JésusChristàla croix, avec une bordure. (H. No
Bl) Voyez Hkllbr p. 601 pour plu^ àt détails.
160 Maître* de Nuremberg de la première moitié du X\T. siècle.
Cette planche a été employée dans rorigine pour le Missel d'Eiclistaedt, imprimé par Jérôme Hoelzel de Nuremberg, en 1517, et porte au revers la gravure sur bois du St. Willibald. C. Becker est le premier qui en ait fait la remarque dans le Kunstblatt de 1845, p. 227* en y ajoutant le titre du Missel Eysteten Ecclesie d'après îexemplaire sur parchemin qui se conserve dans la bibliothèque de Tuniversité de Wurzbourg. C'est dans ce missel que se trouvent également les armoiries de Tévêque Gabriel von Eyb, accollées à celles de Tévéché d'Eichstaedl.
On s'est servi encore de cette planche pour le titre du livre que l'on appelle „la contrefaçon nurembergeoise de l'ancien Testament de Martin Luther. Par Frédéric Pey pus, 1524." Voyez à ce sujet Heller p. 617. Ce dernier auteur mentionne six copies de ce Christ, nous élevons y ajouter celle que nous allons décrire.
Copie, dans le même sens et de la même dimension que l'eslampe originale avec bordure, mais sans la date de 1516. Elle porte an haut une inscription sur deux lignes commençant ainsi:
cum $celeratt$ treputatu^ ei$t etc.
«t au bas la traduction en allemand:
€t ifi îïen Uebeltl)ctcttt gleid) getcdjnet etc. imprimée à Nuremberg par Hans Adam.
60 — 75. L'Apocalypse de St. Jean, suite de 16 pièces. (H. No. 1652).
On en trouve cinq différentes impressions.
a. Épreuves de premier tirage, sans texte au revers. Elles sont <}'une impression très-belle et très*nette.
b. L'édition allemande de 1498 avec le beau titre gravé sur bois: Die heimliche Offenbarung Johannis, et avec la signature suivante sur la dernière page: Gedruckt zu Nurnberg durch Albrecht Durer, maler, nach Christi geburt M.CCCC und <larnach in XCVIII iar. Le titre ne porte pas encore la com^ position gravée sur bois qui représente la Vierge avec l'enfant apparaissant à St. Jean (B. No. 60). Cette composition se présente pour la première fois dans l'édition latine de 1511.
c. L'édition latine de 1498 avec le beau titre gravé sur bois: ^,Apocalypsis cum figuris.'* Au revers de la feuille avec la Babylone la grande prostituée. No. 73, on trouve la souscription: Impressa Nurnberge p. Albertum .Durer pictorê. Anno •christiano millesimo quadrigintesimo nonagesimo octavo.
Albert Durer. 161
d. L'édition latine de 15tl, avec le même titre mais qui a pour la première fois la gravure sur bois de la Vierge apparaissant à St. Jean (B. No. 60). Au verso du No. 73 on Ut: fmpressa denuo Nu rn berge pAlbertumDurer pic tore m. Anno Christiano millesimo quingenlesimo vndecimo.
e, Impressions postérieures, sans texte aux revers et moins nettes que les précédentes.
76 — 95. La vie de la Vierge. Suite de vingt gravures. (H. No. 1692.)
Cette série a paru peu-à-peu et Durer semble y avoir été occupé de 1504 à 1510. Zani a eu parfaitement raison de remarquer que le millésime sur la réconciliati^^n de Joachim doit se lire 1504 et non 1509,\ puisque ce dernier chiffre a lancienne forme d'un lacet. Cette opinion devient une certitude si Ton considère que Marc Antoine a exécuté des copies de deux pièces de cette série, l'Annonciation et l'Adoration des rois, et qu'il les a datées de 1506.
On en trouve trois différentes éditions.
a. Épreuves de premier tirage, sans texte, d'une beauté et d'une netteté parfaite.
h. Édition de 1511, avec texte latin.
c. Épreuves, sans texte, des planches déjà très-usées.
98. La sainte famille. (H. No. 1804.) Cette gravure, pièce très-bien gravée et signée du monogramme d'Albert Durer et du millésime de 1526, s'éloigne tellement, dans certaines parties, du style du maître, surtout dans le dessin des têtes de St. Joseph et de la Vierge, qu'il pourrait y avoir quelque doute qu'elle appartient réellement à son œuvre. Peut-être le graveur sur bois y aura-t-il mjs quelque chose du sien.
104. Le St. Christophe aux oiseaux. (H. No. 1823.) D'après le directeur W. Schorn (Kunstblatt 1830, p. 96), les épreuves plus récentes portent en haut, à droite, la date de 1512; mais l'exed^laire de Berlin, rognée en haut de neuf lignes, a un faux trait de bordure . ce qui parait être aussi le cas avec la date.
105. St. Christophe. (H. No. 1827.) Dans le Musée Britannique on conserve une première épreuve de cette pièce, sans monogramme et sans la date de 1525.
1-06. S t C o 1 0 m a n. ( H. No. 1 828.) Dans la collection de Cobourg on en trouve une première épreuve avec la date de 15UB au haut, et au bas un petit poème en 93, vers sur trois colonnes, de Andréas Sliborio, et dont personne n'a faitmention jusqu'ici; ce poème commence: m. 1 1
162 Maîtres de Nuremberg de là première moitié du XVP. siècle.
Austrise sanctus canitur pdtronus
Fulgidum sidus rutilans ab arcto
Scoticae gentis Coiomannus sacer Regià proies etc.
et finissant:
Ulius semper mentis invêtus
Archidux noster piu« imperator
Austride clarum decus et nepotis Maximiliani.
Andreae Stiborio Theologo (Divi Colomanni Sacerdotis in Stokarau) transmissum.
Une notice de Mr. Boerner dg Nuremberg nous fait savoii* que cette gravure sur bois servait de titre à un poème de Jean Stabius dédié au martyr St. Coloman, patron de l'Autriche; et une lettre de Nicolas Kratzer, astronome et mathématicien distingué de Munich au service de Henri VIII, roi d'Angleterre, écrite de Londres à Albert Durer, affirme que la tête de St. Coloman est le portrait du poète Jean Stabius de Nuremberg, mort à Gratz en 1522. Il s'exprime en ces termes: „Je vous prie de vouloir m'envoyer le portrait de Stabig (Stabius) qui a été portraité dans la figure de St. Colman, gravure sur bois.^' En comparant la tète du Saint avec le buste en profil de Stabius sur un médaillon en fonte coulé en son honneur, on ne peut méconnaître une certaine ressemblance entre les deux, quoique le portrait en profil soit d'un caractère bien plus beau et plus grandiose que la tête du Saint. Le buste du médaillon, dont Albert Durer doit avoir fait le dessin ou le modèle, répond bien davantage à sa figure de Charlemagne dans la collection de Nuremberg et pour laquelle on croit qu'il se serait également servi de l'imposante figure de Stabius. La lettre originale de Nicolas Kratzer se trouve à présent dans la riche collection d'autographes de Mf, R. Weigel à Leipsic qui a eu la bonté de nous la' communiquer. 109. St. Etienne au milieu de deux saints évèques. (H. No. 2233.) Déjà Heller a rectifié l'erreur dans laquelle Bartsch est tombé, en constatant que cette pièce a été gravée par le maître au monogramme >^ 1514 d'après un dessin du maître |^, comme Bartsch, du reste, l'admet en la décrivant. Vol. VII. p. 452, No. 1 , dans l'œuvre de ce maître. Mais les monogrammes à droite et à gauche de la planche furent effacés plu&tard ce qui a occasionné Terreur que nous signalons. 111. St. George tuant le dragon. (H. No. 1832.) On en trouve une copie dans le sens de l'original et que l'on reconnaît en ce
Albert Durer, 165
que les jambages de \J^ . joignent le irait inférieur du contour de la pierre. H. 8 p. L. 5 p. 4 L
113. St. Jérôme dans une grotte. (H. No. 1S45.) Bartsch ' ne connaissait que Fépreuve avec le millésime de 1512. En contradiction à ce que dit.Heller, le directeur W. Schorn aflQrme que l'original ne porte point de date.
