Albert de Mayence, vu de profil. Les épreuves de
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la planche retouchée montrent dans le modelé des joues un manque d'harmonie dans les hachures qui font TefTet de taches. Le trait dans le fond le long de la poitrine qui est très -accusé dans les premières impressions, a disparu dans la retouche et l'ombre se perd insensiblement dans le fond. Les épreuves postérieures ont sur la tablette en bas à droite le No. 27.
105. Philippe Mélanchton. La planche originale de cette pièce se trouve dans la collection de Gotha.
106. Bilibald Pirkheimer. Les épreuves de la planche retouchée sont très-fortes de ton. La pièce d'estomac qui, dans l'original des premières épreuves, montre une belle gradation de lumières et d'ombres, a dans celles du second état des oppositions tranchées de clair et d'obscur.
108. Joachim Patenier, peintre de Dinant. On ne peut comprendre comment Bartsch ait pu attribuer cette gravure à Albert Durer puisqu'elle n'est pas seulement médiocre en elle-même, mais n'a même pas la moindre ressemblance avec la manière technique du maître. La date de 1521 se rapporte à l'année dans laquelle Durer dessina ce portrait pendant le séjour qu'il fit aux Pays-Bas. La gravure est de Cornélius Cort, comme Van Mander le dit expressément dans la vie de Patenier et comme il résulte également du style de l'exécution.
Additions aux gravures au burin.
109. Le crucifiement. Ébauche au contour. Au milieu, le Christ, attaché à la croix, se présente de face; la Madeleine placée derrière la croix, en embrasse le pied. A gauche et à côté de la Vierge, quatre saintes femmes, une cinquième, plus vieille qui lève une main, ensuite un enfant. Sur le devant, à droite, St. Jean les mains jointes et derrière lui un homme tenant un long bâton fourchu au sommet. Entre ces figures et la croix, il se trouve un espace vide qui paraît avoir été laissé pour y placer d'autres figures. Le fond offre une ville avec une église et à droite un château sur un rocher. Dans les ciels planent de chaque côté six chérubins dont quelques^ns parmi des nuages. Une tablette avec le monogramme de Durer est placée, près d'une tète de mort, sur le terrain presque au milieu, un peu à droite. Les contours sont tracés très- légèrement au burin, comme c'était l'habitude d'Albert Durer et comme nous le voyons dans l'é-
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preuve de la planche non terminée de TAdam et Eve de la Collection Alberline à Vienne. H. 11 p. 6 1. L. 8 p. 3 1.
Celte pièce, fort rare, est déjà mentionnée par Sandrart qui parle d'une grande gravure non terminée d'un crucifix. Bartsch et Heiler ne l'avaient pas vue, cependant c«lui-ci la décrit sous le No. 2250 d'après une copie qui doit en avoir été exécutée par un certain graveur de Nuremberg nommé Nussbiegel. Cette copie est une reproduction exacte de l'original, mais cependant le dessin en est raide et peu intelligent, surtout dans le corps du Sauveur; les caractères offrent aussi moins de vie. On en trouve deux états, c'est-à-dire des épreuves sans le monogramme et d'autres où le monogramme est ajouté, mais la tablette n'est point au même endroit que sur l'original, mais bien à gauche, près du manteau de la Vierge. On pourra donc par ceci distinguer facilement la copie dans ses deux états de l'original. Heiler mentionne encore une épreuve où l'on trouve des traits d'ombre sur la robe de la Vierge et sur la tête de mort.
110. La conversion de St. Paul. Satll est assis sur son cbeval qui a butté sur les genoux et tient d'une main la bride, tandis qu'il lève l'autre pour parer la lumière céleste partant du Christ qui lui apparaît dans les nuages. A côté de ces deux personnages on voit des banderoles avec des inscriptions. A gauche, derrière SL Paul, se trouve un cavalier renversé, couvert d'un turban ; à droite un autre s'enfuit. Dans le fond, à gauche, s'élève un chàieâu et sur un fleuve, à droite, on voit un vaisseau à la voile. Sans marque. Les angles inférieurs, surtout celui de droite, manquent dans l'exemplaire de Dresde. H. 10 p. 10 1. L. 8 p.
Comme nous l'avons déjà dit, cette pièce est un des premiers essais de Durer dans l'art de graver au burin. L'exécution montre encore peu de pratique, est rude et ressemble à celle d'un orfèvre. Nous avons également fait mention, à ce sujet, d'un dessin à la pointe d'argent représentant son propre portrait fait par lui-même, en 1484, au moyen d'un miroir et qui offre la même manière que celle de la conversion de St. Paul, en faisant remarquer en même temps que le mode d'exécution de cette dernière gravure avait la plus grande analogie avec celle du grand Courrier et du Violent; nous ajouterons encore que les nuages qui entourent la gloire sont traités absolument de la même manière archaïque que dans la sainte famille au papillon. La draperie volante du SL Paul a la même disposition et la même cassure de plis que dans le Violent et le grand Courrier.
