élevé que le R; il n'y a point de trait d'ombre sur l'épaule du soldat. Les orteils du St. Jean sont réguliers.

Copie C, de Hieronymus Wierx, signée IHW sur le terrain. L'inscription ÎNRI est gravée de gauche à droite.

Copie D. Très-raide cle dessin et mal réussie dans les caractères. L'inscription INRI dans le même sens que dans la copie C.

Première copie de Cari Kappes, graveur de Francfort s. M., exécutée en 1842. Elle offre une imitation excessivement trompeuse de l'original. La tablette a les trois traits supérieurs. Le I de l'inscription est un peu surbaissé relativement aux autres lettres. Il n'y a pas de trait d'ombre sur l'épaule du soldat; les pieds du Sauveur et du St. Jean sont d'un dessin régulier, ceux de ce dernier surtout sont très-beaux. Cette planche a appartenu à feu le conseiller Frédéric Schlosser de Francfort s. M. et on s'en est servi pour différents usages.

Seconde copie de Cari Kappes. Elle est moins trompeuse que la précédente. Le I est en ligne avec les autres lettres. Le pied du St. Jean est moins bien dessiné et le gros doigt se trouve parallèle

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aux autres, au lieu d'être un peu plus élevé comme on le trouve dans sa première copie. Cette planche a été exécutée en 1847 par Kappes pour le négociant d'estampes et d'objets d'art, Prestel de Francfort, et porte à la marge du bas la signature C. Kappes. se.

26. La sainte face tenue par un ange. Gravure à l'eau forte sur fer. La planche doit encore exister puisqu'on en trouve des impressions assez satisfaisantes sur papier de notre époque; d'autres qui paraissent postérieures encore, ont des tâches de rouille.

27. La Trinité. Bartsch a déjà fait remarquer dans une note à la fin de son VIP. vol. que cette mauvaise gravure au burin n'est qu'une imitation de la gravure sur bois No. 122.

34. La Vierge allaitant l'enfaiit Jésus. Dans les plus anciennes épreuves la tablette avec le millésime, pendue à l'arbre, manque. On en trouve un exemplaire à Berlin.

42. LaVierge au singe. Le beau dessin de* l'enfant et la grâce de la mère ont quelque chose d'italien et cette circonstance a porté à croire que Durer avait gravé cette pièce durant son séjour à Venise, en 1506, mais il avait déjà visité antérieurement cette ville.

43. La sainte famille gravée à la pointe sèche. Les premières impressions avec b^s barbes ont un ton très-énergique et presque rembranesque et sont de la plus grande rareté, puisque la planche n'a pu fournir qu'un très-petit nombre de ces épreuves et que les dernières sont très-faibles d'effet. On en voit même où quelques-unes des rayures de la planche mal conservée se sont reproduites dans l'impression el dont une entre autres traverse le visage de la Vierge.

44. La sainte famille au papillon. On a souvent prétendu que cet ouvrage de la jeunesse de Durer n'était pas l'original, mais bien la copie d'une gravure de quelque maître plus ancien. Jusqu'ici on n'a pu trouver aucune estampe de ce genre qui ait pu servir d'original à celle de Durer. Nous en voyons, au contraire, des copies d'après Durer, d'Israël de Meckenen, de Venceslas d'Olmutz et une imitation par le maître à ^' ^^^7i gothique, toutes inférieures de dessin et plus raides de taille et qui ne peuvent avoir aucune prétention à l'originalité. Cependant le maniement du burin ne révèle pas l'adresse ordinaire de Durer quoique la composition et surtout le paysage soient entièrement dans le style de notre maître.

45. La Vierge à la porte. Quoique Bartsch ne considère point cette pièce comme une estampe originale de Durer, il l'a cependant admise dans son catalogue, sans avoir découvert que c'était une

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gravure de Marc Antoioe, comme on ne peat en douter en la comparant avec le reste de son œuvré. Comme ce morceau porte la date de 1520, il devient très-probable qu'il a été exécuté d'après un dessin qu'Albert Durer aurait fait lors de son séjour dans les Pays-Bas et donné à Thomas de Bologne, élève de Raphaël. ^)

59. St. Jérôme. Une des plus anciennes épreuves au^ Musée Britannique, n'a point de monogramme. Cette pièce est gravée sur cuivre à la pointe sèche et les premières épreuves ont ce ton énergique que nous avons mentionné relativement à la sainte famille No. 43 et pour les mêmes raisons; les dernières épreuves sont également trèsfaibles de ton et tirées de la planche ayant, un trou ou enfoncement.

62. St. Jérôme. Petite planche ronde. Cette petite estampe est l'épreuve d'un nielle et on n'en connaît jusqu'à présent que quatre exemplaires ; dans la Collection Albertine à Vienne, celle de feu le roi de Saxe à Dresde, à Amsterdam et à Brème. Il pourra donc être trèsintéressant pour le collectionneur de l'œuvre de Durer d'apprendre que Mr. H. Cornill d'Orville de Francfort s. M. en a fait exécuter un très-exact facsimile par le graveur de Vienne A. Petrak qui a reproduit également le J u g e m e n t de Paris B. No. 65 et le grand Courrier B. No. 81. Les épreuves de la planche non terminée sont marquées A P en bas à droite, celles du travail fini ^/Ç et à gauche hors de l'estampe: A. Petrak cop.