Selon Schorn, la principale différence qui existe entre les deux se trouve en ce que le brin d'herbe oif la racine qui pend du milieu de la grotte, touche le contour de la montagne près de la mer, tandis qu'il existe dans l'original un assez grand espace entre les deux. L'original doit être aussi un peu plus petit. D'après un examen attentif il semble néanmoins que l'opinion de Heller soit la p!us juste et que la date a été effacée et la racine pendante un peu raccourcie. II y en a des exemplaires qui n'ont point de texte au revers et qui, à en juger par leur beauté, paraissent être du premier tirage. Cette pièce a été employée plus tard, en 1514, par l'imprimeur Jérôme Hoeltzel de Nuremberg pour le livre intitulé: „Beschreibti des heyligen bisVihoffs Eusebij" etc., traduit du latin de Lazare Spengler. On la trouve également comme feuille volante dans la collection privée ju roi de Saxe à Dresde, sans date et d'une impression médiocre. Le brin d'herbe pendant, mentionné par Schorn, n'atteint pas ici le contour de la montagne. Au-dessus de la :gravure sur bois on lit: Sanctus Hieronymus Strydonensis Theologus; ensuite, à gauche, une inscription latine de 27 lignes commençant: „Hieronymus omnium Chris — " et finissant: „ — litas bac Erasmus.^' Vis-à-vis, à droite, une inscription en allemand de 18 lignes: „Anno 370, etlich setzen an" etc. Au-dessous de la gravure on Ut, à gauche, une pièce latine de 20 lignes et une autre allemande, du même nombre de vers, à droite. Tout-à-fait AVk bas: „Gedruckt zu NUrnberg durch Hans Glaser, Brieffmaler hinter j Sanct Lorentzen auff den Platz."
115. St. Jérôme, pièce ronde. (HelJer No. 1848.) Charles Kappes de Francfort s. M. a exécuté à l'eau forte, il y a quelques années, une copie excessivement trompeuse de cette rare gravure sur bois. La manière en est un peu plus sèche et la copie montre avec l'original plusieurs petites différences et dont nous ne mentionnerons que les suivantes pour servir à les distinguer. D'abord sur le côté*droit du livre ouvert, et au bas, on trouve dans la copie deux lignes formées de points, tandis que dans l'original ces lignes sont formées par deux traits distincts se
il*
164 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVF. siècle.
dirigeant yers le bas, ou bien ils manquent quelquefois complètement; ensuite en ce que l'original a deux traits de bordure qui ne se trouvent point dans la copie.
116. Huit Saints, patrons de TAutriche. (H. No. 1880.)' Le bois original ne contenait que six Saints, les deux derniers à droite, SS. Poppo et Otto, ont été ajoutés plus tard, ce dont on peut s'apercevoir facilement dans l'impression. Les épreuves du premier état sont très-belles et excessivement rares. Les premières épreuves de la seconde édition avec les huit Saints portent au haut l'inscription suivante: AD SANCTOS AVSTRIiE PATRONOS JOANNI STABII AV. PRECATIO, puis un poème latin composé de quarante lignes en trois colonnes commençant comme suit:
Aetherei proceres placido quos numine sentit
Austria patronos, et terminant:
Victor ubiqj potens: sit felix MAXIMILIANVS
Sospite namq^ illo sunt nobis omnia salua.
Heller dit qu'à la fin se trouve le millésime M.DXXVII, qui manque à l'exemplaire de Wolfegg.
.117. Le supplice des dix mille, martyrs. (H. No. 1881.) La planche existe encore puisque nous trouvons de nombreuses épreuves récentes de cette pièce.
118. Trois évéques debout. (H. No. 1874.) Ils représentent St. Udalric ayant à ses côtés St. Nicolas et St. Érasme. Brulliot, DicL L No. 1881, assigne ce numéro par erreur au lieu de 109 à l'estampe appartenant au maître |^.
119. Un Saint qui se mortifie. (H. N. 1866.) On trouve de cette pièce des exemplaires en clair-obscur, mais exécutés au moyen du pinceau.
121. La Madeleine transportée au ciel. (H. No. 1885.) Dans la collection de Cobourg on trouve une épreuve de ce morceau en clair-obscur, d'un ton brun-jaunâtre.
124. Le jugement universel. (H. No. 2051.) On ne peut comprendra que Bartsch ait attribué cette pièce à Albert Durer puisqu'elle a été évidemment dessinée par Hans Schaeuflein, comme Hauer l'a déjà fait observer. Les épreuves de la planche originale sont fort supérieures de dessin et *d'exécution à une copie très-commune où les hachures, sur le corps du Christ principalement, sont très-embrouillées. Une composition analogue où la Vierge et St. Jean Baptiste sont re-
Albert Durer. 165
présentés à mi-corps, est encore plus belle d'exécution, mais dans cette estampe le dessin est également de Hans SchaeuÛein. H.Sp.L. 5 p. 61. Liège.
129. La grande colonne. (H. No. 1916.) Cette rare gravure sur bois n'egt point composée de trois planches, comme Bartsch Taffîrmev mais de quatre feuilles in-fol. mesurant ensemble 58 p. 8 1. de hauteur en comptant depuis le bout des cornes du Satyre en haut jusqu'au dernier trait du terrain au bas. La deuxième .planche, au-dessus des deux petits génies, contient la base de la colonne avec trois têtes de bouc et le commcncemenl^ du fût avec deux harpies ou sirènes. La troisième planche contient le fût cannelé entouré d'une guirlande d'où pend une grappe de raisin. La quatrième planche montre le- chapiteau sur lequel est assis un Satyre et a déjà été décrite par Bartsch. Les épreuves de premier tirage, d'une exécution très-nette, sont sans date, ceux qui suivent portent le millésime 1517. La collection de Mr Cornill à Francfort s. M. possède une toute première épreuve de cette pièce et celle de Berlin deux exemplaires avec la date.
Les épreuves postérieures qui n'ont phis cette netteté, portent quelquesfois au bas l'inscription: „Gedriickt d'urch Hans Guldenmund, brieffmaler zu Nilrnberg." Cette indication se trouve sur l'exemplaire de la Collection de Munich.
On en trouve également des exemplaires d'une date encore postérieure; ceux d'abord où la planche avec le Satyre montre une fente qui, partant du côté droit, passe par l'ornement qui pend vers le bas, par le coin du couronnement et par la jointure de l'avant-bras pour terminer au contour de la main à droite. Cette partie du bois a été ensuite raccomodée au moyen d'une pièce de rapport, mais maladroitement, de manière à ce qne la Assure ne soit^lus visible ; mais la partie de l'ornement qui pend en bas est devenue irreguhère et le dessin de la jointure de l'avant-bras et de la main est très-mauvais. ^^)
130. La philosophie. (H. No. 2063.) Cette gravure sur bois, d'une taille un peu maigre, parait, à en juger d'après son exécution, appartenir aux premières œuvres d'Albert Durer. On la rencontre pour la première fois dans le livre intitulé: Conradi Celtis Protucii etc. quatuor libri amorum. 1502. Noribergae, in-4® et ensuite dans
32) Le dessin original à la plume, coloriéMégérement d'une manière ravissante par le maître lui-même et sur un fond noir, se trouve dans le Musée Britannique; cependant il y manque la partie inférieure avec les deux petits génies.
166 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVI®. siècle.
un autre ouvrage: Guntheri Liguorini Poetae clarissimi de ^eslis diui Frederici, libri decem. Augsboùrg 1507. In-fol.
Dans le premier de ers deux ouvrages, avec un titre richement orné et gravé sur bois, il se trouve encore onze gravures sur bois dont deux seulement la Philosophie et Celtes qui présente son livre à l'empereur Maximilien (No. 221), sont décidemment exécutées d'après les dessins d'Albert Durer. Le St. Sébalde paraît être l'imitation d'une autre gravure de ce Saint debout sur une colonne (No. 187), mais mal gravée. On attribue souvent à Durer la composition de l'Apollon poursuivant* Daphné (H. No. 2058), mais à laquelle il n'a pas eu plus de part qua celle de l'Apollon sur le Parnasse (No. 272, Heller p. 788) dans le second de ces ouvrages. ^) Heller nous donne d'amples détails sur ces deux livres dans sa vie de Durer pp. 787, 792 et 1018.