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Le paysage est composé absolument dans la manière de Durer et les plantés du premier plan rappellent parfaitement les plantes analogues de ses gravures sur bois, entre autres dans TApocalypse et la Sainte famille B. No. 102. D'après ces motifs et d'autres également concluants, mais qui s^appuient sur le style de composition riche de fantaisie et d'originalité, nous n'admettons aucun doute que l'on ne doive considérer cette pièce comme un des premiers ouvrages du jeune Albert Durer.
Feu le directeur Frenzel de Dresde a fait exécuter un facsimile de cette estampe accompagné d'un texte explicatif, très-acceptable aux amateurs, puisqu'il n'existe avec certitude qu'un seul exemplaire de la gravure; mais quelque réussie que soit cette imitation, la différence entre la copie et l'original est très-reconnaissable.
Rectification.
Heller mentionne sous le No. 1097 une Vierge couronnée d'étoiles de 1517. Cette pièce est la gravure du mattre |-p de 1527 (Bartsch Vlïl. p. 19) et que Heller lui-même décrit sous le No. 2284. On a effacé sur cette pièce le monogramme du graveur pour y substituer celui de Durer et en changeant le millésime en celui de 1517.
^Gravures sur bois.
Observations sur le Catalogue de Bartsch VIL p. 116 — 173 et
celui de Heller.
2. Samson tuant le lion. (Heller No. 1102.) On en trouve une copie excessivement trompeuse, mais un peu plus raide de taille et n'ayant point de monogi*amme. Les ailes du plus gros des oiseaux forment dans la copie deux lignes presque parallèles, et cette pièce n'a en outre que 14 pouces de hauteur au lieu de 14. p. 4 1.
4 — 15. La passion de Jésus Christ, en douze feuilles infol. (H. No. 1110.)
On en trouve quatre diverses éditions.
a. Premières épreuves, sans texte au revers, d'une grande beauté et netteté de trait, mais très-difficiles à rencontrer.
h. Édition avec texte latin, de 1511. Les exemplaires paraissent avoir été dans l'origine reliées en parchemin et montrent aux verso des vers latins explicatifs du sujet par Chelidonius, mais l'ordre en a été
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jusqu'à un certain point interverti puisqu'il place la descente aux limbes immédiatement après le crucifiement, tandis qu'elfe de- Trait se trouver après la mise au tombeau. Bartsch a corrigé cette erreur, mais en tombant dans une autre, puisqu'il place la composition représentant Jésus pleuré par sa mère après la mise au tombeau au lieu de la faire précéder par celle-ci.
c. Epreuves sans texte, mais de date postéiieure et fournies par le bois iléjà usé, mates et sales de ton.
d. Impressions de l'imprimerie Koppmayer d'Augsbourg en 1675. (Heller p. 550.) Elles ne nous sont jamais tombées sous les yeux et nous ne saurions, par conséquent, dire si ce sont des originaux ou seulement des copies, et si elles sont accompagnées de texte ou non.
16—52. La passion de Jésus Christ, en 37 feuilles in-8°. (H. No. 1142.) La Collection d'Amsterdam possède une suite de premières épreuves, sans texte au revers et qui sont toujours imprimées quatre à quatre sur une grande feuille in-fol. La première composition, représentant l'homme de douleurs, manque. Dans l'Adam et Eve chassés du paradis (B. No. 18) le trait sur le dos-d'Ève est coupé de onze petits traits transversaux qui ont un effet désagréable et qui ont été effacés sur le bois dans les épreuves postérieures. Ces épreuves sont d'une grande pureté et d'une netteté de trait extraordinaire. Le filigrane du papier est un bonnet élevé.
D'après Heinecken la première édition avec un texte latin parut en 1 5 1 1 sous le titre de FIGURA PASSfONIS DOMINI NOSTRÏ JESU CHRISTI, avec la signature: Finis impressum Norimbergse 1511. La seconde édition, sous le titre de PASSIO CHRISTI A6 ALBERTO DURER etc., parut également en 1511. Ces planches vinrent ensuite à Venise où Daniel Bissuccio en publia une impression en 1612.^*) Plus tard, en 1839, 35 d'entre elles furent achetées par Mr. Jost en Italie et passèrent au Musée Bintannique qui, après les avoir fait restaurer, en fit tirer quelques épreuves. A cette occasion les deux planches manquantes, l'homme de douleurs et le Christ prenant congé de sa mère furent gravées par Thurston Thompson. La nouvelle édition porte le titre de „Tlîe passion of our Lord Jésus Christ pourtrayed by Albert Durer. Edited by Henry Cold. Lonëon 1844."