64. S te. Véronique. Cette petite pièce semble également avoir été exécutée pour un objet particulier et sur un métal précieux. On n'en connait que deux exemplaires, l'un dans la Collection Albertine, l'autre dans celle du roi de Saxe. La lumière vient de gauche.

La copie de A. Petrak diffère un peu de l'original dans les ombres à côté et au-dessous de la Véronique. Elle est aussi d'une exécution

30) Voyez les notices du voyage d'Albert Durer dans les Pays-Bas. „ltem. Les choses de Raphaël d'Urbin ont toutes été dispersées après . sa mort , mais un de ses élèves, nonamé Thomas Polonius, bon peintre, a désiré me voir, est venu chez moi et m'a fait présent d'une bague d'or, antique, une pierre très-bien taillée et qui vaut 5 fl. quoiqu'on ait voulu m'en donner le double. Pour cela je lui ai fait présent de quelques-unes de mes - meilleures choses imprimées de la valeur de 6 fl. J'ai dessiné au fusin le portrait de Thomas Polonius de Rome/' Cet élève de Raphaël se nommait Tomaso Vincidore et était natif de Bologne. Il parait avoir été en Flandre pour surveiller l'exécution des tapisseries représentant des sujets de la vie du Christ d'après les dessins de Raphaël et de ses élevés. Voyez à ce sujet les ouvrages du comte Raczynski sur les arts en Portugal et son Dictionnaire historique et artistique du Portugal, Paris 1846.

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moins spirituelle et moins fine. Elle est signée à la droite du bas Petrak cop. On en trouve une copie sur bois en contrepartie finement taillée et avec l'addition de plusieurs petits arbres aux c6tés. H. 2 p. 4 1. L. 1 p. 7 1. Francfort s. M.

65. Le jugement dePâris. La Collection Albertine à Vienne possède la seule épreuve connue de ce nielle. Le facsimile de A. Petrak est marqué ^ au-dessous de la fontaine et A. Petrak se. sur la marge. Quelques-unes des premières épreuves n'ont point de marques ou de signature du nom entier en marge.

Le sujet représenté dans ce morceau, que Ton a souvent gravé au burin dans le XVP. siècle, ne parait pas toujours représenter la composition mythologique du Jugement de Paris, comme on la désigne toujours dans les catalogues récents, mais plut6t un incident de la légende du moyen -âge sur Alfred IIL roi de Mercie. Gomme celui-ci visitait un jour le noble Guillaume d'Albanac, il fut tellement frappé de la beauté des trois filles de ce dernier que le père conçut le soupçon qu'il en voulait choisir une pour sa concubine. C'est pourquoi le lendemain il conduisit, l'épée nue à la main, ses trois filles nues devant le roi en lui dévoilant les soupçons qui l'agitaient et en ajoutant que, s'ils étaient fondés, il les tuerait toutes trois devant ses yeux, mais que s'il en voulait prendre une pour épouse il lui en laissait le choix. Alfred épousa immédiatement la seconde des trois sœurs.

71. L'enlèvement d'Amymone. Albert Durer, dans son „Jour- »al*', semble avoir désigné cette pièce sous le nom de „Meerwunder.**'

73. L ' e f f e t de la jalousie. Cette désignation ne semble pas tout-à-fait juste. Nous pouvons reconnaître dans la figure de l'homme coiffé d'un coq le symbole du cocuage; il défend sa femme, entre les bras d'un Satyre, contre les efforts de la Vertu, qui sous la figure ^'une noble femme, veut 'châtier cette courtisane.

74. La Mélancolie. Bien que le sujet de cette pièce puisse prêter à plusieurs explications, on lit sur la tablette MELENCO- XTA. I. (Mélancolie disparais I), et Albert Durer la désigne toujonr» ^ans le journal de son voyage aux Pays-Bas sous le nom de Melan- «oley, peut-être simplement par brièveté. Le sujet représenté semble plutôt être le symbole des recherches scientifiques qui conduisent aisément à la mélancolie et de là l'exclamation: „Fuis mélancolie!''

77. La grande Fortune. Albert Durer mentionne plusieurs fois dans son journal de voyage aux Pays-Bas une de ses gravures sous le nom de „Némésis'S dénomination que l'on ne retrouve plu»

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dans les catalogues de son œuvre, mais qui se rapporte nécossairement à une de ses estampes. Mr. Hausmann de Hanovre (dans les Archives etc. de Naumann) et Mr. Carpeuter de Londres (dans PAtheneum) ont cherché à prouver qu'Albert Durer n'a pu désigner soi^ le nom de Nénvésis que la gravure qui à présent est connue sous la dénomination de la grande Fortune. Leurs raisons lious paraissent assez concluantes et nous nous rangeons volontiers à leur opinion.