132. La Mort et le soldat. (H. No. 1901.) Cette estampe -a été publiée con^me feuille volante et porte l'inscription:
Keyn ding hilfft fur den zeitling todt, Darumb dienent got frewe und spot.
Au bas un poème de 38 distiques commençant: Das mOg wir ail wol erspehen Das bald vmb ain mensch ist gschehen etc. Heller nous donne le poème en entier.
133. Un maître d'école enseignant à quelques jeunes gens les principes de la morale chrétienne. (H. No. 1900.) Cette pièce a auési été publiée comme feuille volante avec l'inscription suivante au bas:
Wer recht bescheyden wol werden Der pit gôt trum hye auff erden.
Et au-dessous un poème de 32 distiques commençant: Welcher nit von meiner 1er weicht Dem wtirt sein hertz, mut und syn leichtetc. Heller le donne également en entier.
Une édition postérieure offre un texte différent et plus court. 135. Un homme et une jeune femme qui s'embrassent. (H. No. 1898.) Cette pièce ronde se trouve quelquefois, dan^ des im-
33) Conrad Celtes a donné, par écrit, l'esquisse des sujets au dessinateur de ces gravures sur bois et deux de ces esquisses se conservent encore à la Bibliothèque de Wurzbourg dans un Ms. de Hartmann Schedel de Nuremberg. Voyez la description qu'en donne le Dr. A. Ruland dans les Archives de Naumann IL p. 254.
Albert Durer. 167
pressions postérieures, accompagnée d'un édit contj*e les agaceries. Cette pièce badine commence: /
„Wir die allergewaltigs^tèn vnd berumbtesten Herrn
Rath vnd Burger der vnfletigen Gerichte von Orient
biss zu Niedergang der Sonnen" etc.
eC termine ainsi:
„Geben in vnser Stad JNarrago In Ciribiria gelegen
auf dem Schnaderl)erg" etc.
et au-dessous de la gravure:
Wer peen vnd straf wil vermeyden Der vexier mich nit, yck kans nitt leiden. Cette feuille volante, in-folio, se trouve dans la collection de Berlin. 136. Le Rhinocéros. (H. No. 1904.) On trouve plusieurs éditions de cette pièce, sans que Ton ait cependant jusqu'ici fait connaître avec exactitude quelle en a été la première. Nous avons pour cela un point de départ assez satisfaisant ; la planche en bois ayant montré plus tard une fente qui partant des poils de la queue s'étendit ensuite à travers les jambes de derrière jusqu'au museau de la béte. Les premières épreuves ne portent encore aucune trace de cette fente, pendant que dans les suivantes ^ elle gagne de plus en plus en longueur. Une autre indication moins sure nous est fournie par le différent style de l'inscription supérieure, en lettres mobiles; la première se rapproche beaucoup de celle qu'Albert Durer a écrite sur son dessin original, tandis que les inscriptions postérieures sont d'une phraséologie allemande meilleure, mais non dans tous les cas, puisque des épreuves anciennes, sans la iente, ont également l'inscription améliorée. Nous devons par conséquent considérer les épreuves où la fente n'est pas encore visible et où l'orthographe de l'inscription est encore fautive, comme les premières* épreuves. Bartsch et Helier n'ont point remarqué cette circonstance et ils ont^ par conséquent, pris des épreuves postérieures pour celles de premier tirage. Il se pourrait donc faire que l'épreuve de Berhn, qui dans le Kunstblatt de 1830, p. 104 a été désignée comme la première, fut réellement un exemplaire d'un second ét^t jusqu'ici non décrit puisque l'orthographe de l'inscription n'est point fautive mais corrigée comme dans celle que nous devons considérer comme appar- *tenant à un état postérieur. C'est ainsi que le mot geburt est écrit avec im b et non un p, comme dans le premier éta(.
Dans les états décrits par Helier et par Bartsch on recoqnait dans l^inscription les différences suivantes.
168 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
Dans rinscription de cinq lignes: gepurt ... fast ... nydertrechtiger von paynen . . . Das dosig Thier . . . pauch.
bans celle de 5 V2 lignes : geburt . . . sehr . . . niderîchter von baynen . . . Das da ein sieg thicr . . . bauch.
D'après l'indication de la fente noua rangerons les états qui nous sont connus comme suit:
a. Avec cinq lignes d'inscription au haut, impression nette et trèsclaire avec aucun indice de la fente.
b. Avec cinq lignes, mais dont la dernière n'est point tout-à-fait entière. La. fente encore très-courte."
c. Avec cinq lignes et demie; la pièce un peu plus forte de ton et moins nette d'impression. La fente est encore courte mais très-visible.
d. Avec cinq lignes entières commençant: tlaé^ Cl)rtôtu« gepurt 1513, et terminant: fragïrig tïnïr iiflig feg. La fente traverse déjà les jambes antérieures.
e. Publiée par H. Hondius avec une inscription hollanclaise : Int jaer ons Heernl5l5 etc. La fente s'étend jusqu'à la troisième jambe du rhinocéros et la planche semble avoir été restaurée.
f. Épreuve de deux planches en clair -obscur, la fente traverse l'épreuve entière jusqu'au museau de la béte.
Le dessin original du Rhinocéros par Albert Durer est conservé dans un cadre et sous verre au Musée Britannique. L'animal est tourné vers la gauche au lieu que dans la gravure sur bois il est tourné vers la droite. Au-dessus on lit l'inscription: RHINOCERON. 1515. et au bas, de la main de Durer lui-même: „im 1513^*^" adi 1 Maij bat man vnserm Kilng von portigall gen Lisabon pracht ein solch lebendig tir aus India, das nent man Rhynoceron, das hab ich dir von wunder wegen ' musen abkonterfet schicken , hat ein farb wy ein krot vnd von dicke schaln vberlin f^st fest. vnd ist so grod aïs ein hilfant aber nydrer vnd ist des hilfants tott feint vnd hat forn off der nasen^ein stark scharbiT horn vnd so das tir an hilfant komt mit im zu fechten, so hat es for alweg sin horn an den steinen scharbff gewetzt vnd lauft dem hilfant mit dem kopf zwischen dy fordyrn pein, dan rist er-den hilfant auff wo er am dOnste haut hat vnd erwttrgt in also* der hilfant furcht jn ser vbell den Rhinoceron, den er erwttrgt allenwo er den hilfant ankumt, dan er ist woll gewapint vnd ser friedig vnd behent dz er wert Rhinocero jn greco et latino Indico vero gênent (?)."
137. Le siège d'une ville. (H. No. 1903.) Deux feuilles marquées du monogramme et de la date de 1527. Ruraohr, dans son
Albert Durer. 169
ouvrage intitulé: „Zur Geschichte und Théorie der Holzschneidekunst^S déclare que cette pièce a été exécutée, vers 1540, pour une boutique de libraire à Nuremberg, opinion que nous ne saurions partager puisque la composition est très-riche de fantaisie et que la manière rappelle celle de Durer. Tout en observant que cette pièce dune exécution médiocre a été souvent Tobjet de louanges exagérées, nous ne saurions cependant l'attribuer à un élève du mattre.
138. L'arc triomphal de l'empereur Maximilien ï. (H. No. 1915.) Bartsch et Heller ne connaissent de cette pièce que deux éditions anciennes et une récente dont Bartsch lui'- même a été chargé en 1799. On trouve néanmoins qu'il y a eu quelques autres impressions que les deux anciennes mentionnées par Bartsch et qui leur sont antérieures; l'on rencontre même, imprimées à part, quelques incidents de la vie de l'empereur et qui se rapportent aux arcs delà louange et de la noblesse, avec des inscriptions latines. Deux de ces gravures, la rencontre des souverains et la réception à Milan, ont été tirées sur des planches qui montrent des fissures et qui, étant d'un mauvais bois, n'ont plus été employées depuis, comme nous le fait connaître Mr. Henri Glax dans sa „ Dissertation sur les quatre éditions des sujets historiques de l'arc, triomphal de l'empereur Maximilien I., d'Albert Durer etc." Vienne 1848, in-4°, d'après plusieurs épreuves en sa possession et dans celle du Dr. Klugkist de Brème. Cet écrivain est même d'opinion que l'empereur Maximilien avait l'intention de faire paraître une édition de l'arc triomphal avec des inscriptions latines et qu'il avait confié la traduction du texte allemand de Stabius à Benoit Chelidonius, surnommé Musophilus, d'abord religieux profès dans le cloître de St. Égide à Nuremberg et, depuis 1515, abbé de la prébende des bénédictins „zu den Schotten" à Vienne, où il mourut en 1521. Denis, dans son „Histoire de l'imprimerie" p. 199, cite de lui à ce sujet un passage où, parlant des victoires de l'empereur, il dit: „quos Joannes Stabius majestatis tuae historiens ea in ^randem que triumphalem nuncupat arcum collegit. Cujus nos commentarin ex Germano in Latinû jussu tuo vertimus.^^ Le môme auteur à page 202, en énumérânt les ouvrages de Chelidonius, ajoute qu'à ces ouvrages appartient encore la traduction de l'Arc de triomphe de Stabius qui, à ce qu'il parait, est resté en manuscrit, n est, du reste, connu que l'empereur n'a point vécu pour voir l'impression de l'Arc triomphal, puisque dans l'édition de premier tirage de 22 planches qui se conserve dans la Collection Albertine, on trouve au-
170 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
dessons du titre TimpressioD d'une planche sur bois, représentant l'empereur étendu mort sur un catafalque au milieu d'une salle ornée de colonnes.
D'après une communicatioii du directeur Thiele auKunstblatt 1853, p. 178, on conserverait à Copenhague deux exemplaires de premier de tous les tirages, avec des corrections collées sur les pages, ce qui probablement aura été fait encore du vivant de l'empereur. Après sa mort l'impression en aura été vraisemblablement interrompue pour être reprise en 1544, puisque dans l'exemplaire, dit de premier tirage, à Stockholm, d'après une communication du comte Alexandre Bielke au Kunstblatt 1 853, p. 1 5, on trouve, écrite en encre au revers de la première feuille, une notice, en allemand, indiquant que le nombre de feuilles est au complet et qu'elles doivent être réunies; ainsi, diaprés cette ancienne inscription dont l'authenticité ne semble point laisser de doute, il paraîtrait que l'édition en question est antérieure de 15 ans aux exemplaires connus qui portent la date de 1559.
On trouve encore un exemplaire de 24 planches seulement, d'une bonne impression ancienne avec des inscriptions taillées sur bois et portant le titre suivant: „Des aller Durchlauchtigsten Grossmechtigsten FUrsten und Herrn, Herrn Maximilians, ROmigchen Kaysers, sieben christlicher Kûnigreich K>anig und Ërtzhertzog zu Osterreich etc. Zu lob und Ewigen gedabhtniss seiner Ehriichen Regierung^ Schlachten und Ritterlichen Thaten.^^ Suit l'aigle impériale entourée d'une couronne de laurier et au bas : „Gedruckt zu Wien in Osterreich bey Raphaël Hofhalter.** In-fol. (Voyez R. Weigel, Kunstcatalog No. 12861 où l'on trouve encore la description de chaque pièce séparément.) Comme R. HoffhaUer est le même éditeur qui a publié l'exemplaire au complet de 1559, il est à présumer que celui dont nous venons de parler n'est qu'un fragment de la publication postérieure.
D'après ce que nous venons de dire, il sera très-difficile de parvenir à un résultat satisfaisant sur les différentes éditions de l'Arc triomphal. On ne pourrait l'atteindre qu'en comparant soigneuse* ment les exemplaires qui nous en restent, ce qui, à raison de leur rareté et de leur dispersion dans des lieux très -éloignés les uns des autres, rendrait cette tâche excessivement pénible.
139. Le Char trit)mphal de l'empereur Maximilien I. (H. No. 1912.) Il a été exécuté par le célèbre graveur sur bois Hieronymus de Nuremberg. Rartsch et Heller ne décrivent que trois éditions.
1*" édition, de 1522, sans privilège.
2"" édition, également de 1522, „cum gratia et privilegio Caesareœ
Albert Durer. 171
Majestatis^S inconnue à Bartsch et Heller. Elle contient, comme la première, des explications en allemand. La date sur quelques planches est en toutes lettres, sur d autres en chiffres seulement. Le privilège se trouve après la conclusion.
3^ édition, de 1523, avec des explications latines, elle est donnée comme la seconde par Bartsch et Heller.
4* édition, de 1589; c'est la derniè.re qui ait été tirée sur les planches originales..
La 4* édition de Heller, de 1609, qui a paru à Amsterdam, est une copie, exécutée très-probahlement par Cornélius Liefrinck, puisque sa veuve la publia en 1545, accompagnée d'explications latines, comme dans la quatrième édition originale de Jacques Kinig (Chinig). On lit sur le dernier feuillet: „Impressus est currus iste Antverpise per Viduam Cornel. Liefrinck. Anno 1545.'* Voyez à ce sujet la notice du, directeur Schorn, Kunstblatt 1830, pp. 104 et 108.
On trouve encore une copie du Char de triomphe, avec la date de 1529, exécutée par Hans Guldenmundt, qui ne se trouve que trèsrarement et par rapport à laquelle un procès s'éleva entre ce graveur et la veuve d'Albert Durer qui considérait cette publication comme une infraction à son privilège. Le conseil de Nuremberg rendit à ce sujet le décret suivant:
„Hansen Guldenmund soH man verpieten Albrechten Durers Wittib Ires hausv^^irts gemachten Triumpfwagen nicht nachzumachen. Doch soll man der Durerin rathen , ob sie des Guldenmunds gemachte form umb 10 fl. zu sich bringen mocht, so wollt ein rath zu ir gtinstigen willen den halbtheil daran geben. Act. Samstag 4 May 1532.
Math. Loffelholtz. J. von Tucher."
(Voyez: No ri s, Eine wochenschrift zu Scherz und Ernst etc. 1833, p. 8. Notice communiquée par J. A. Boerner de Nuremberg.)
140—145. Six ronds avec dessins de broderies en blanc sur foMid noir. (H. No. 1926^— 1932. ) Les pièces de la première édition sont très-belles d'impression et n'ont point encore le monogramme de Durer, qui ne se voit que sur quatre feuilles d'une édition postérieure.
BruUiot, dans sa „Table générale des monogrammes," Munich 1820, croit avoir trouvé dans le cabinet de cette ville une septième planche appartenant à cette suite, mais par la description et la mesure qu'il en donne on peut se convaincre que c'est la même pièce décrite un peu confusément par Bartsch sous le No. 143. Nous pouvons en-
1 72 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
core moins partager l'opinion de cet écrivain, pour laquelle il n'y a pas de fondement, que la série se compose de huit planches ^*), puisqu'elle est en contradiction avec Tassertion même de Durer qui, dans le journal de son voyage aux Pays-Bas, mentionne avoir envoyé au maître Glasser „les six dédales (Knoten) en présentas par lesquels il entendait san^ doute les six pièces que nous mentionnons. (Voyez Campe, Reliquien von A. Dtirer, p. 113.)
150—152. Trois dessins du globe céleste. (H, No. 1923 — 19'25.) Il n'y en a réellement que deux, les Nos. 150 et 152 étant les mêmes, mais de diverses éditions, avec des bordures et des inscriptions différentes. Les premières éditions ont une^inscription en grosses lettres. 152. Imagines cœli meridonalis (H. No. 1925), avec la dédicace au cardinal coadjuteur de Salsbourg et trois écussons à la gauche du bas, à savoir celui de Johannes Stabius, de Conrad Heinvogel et celui d'Albert Durer. Le premier en avait ordonné la disposition générale, le second avait indiqué l'astérisme et Durer en avait fait le dessin. C'est la première publication du No. qui suit 150. Hemisphaeriura australe çH.No. 1923) dont nous avons des épreuves anciennes et récentes et qui a paru plus tard. Les premières épreuves de la seconde édition sont encore assez nettes d'impression et ont des médaillons ajoutés dans les coins, dont celui do haut, à gauthe, contient le portrait d'Albert Durer en pro61 à l'âge de 56 ans; vis-à-vis on trouve ses armoiries et au bas les deux autres. Dans les éditions postérfeures de la planche assez usée, le cercle du globe céleste est tourné de manière à ce que la constellation de la Couronne se voit au bas, tandis qu'elle se trouve à gauche dans les impressions antécédentes; il en est de même pour les médaillons, puisque le portrait de Durer est placé en bas à gauche et ses armoiries à droite. On en trouve enfin des épreuves sans ornement
34) R. Weigel mentionne dans son „Kunstcatalog", sous \e No. 19432, trois gravures sur bois représentant des ,,Labyrinthes" qui se trouvent dans l'ouvrage de Joan. Stabius „Descriptio quatuor Labyrinthorum" et qu'il croit pouvoir attribuer à Albert Durer. Le premier est triangulaire, le second circulaire et le troisième ^ carré avec des figures dans le milieu. " Entre celles-ci on distingue un homme, avec un compas et une boule, assis près d'une femme. L'exemplaire que Mr. Weigel avait devant les yeux n'était que de feuilles in-4°; une troisième feuille aura probablement contenu le quatrième labyrinthe. Nagler, dans son ouvrage „Die Monogrammisten^', p. 202, exprime l'opinion qu'Albert Durer a pu être induit par Stabius à exécuter les quatre labyrinthes mentionnés en même temps que les six autres disques; ce que nous croyons devoir mentionner ici, sans autre observation.