Il y a deux états de cette gravure. Le premier n'a pas encore le trait de burin accidentel dans l'eau qui part de la petite ligure d'homme sur le pont et qui, interrompu par le bas, est long de 4 lignes. Ces épreuves d'un ton vigoureux mais transparent sont de la plus grande rareté. On en conserve un exemplaire dans la Collection de l'Institut des beaux arts à Francfort s. M.

81. Le grand Courrier. On a souvent douté si cette pièce devait être attribuée à Albert Durer, cependant fiartsch a déjà fait remarquer qu'elle a la plus grande analogie, avec Ja manière et la taille du Violent, B. No. 92, et nous en trouvons encore une plus étroite avec celles de la Conversion de St. Paul, No. 110. Mais la preuve la plus convaincante que nous avons ici un ouvrage du maître nous est fournie par le dessin de son propre portrait exécuté en 1484 et que nous avons déjà mentionné plus haut. Ce dessin est traité tout-à-fait dans le style de la gravure qui nous occupe.

On en trouve deux épreuves originales, une dans la bibliothèque impériale de Vienne, l'autre dans la collection de Dresde. Petrak a fait une copie d'après la première des deux qu'il a signée .de son monogramme yVï ^" ^^^ ^ droite, quoique cette signature ne se trouve pas sur quelques-unes des premières épreuves. L'ofiginal de Dresde dilTère de. la copie principalement en ce que le coin du bas à droite est arrondi dans roriginal et carré dans la copie.

86. Les trois paysans. La planche originale de celle gravure se trouvait, il n'y a pas longtemps, inconnue et sans que lé possesseur eut la moindre idée de sa valeur artistique, chez un marchand d'antiquailles à Francfort s. M., chez qui un amateur russe, le prince Dolgorouky, l'acheta en 1852 à vil prix et en fit tirer quelques épreuves qui nous font voir que la planche est fort usée.

94. Le seigneur et la dame. Les premières épreuves de celte gravure ont un ton vigoureux, mais sont très-fines de taille. La planche, un peu usée, fut rétablie alors par l'eau forte et les épreuves ont quelque chose de lude et sont plus ou moins sales d'impression.

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95. Le pourceau monstrueux. On en trouve des impressions postérieures tirées de la planche retouchée qui sont un peu plus fortes de ton, mais dont Taspect est plus rude.

98. Lechevaldelamort. A. Durer, dans son Journal, nomme cette gravure tout bonnement un chevalier („Ein Reuther"). Cependant la composition a été expliquée de différentes manières. On croyait d'abord qu'elle représentait le chevalier François von Sickingen, un des plus courageux barons de sou siècle qui ne craignait ni la mort ni le diable et on s'appuyait, pour le prouver, de la lettre S. qui se trouve sur la tablette avec le monogramme de Durer et le millésime 1513. On la désigna ensuite comme celle du chevalier chrétien qui ne se laisse pas détourner de son devoir par aucun obstacle. Enfin Jean Hauer de Nuremberg (mort en 1660) décrit cette gravure dans son catalogue comme suit: „Chevalier fantôme (Gespenst Renier), avec un chien, dans une forêt," et remarque à ce sujet: „Philippe Rinck était un Einspenniger (hommes d'armes à cheval ou huissier du conseil) de Nurem^ berg qui s'étant égaré la nuit eut la rencontre de cette apparition.^^ On peut révoquer en doute la justesse de ces opinions d'autant plus que d'abord le portrait n'est pas celui de François de Sickingen, comme nous le prouve une gravure de Jérôme Hopfer; ensuite que l'expression du chevalier représenté dénote tout autre chose que l'exaltation religieuse. Enfin, il faut remarquer relativement à l'attribution àe Jean Hauer, qu'Albert Durer avait déjà, en 1498, fait une étude d'un chevalier armé de toutes pièces, comme on le voit sur la gravure, en y ajoutant, écrit de sa main : „Ceci est Tarmure usitée à cette époque en Allemagne." La seule différence entre la gravure et le dessin à la plume consiste en ce que, dans celui-ci, le chevalier est un peu plus jeune, porte une moustache avec un heaume marqué des lettres WA et sa monture est immobile. Ce dessin intéressant se trouve dans la Collection Albertine à Vienne et a été gravé par A. Bartsch.

99. Le canon. Eau forte sur fer. Cette pièce porte la date de 1518 et non 1516, comme le dit Bartsch. Les épreuves plus récentes ont des tâches de rouille.

102. Albert de Mayence, vu de face. Les premières épreuves n'ont point de texte au revers, c'est-à-dire le titre du Hvre intitulé: „Vortzeichnus und zceigung des Hochlobwirdigen heiliglhumbs der Stifftkirchen der heiligen Sanct Moritz und Marien Magdalenen zu Halle," imprimé à Halle en 1520 et pour lequel Durer avait gravé celte pièce.

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