Albert Durer. 173
'de bordure et où la marque de Durer se trouve au-dessous de la constellation duPiscisnothus.
151. Imagines cœli septentrionalis. (H. No. 1924.) On trouve également de cette planche des épreuves postérieures qui ont au bas la marque de Durer et qui montrent les traces de nombreuses piqûres de vers.
153. L'empereur Maximilien I. Buste avec une riche bordure et Tannée 1519. (H. No. 1949.) Les premières épreuves ne portent point encore la signature de Durer. La place où elle parait dans les imjpressions postérieures est couverte de tailles horizontales et on voit au bas un trait de bordure. La planche parvint en possession du comte d'Arundel, en 1623, et on en a tiré depuis un grand nombre d'impressions.
154. L'empereur Maximilien L (H. No. 1950.) L'original de cette pièce, d'une taille fine et belle, se distingue facilement de la copie assez commune en ce que le premier A. du mot Caesar dans l'iQscription supérieure est contourné par le C de la manière suivante ><-y r* ^ H. 15 p. 8 I. L. 12 p. Collection Albertine a Vienne, ^ Bedin, Cornill d'Orvilte à Francfort s. M. KUnt^el dç Berlin en a donné un làcsimile lithographie.
Un autre exemplaire à Bamberg, non rogné, a une bordure extérieure de 4 traits et une intérieure de 2 traits. H. 19 p. 81 L. 16 p.
155. Ulrich Varnbuler. (H. No. 1952.) Les premières im pressions de cette belle gravure sur bois sont tirées seulement çn noir et ne montrent encore aucune trace de la fissure qui d'en bas, à gauche, arrive jusqu'à la garniture du vêtement dans les épreuves postérieures. Les épreuves en clair-obscur de trois planches montrent cette fissure, mais à peine.jisible. Le bois iiarvint ensuite (?) en Hollande où on en tira de nouveau des épreuves en noir. Elles portent l'inscription suivante, imprimée avec des caractères mobiles : „Men vintse te coope Ijy Hendrick Hondius, Plaetsnyder in's Gravenhage. On en trouve également des épreuves en clair-obscur avec l'adresse: „Chedruck t'AmsIerdam by Willem Janssen in de vergulde Sonnenwyser," d'autres avec: „Gedruckt tôt Amsterdam by Willem Janssen in de vergulde Sonnewyser."
156. Albert Durer. (H. No. 1953.) Heller, en décrivant la copie de Andréa Andreani, est tombé dans une erreur» puisque le monogramme du graveur Jé^^" se trouve à la gauche du bas et non à la droite du haut où Ton voit celui de Durer gravé ainsi Jb^-
174 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
157. Jean, Baron de Sch warzenberg. (H. Np. 2178.) Ce portrait se trouve comme titre dans divers écrits de Schwarzenberg, entre autres dans son „ ïeutsche Cicero " que Henri Steiner d'Augsbourg a , commencé à imprimer en 1531. U est donc évident q«'il n*a pu être gravé d'après un dessin de Durer sur la planche de bois, mais d'après un dessin du maître et d'une manièiie très -libre. Le graveur qui se signe sur cette pièce avec le monogramme ^ est communément désigné comme Joseph Nicolas Boldrini, mais celui-ci avait coutume de se signer Nie. bol. inc. ou Nich° B. V. T. et avait une manière de graver bien supérieure à celle que, nous offre Ja pièce actuelle. A tout événement, on trouve des sujets gravés d'après le Titien et signés du même monogramme qui, bien qu'elles soient exécutées avec plus de force que le portrait de Schwarzenberg, sont néanmoins inférieures aux gravures de Boldrini. Ces considérations donnent quelque force à l'opinion de Heller, dans sa vie d'Albert Durer, que l'enlumineur Joannes Bechtholt, de Nuremberg, qui a colorié une suite de la passion de Durer en la signant de ce même monogramme, est l'auteur de la pièce qui nous occupe. Il devait encore vivre en 1584.
158. Cinq écussons des armoiries imp^riaIes. (H. No. 2118.) Les premières épreuves, sans date et sans le monogramme de Durer, se trouvent dans le livre xylographique intitulé: „Das pue h der himlischen Offenbarung der heiligen Wittiben Birgitte von dem Kunigreich Schweden. Nurnberg, durch Anthonien Koberger 1502.'^ In-fol. Au verso de la même feuille, on trouve les armoiries de Florian Waldauff auxquelles nous reviendrons plus tard, ainsi que sur la gravure sur bois représentant des sujets de Ste. Brigitte. Les écussons sont mal gravés, mais nous partageons l'opinion de Bartsch qui en attribue le dessin à. Durer.
159. Les armoiries de la familfe deBehem. (H. No. 1937.)* Au revers du bois de cette gravure on trouve le billet de Durer à Michel Bebaim, que nous avons déjà mentionné dans la partie historique de notre ouvrage. On en trouve deux états.
a. La partie supérieure montre une bande enroulée, à fond noir, destinée à recevoir une inscription.
b. La partie supérieure est entièrement blanche, comme l'espace vide au-dessous de Fécusson et qui, dans des épreuves postérieures, porte probablement une inscription en caractères mobiles..
162. Les armoiries de la ville de Nuremberg, 1521. (H. N. 1942.) Les trois écussons sont soutenus par deux génies et
Albert Durer. 175
non par trois, comme Tindique Bartsch par erreur. Les premières impressions se trouvent dans le livre intitulé: „Re formation der Stadt Nurnberg." Les épreuves postérieures portent au revers un lexte allemand de/26 lignes commençant: „V, Dietrich" etc. et terminés par „Vitus Dieterich, Prediger inn der Sebalder Pfarkircb."
163. Leè armoiries de Hector Pômer. (H. No. 2140.) La signature en bas, à gauche, n'est pas correctement donnée par Bartsch, elle est comme suit: R. A 1521 (ou 1525). L'initiale R indique probablement le graveur sur bois Wolfgang Resch. La planché a appartenu au Dr. F. Campe à Nuremberg qui en fit tirer des épreuves à Foccasion de la fête de Durer en 1840. Ces armoiries se trouvent presque toujours collées à rintérieur de la couverture des Hvres provenant de la bibliothèque de H. Pomer.
164. Les armoiries de Scheurl et de Geuder. (H. p. 737. 3.) La planche de cette gravure a éprouvé plusieurs changements et contenait d abord fes armoiries de Albert V. von Scheurl et de Anne Zinglin. . D'après l'assertion de Heller, No. 1943, les deux écussons sont adossés l'un à l'autre, celui de gauche portant un griffon rampant à cornes de taureau et sans ailes qui sont les armoiries d'Albert de Scheurl, né en 1482, mort 1531. Le second au pal aiguisé, accompagné de deux demi-vols, qui sont les armoiries de sa femme, Anne Zinglin, morte en 1557 et qu'il épousa en 1513. Le heaume a pour cimier un demi-griffon. Au bas un petit génie tient une tablette carrée sur laquelle on lit:
Si bona suscepimus de manu Dni etc.
Le sujet est renfermé dans une rose gothique entourée d'une couronne de laurier. Dans les quatre incisions des feuilles de la rose on trouve d'autres petits écussons. En haut, à gauche, celui des armoiries du père d'Albert Christophe Scheurl; vis-à-vis à droite des armoiries inconnues, un fer à' cheval entre deux roses. En bas, à gauche, les armoiries de sa mère Hélène Tucher et vis-à-vis celles de sa grand' mère maternelle, Pfinzing, mi-parti sable et argent.
Une autre épreuve, avec les mêmes écussons accompagnés d'inscriptions, porte au bas l'inscription suivante en onze lignes: „Albertus Scheurlus Christophorii Scheuerlii ex Helena Teucherina aller filius etc.',' et la tablette, soutenue par le génie, ne porte pas, comme dans l'exemplaire déjà décrit, l'inscription: „Si bona etc.", mais celle qui commence: „Qui bona prïcipia a Dno cur dura recusem?" et
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termine: „in orbe sacrum." Sur la page opposée du livre on lit: „EPITAPHIVM ALBERTI SCHEVRLI." puis 22 vers latins, commençant:
Si miseriim est procul a patria, agnatis et amicis Exilii longas sustinuisse moras etc.
et la signature: „Sebaldus Heyden fa ci ébat." Collection de Bamberg.
Plus tard celte gravure fut imprimée de nouveau pour le livre que Christophe II. publia en mémoire de son frère Albert, mort en 1531 ' en prison. Sur la feuille et au-dessus des armoiries on lit: „Psalm. XXVI. Dominus illuminatio mea etc.; à gauche et à côté des lambrequins sont gravés trois noms : „Anna Scheuerlin nascitur 2. Dec. 1523. Helena Scheuerlin gemella 3. Dec. 1524.- Ursula S. n. 18. Septemb. 1529." A droite: „Albertus Scheuerhn nasc. 3. Febr. 1525. Barbara Sch. nasc. 3. April 1528.' Sibylla Sch. nasc. 2. Mars 1531." Au-dessous des armoiries se trouve encore une longue inscription latine relative à Albert Scheuerlin et que Heller' donne au long. H. 6 p. L. 5 p. 2 1. sans le texte. Berlin.
La planche a souffert des changements très-essentiels quand on enleva plusieurs des écussons darmoiries pour en substituer d'autres, entre autres le grand écusson à gauche de Geuder von Heroltsberg qui est au. triangle chargé d'une étoile à chaque pointe. D'après Knorr, p. 89, les quatre petits écussons portent les armoiries des, Scheurl, Tucher, Futterer et Behaim. La tablette est vide. Ces écussons réunis se réfèrent à Christophe IIL, né en 1535, mort en 1592, et dont la femme était Sabina Geuder, la grand' mère Hélène Tucher, la mère Catherine Ftttterer et la grand' mère maternelle Ursule Behaim.
Dans l'exemplaire décrit par Bartsch sous le No. 164 trois des petits écussons manquent. Mais la planche avec deux des écussons substitués (manquant seulement de celui des Tucher en haut, à droite) existe encore et se trouve en possession de Mr. Cornill de Francfort s. M. qui, après y avoir fait remettre les armoiries des Futterer et Behaim, en a fait tirer quelques épreuves très-satisfaisantes.
168. Les armoiries de Laurent Staiber. (H. No. 1946.) Cette gravure a été exécutée au moyen de la planche du No. 167, excepté le changement du lion couronné et deux étendards sortant de la couronne, fait au moyen d'un bois ajouté. On aperçoit encore clairement des traces du billet qui se trouvait à la même place
Albert Durer. 177
sur la planche primitive et dont le cordon e$t tout-à-fait visible sous la couronae.
Additions aux gravures sur bois d'Albert Durer.
Nous avons ajouté ici un certain nombre de gravures sur bois que nous considérons comme ayant été exécutées d'après les dessins de Durer aussi bien que celles dont nous venons de parler. Bartsch .en a déjà décrites quelques-unes dans l'Appendice à Toeuvre du maître, Heller y en a ajouté plusieurs et un certain nombre d'entre elles est resté inconnu à tous les deux. Nous avons cru devoir continuer la numération en partant du dernier chiffre dans le catalogue de Bartsch et en y ajoutant au besoin celui de l'Appendice du -même auteur ainsi que le numéro de Heller.
171. L'annonciation. (H. No. 1966?) La Vierge, vue ûe face, est assise, tournée vers la droite et les mains croisées sur la poitrine. A gauche est agenouillé l'ange, vu de profil, tenant un sceptre et une banderole vide. Le St. Esprit entre par une fenêtre ronde. Gravure médiocre destinée à un livre et attribuée à Albert Durer. H. 3 p. 11 1. L. 2 p. 9 1. Stuttgart.
172. La nativité. La Vierge est agenouillée à droite et tournée vers la gauche, adorant l'enfant couché sur le pan de son manteau. A gauche, St. Joseph avec une lanterne. Derrière la Vierge on aperçoit les tètes du bœuf et de l'âne. Dans le fond l'annonciation à un berger. Belle pièce finement taillée.. H. 2 p. 3 1. L. 1 p. 10 1. Cobourg.
173. Même sujet avec l'a do ration des roi s. (B. App. No. 3. H. No. 1967.) H. 2 p. 4 1. L. 9 p. 10 1. dans les dimensions d'une frise.
L'original de cette pièce est d'une exécution belle et fine et la composition est absolument dans le goût de Durer, malgré le jet des draperies tenu un peu large et qui rappelle la banière de Hans von Kulmbach auquel on l'attribue même quelquefois. Le monogramme de cet artiste sur ses tableaux et ses dessins est JJ^ ou J^ que l'on n'a jamais cependant trouvé sur des gravui*es sur bois, ce qui ferait douter qu'il eut réellement préparé des dessins pour ce genre. Cette belle composition a été utilisée dans diverses copies. ^
Copie A. Elle est imprimée en tête d'un calendrier de 1513 et porte, à droite, l'initiale F. La gravure est médiocre. Au-dessous du in. ^ 12
178 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
calendrier, composé d£ deux feuilles, une autre gravure sur bois nous montre la figure d*un cavalier armé de toutes pièces qui ^dirige son épée contre l'Amour qui lui est présenté par une femme. Sur la housse du cheval on voit la marque o^^;^^o En haut, la lune éclairée à demi, entre deux poissons. On lit au bas: 1513, gedruckt zu NUrnberg durch Wolffgang Huber. In-fol. obi. Berlin.
Copie B. Le trait de bordure inférieui* passe par le pied gauche du roi nègre. La planche de la même largeur que Toriginal n*a que 2 p. 2 1. de hauteur.
Copie C. Reproduction médiocre sans bordure. H. 3 p. li. 10 p. 7 1.
Copie D. Encore plus mauvaise de taille, également sans bordure. Les rayons de l'étoile sont un peu contournés. H. 2 p. 1 1 1. L. 1 0 p. 5 1.
174. Jésus Christ présenté au peuple; demi-figures. (H. No. 1626.) La belle planche originale était inconnue à Bartsch puisqu'il ne décrit que la copie en contrepartie. (B. App. No. 5.) L'original, dans lequel on voit le bourreau à gauche et Pilate à droite, est imprimé en noir et porte au-dessus la tète de ce dernier le millésime 1521, mais non le monogramme de Durer. H. 12 p. 2 1. L. 9 p. 3 1. Cobourg. Bamberg, imprimé sur parchemin.
175. Le Christ en croix. La Vierge est à gauche, les mains jointes, un peu élevées, St. Jean à droite, les bras pendants et les mains l'une dans l'autre. Dans le milieu du fond des buissons et quelques arbres. Au pied de la-croix un crâne et un os. Sans signature. Pièce largement traitée. H. 11 p. 1 L L. 7 p. It 1. Beriin.
Copie avec le soleil au-dessus de la tète de la Vierge et la lune au-dessus de celle de St. Jean. H. 10 p. 8 1. L. 7 p. 8 I. Dans la collection des épreuves tirées* des bois de Derschau, la feuille D. 4 parait être la même reproduction mais rognée, puisque les pieds du St. Jean manquent. Voyez aussi Heller Nos. 1974 et 1975 où il mentionne une épreuve contenant le Christ seul et qui \paralt avoir été tirée de la planche mutilée.
176. La déposition de croix. Le corps du Sauveur est descendu de la croix par un homme monté sur une échelle et au moyen d'un drap attaché à la poitrine de celui-ci. Le corps est reçu dans les bras de la Vierge agenouillée à gauche. Sans marque. Belle pièce. H. 8 p. 10 1. L. 5 p. 6 1. Berlin.
177. La Vierge avec l'enfant Jésus emmailloté. (H. No. 1808.) Elle est assise sur un tertre peu élevé et baisse la tète vers l'enfant emmailloté qu'elle tient devant elle. Deux anges, planant
Albert Durer. 179
au-dessus, lui tiennent une couronne sur la tète. Fond de paysage et bordure composée d'un triple trait. Pièce ronde, non signée, de 3 p. 6 L de diamètre. Quelquefois cette gravure se trouve accompagnée, au revers, d'une composition avec sujets de la vie de la Vierge en 13 compartiments (B. App. No. 9. H. No. 1 985.) et on trouve alors, au-dessous de la bordure, un petit paysage rocailleux qui n'est point circonscrit vers le haut. La copie en contrepartie a quatre traits de bordure. Le tertre est visible à droite au lieu de l'être à gauche, et la pièce porte le monogramme de Durer. 3 p^ 8 1. de diamètre.
178. La sainte famille avec la Vierge agenouillée, (B. App. No. 10. H. No. 1986.)' Celte bonne pièce oi^iginale, qui porte la date de 1519 sur la pierre à gauche, est tellement dans le style de Durer, quant au caractère et à la composition, que nous n'hésitons point à lui en attribuer le dessin.
Il y a trois différentes épreuves de la copie décrite .par Heller et Bartsch. Les premières, imprimées en noir, ne portent point de marque. Les anciennes épreuves postérieures ont au haut l'inscription : SANCTA . ANNA, et au bas l'adresse de Hans Glaser, Briefmaler à Nuremberg.
Deuxièmes épreuves. En clair-obscur; elles portent sur la pierre le monogramme de Durer en blanc sur fond de couleur.
Les troisièmes épreuves, seulement en noir, montrent sur la pierre le monogramme de Durer nouvellement gravé, puisque la taille et l'impression en est plus vive et plus nette que ne l'est le reste de la gravure.
179. La Vierge avec une Sainte: (B. App. No. 12. H. No. 1994.) Elle est assise au milieu tenant sur les genoux l'enfant Jésus qui est tourné à droite où la Madeleine l'adore. A gauche et debout. St. Joseph tenant son chapeau. Tètes avec des auréoles de rayons. Belle pièce, sans signature. H. 2 p. 11 l. L. 2 p. 1 1. Gotha et Berlin.
Cette gravure se trouve souvent entourée d'une bordure de fleurs de 4 p. 9 1. de hauteur sur 3 p. 3 1. de largeur.
180. La Ste. Vierge aux Chartreux. (H. No. 2005.) La Vierge couronnée tient l'enfant du bras droit et de la main gauche un sceptre. Elle est debout sur le croissant et au-dessus d'un chartreux couché à terre et tenant un chapelet. A gauche. St. Jean Baptiste tient le manteau de la Vierge, à droite se trouve St. Bruno et de chaque c6té six chartreux sont agenouillés en adoration et recouverts par le manteau. Sur le devant une mitre et une crosse et en haut, dans un arc, le millésime 1515. Sur l'exemplaire de Dresde on trouve au bas l'inscription suivante: G. BBVDER CVNRAD El MITBRVDER DER
180 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
GROSSEN KARTHAVSSEN. 1515. Bonne pièce, san& signature. H. 9 p. 5 1. L. 6 p. 1 1 1. Bâle, Berlin et Gotha.
- 181. St. Chrrstophe traversant Teau. (B. App. No. 16. H. No. 2013.) S'appuyant sur un tronc d'arbre, il porte à travers Feau l'enfant Jésus sur ses épaules. Il se dirige à droite et porte une grande poche. Son manteau ainsi que celui de l'enfant Jésus est agité par le vent. A droite l'hermite avec sa lanterne et en haut, à gauche, la lune entourée de rayons. H. 11 p. l 1. L. 8 p. 2 1.
Une copie dans le même sens que l'original est d'un travail raide et grossier. H. 10 p. 11 1. L. 8 p. On en trouve des épreuves dans le recueil de Derschau, feuille B. 6.
182. Le martyre de St. Sébastien. (H. No. 2027.) Il est debout à droite, attaché à un arbre, à gauche un archer lui décoche une flèche. Sur le devant un autre bande une arbalète, et dans le fond se trouvent trois spectateurs coifi'és de turbans. Dans le lointain un paysage dans lequel se trouve une ville. Pièce non signée et d'un travail un peu raide, exécutée d'après un dessin de la jeunesse de Durer. H. 13 p. 8 l. L. 10 p. Collection Cornill de Francforts. M.
183. St. Sébalde. (B. App. No. 21. H. No. 2024.) Il est debout dans une niche richement ornée et la gravure porte la date de 1518. Des épreuves postérieures sont estampillées du monogramme de Durer. H. 11 p. 2 1. L. 7 p. 10 1. Cette belle pièce est évidemment gravée d'après un dessin de Durer et il est inconcevable que Bartsch ait pu avoir le moindre doute là dessus.
184. LemêmeSaint. (B. App. No. 19. H. No. 2023.) Il est debout au-dessous d'un arc, avec fond de paysage. H. 6 p. 3 1. L. 4 p. 7 1. Comme Heller l'a déjà fait remarquer, cette pièce d'un beau travail appartient à une Vie des Saints que Jérôme Hôltzel de Nuremberg publia en 1514 et dont on trouve souvent le titre imprimé au revers de la gravure. Le caractère général du sujet a beaucoup d'analogie avec la manière de Durer, mais les proportions un peu courtes de la figure sont en contradiction avec son style ordinaire. Il est, par conséquent, douteux qu'on doive lui attribuer ce morceau.
185. St. Sébalde debout sur une colonne. (B. App. No. 20. H. No. 1865.) H. 10 p. 3 l. L. 3 p. 5 1. Cette gravure sur bois servit à une feuille volante avec un poème latin de Celtes publiée par l'entremise de Sebald Schreyer qui, de 1482 à 1503, fut marguillier de l'église de St. Sébalde. Il naquit à Nuremberg en 1446, fut un patron éclairé des sciences et mourut, le dernier de sa race, en 1 520. L'écus-
Albert Durer. 181
son d'armoiries à la gauche du bas portant en champ deux bars adossés accompagnés de deux C et de trois étoiles est celui de Conrad Celtes et celui de droite porte les armoiries de Schreyer. Comme celui-ci laissa sa charge en 1503 et que le poète mourut en 1508, nous devons placer le dessin de cette gravure parmi les plus anciennes de Durer. L'inscription du haut est comme suit: Deo optîmo maximo et diuo Sebaldo patrono: pro felicitate vrhis Norice: per Conradum Celten et Sebaldum Clamosum (Schreyer) ejus sacre edis Curatorem pie deuote et religiose positum. — au bas: Sanctus Sebaldus, et aux côtés du sujet le poème ea 28 strophes de 4 lignes commençant:
Régie stîrpis soboles Sebalde
Norica multum veneratus Urbie
Da tuam nobis memorare sanctam Carminé" vitam. .
et finissant:
Haec vbi nobis pater impetrabis
Ante supremi faciem tonantis
Hic tuas semper cumulemuS aras Thure benigno.
Un exemplaire de cette ^pièce volante très -rare se trouve dans la collection Comill à Francfort s. M.
Cette figure du St. Sébalde a été reproduite, surmontée d'un ornement de pampre, avec les armoiries de Celtes et Schreyer et à ce qu'il parait gravée sur métal, sur la feuille contenant une pièce de vers qui coknmence: Conradi Celtis hymnus Saphicus in vitam Sancti Sebaldi etc. (H. 8 p. L. 3 p. 6 1. ) qui se trouve dans l'ouvrage de cet auteur: Conradi Celtis ... poète laureati quatuor libri amorum etc. Nuremberge 1502.
186. St. Sébalde; probablement celui indiqpé par Heller sous le No. 2022. Il est vu de face, enveloppé d'un large manteau, tenant de la main gauche une éghse et de la droite un bourdon. Dans le fond un paysage montagneux. Des rinceaux de pampres forment un arc au-dessus du Saint. A la droite du bas, le monogramme de Durer est estampillé d'une teinte plus claire. H. 2 p. 3 1. L. 1 p. 7 1. Les côtés de cette gravure sont ornés par des arabesques sur des bois à part et la bordure de droite est formée par une chaîne. Le tout a un caractère qui rappelle la manière de Durer et doit avoir servi à l'encadrement d'un livre. Cobourg.
182 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
187. St. Jérôme. Pièce formant le verso de Testampe précédente. Il esf vêtu et agenouillé vers la droite devant un cruci6x attaché à un tronc d'arbre et tient de la main droite une pierre dont il va se frapper la poitrine. Devant lui et à côté du chapeau de cardinal se trouve le lion et, à droite, un arbre au pied duquel on voit une tète dé mort. Le monogramme de Durer est à la gauche du haut imprimé d^une encre plus claire. H. 2 p. 2 1. L. 1 p. 7 1.
Aux deux côtés on voit, comme dans la pièce précédente, des arabesques qui n'appartiennent point à la planche sur bois. Cobourg.
188. St. Jérôme. (H. No. 2016.) Il est tourné vers la droite, appuyé sur le genou droit et tient une pierre de la main droite ; devant lui est fixé sur un tronc d'arbre un crucifix et, pendu aux branches, le chapeau de cardinal. Le Hon est couché sur le devant, à droite. H. 5 p. 8 1. L. 3 p. ,.10 1. Celle excellente gravure a souvent été employée sur les écrits pubhées par Jérôme Holtzel de Nuremberg et entre autres pour les ouvrages suivants:
a. Tractatus de horis canonicis dicendis pulcerrimus, a Domino Alberto de Ferrariis utriusque Juris doctore de Placentia, editus. Nuremberge per Hier. Holtzel 1507. In-4**.
h, Exposilio Misse Domini Hugonis Cardinalis. Ord. Predic. Imp. Nuremberge per Hieronymum Hoellzel Anno Sal. n. 1507. ln-4**.
c. Confessionale Patris Jacobi de Paradiso. Nuremberg. Hierony-. mus Hoellzel 1520. In-4°.
d. Latlnum Ydioma Magistri Laurentii Goruini, Novoforensis. etc. In-4°.
e. Confessionale cOpendiosum et vtilissimum etc.
/l Canon sacratissime Misse vna cum expositioë etc.
189. St. Willibald. (H. No. 2032.) Le saint évoque est debout, un peu tourné vers la droite, et tenant de la main gauche la crosse et de l'autre un livre ouvert. Le fond est formé par un tapis, tandis que des pampres font arc au-dessus. Au devant du Saint on voit un écusson écartelé, au premier et quatrième de gueules à trois lions d'or, au second et au troisième pareillement de gueules, au rond de crosse d'argent, qui sont les armoiries de l'évéché d'Eichstaedt. Le tout est compris dans une bordure d'arabesques de 111. de largeur. H. 10 p. 10 1. L. 7 p. 7 L Cette gravure se trouve au recto du Christ en croix de 1516 B. 56, quand cette dernière pièce est employée dans le Missale Ëysteten Ecclesie, imprimé à Nuremberg
Albert Durer. » Igg
en 1517. Voyez Runstblatt 1845, p. 227, communication de C. Becker. A Berlin, sur parchemin, H. tO p. 6 1. L. 7 p. 5 1.
190. S t. A r n 0 1 p h e. ( H. No. 1 8 1 7.) Le saint évéque de Metz est tourné vers la droite, tenant la crosse de la main gauche et bénissant de la droite. Au bas un peu de terrain et de lointain. La gravure a quatre traits de bordure et se trouve être une copie de la figure du Saint dans Tare triomphal de Tempereur Maximilien* H. 8 p. 2 1. L. 3 p. 9 1. Brème.
191. Le même Saint. (B. App. No. 23. H. No. 2034.) Dans la même attitude que ci-dessus et également copié dans le même sens de la figure qui se voit sur Tare triomphal, mais un peu plus court de proportions. H. 7 p. 5 1. L. 4 p. Les épreuves postérieures portent la marque de Durer à la droite du bas. Brème.
192. Grande tête du Christ couronnée d'épines. (B. App. No. 26. H. No. 1629.J L'opinion de Hauer qui attribue le dessin de cette pièce à Hans Sébald Beham, bien que le monogramme de Durer s'y trouve au bas, mais, selon lui, ajouté plus tard, ne peut se soutenir sous aucun rapport; car nul autre que Durer aurait su imprimer à cette tête le caractère de majesté imposante que l'on y remarque.
Une imitation de cette pièce, mais plus en petit et peut-être dessinée par Durer lui-même, se trouve dans le Missel d'Eichstaedt, «téjà cité, de 1517, à la marge inférieure d'une des pages imprimées. Voyez Deutsches Kunstblatt 1851, p. 337, communication de C. Becker.
19^. La grande tête du Christ sur le suaire. (B. App. No. 27. H. No. 1628.) Cette gravure sur bois, comme l'a déjà remarqué fiartsch, est une reproduction de la pièce ci-dessus, vraisemblablement exécutée dans les Pays-Bas , comme l'indiquerait la circonstance d'avoir été copiée en clair-obscur.
194.% Les révélations célestes de Ste. Brigitte. On trouve ^u livre intitulé: „Revelationes Sancte Birgitte", imprimé par Antoine Koberger de Nuremberg, deux éditions avec des figures sur lois, d'une riche composition, et que l'on croit avoir été dessinées par Gilbert Durer, mais non sur les bois mêmes qui auraient été d'un :ineilleur dessin et auraient présenté une meilleure apparence que celle ^le nous offre le rude travail d'un graveur inexpert. Si l'on y trouve «u premier coup d'oeil la riche fantaisie et l'expression caractéristique d'un artiste de génie, cette première impression est détruite par le manque d'entente dans l'exécution technique. La première édition est celle en latin de l'an 1500 qui porte à la fin: „Anno domini MCCCCC. XXI
184 Maîtres de Nuremberg de la première moitié du XVP. siècle.
mensis septembris^S ce qui a donné lieu à émettre le doute si elle a paru en 1500 ou en 1521. Mais dans la préface de l'édition allemande de 1502 on fait mention de l'édition latine en ajoutant que c'est aux soins de Florian Waldauff que l'édition allemande à été publiée dans un but d'utilité générale. La signature ci-dessus doit se lire selon Brunet: Dans l'année du Seigneur 1500 le 21. du mois de septembre. Voici un détail des dix-huit gravures sur bois qui s'y trouvent ^^) :
1. S te. Brigitte, de proportions plus grandes que les autres figures, est assise sur un siège au milieu et distribue son livre à des hommes et des femmes agenouillés et qui sont revêtus d'habits
' monastiques. Au-dessus, dans les nuages, le Christ et la VieTge. Cette pièce porte en haut l'inscription : 1Htt)tlatxont^ j$ancte iBirgttte. H. 8 p. Q 1. L. 5 p. 5 1.
2. Les armoiries de S. M. impériale. Sans date ni signature. C'est la pièce mentionnée par Bartsch No. 158 et par HeUer No. 2118.
3. Xes armoiries de Florian Waldauff. (H. No. 2151.) Au verso de la page avec les armoiries de l'empereur. L'écusson est écartelé et porte au premier et au quatrième deux demi -bisses entrelacées, au second et au troisième une fasce engrélée; il est timbré de deux heaumes, celui de gauche portant pour cimier les deux bisses couronnées, celui de droite un demi-vol. L'écusson est entouré du colUer de l'ordre du Sauveur composé de cœurs et trois autres ordres se trouvent suspendus au-dessous de l'écusson ; au milieu l'ordre du Cygne avec la Vierge et le Cygne, à gauche un griffon suspendu à un ruban et à droite un lion. Inscription: „Arma Strennui militis Floriani Waldauf " ou „Crblid)C \Oapptn \)tct fLotxan iDal^auff.^^
4. Quatre sujets différents sur une même feuille, l. Ste. Brigitte est agenouillée en prières; devant elle une table avec un livre ouvert. 2 et 3. Aux côtés de la Sainte est agenouillé, à gauche, un homme ayant devant lui un écusson vide; vis-à-vis et dans la même position une femme. Au-dessus de la Sainte s'élève un ornement où l'on voit le St. Esprit et au-dessus, entourées de trois anges, Jésus, bénissant, avec sa mère, demi-figures.