TA CAROLINE
Dès ce moment, David cessa d'être inquiété. La Convention se relâchait de ses mesures de rigueur. Guyomard, dans la séance du 4 fructidor, demandait, au nom du Comité de sûreté générale, de statuer sur les pétitions des représentants encore détenus.
€ Nous avons permis, disait-il, à David, à Jean-Bon Saint-André, à J.-B. Lacoste, de rester dans leur domicile avec des gardes ; mais les demandes de cette nature se multiplient, Bernard (de Saintes), Ricord, Pautrizet, La Vicomterie, réclament la même faveur. Ce dernier est en retraite.
» PLUSIEURS Voix. — Qu'est-ce que cela veut dire ?
» GUYOMARD. — Cela veut dire qu’il est en fuite ». Et la grande assemblée, si prompte à rugir, se met à rire et laisse les Comités Statuer sur ces demandes qu’elle ne l'epousse pas.
Enfin, dans la dernière séance, deux mois après, le 4 brumaire an IV (26 octobre 1795), la Convention terminait sa carrière en votant une amnistie pour les faits relatifs à la Révolution.
L'arrêté est ainsi conçu :
« La Convention abolit, à compter de ce jour, tout décret d'accusation ou d'arrestation, tout mandat d'arrêt, mis ou non à exécution, toutes procédures, poursuites et jugements portant sur des faits purement relatifs à la Révolution. Tous détenus, à l’occasion
ne ranens " se
de ces mêmes événements, seront immédiatement élargis, s'il n'existe point contre eux de charges relatives à la conspiration du 13 vendémiaire dernier. »
Puis, déclarant que sa mission était remplie, elle se séparait au cri de : Vive la République!
David était rendu à la liberté et terminait sa carrière politique avec cette Convention dont il avait eu l'honneur de faire partie. Fidèle à sa promesse, il relournait à ses pinceaux qu’il ne devait plus quitter jusqu’à sa mort.
Avant de poursuivre notre récit, jetons un coup d'œil sur la période qui vient de s'écouler, et essayons de porter un jugement Sur l’homme dont nous venons de rapporter les actes et les paroles.
Par la direction de son esprit et la nature de son talent, David était destiné à embrasser avec ardeur les idées libérales. L'artiste qui avait conçu les ZZoraces et le Zrulus devait s’enflammer à l'idée de voir renaître les vertus civiques dont il s’était plu à retracer les grands traits.
IL se propose d’abord de ne pas sortir du domaine de l'art où son génie, développé par l'étude, lui assigne la première place. C'est ainsi qu'il se prépare à reproduire et à consacrer sur la toile le Serment du jeu de paume, ce grand acte qui sert de prologue au drame de la Révolution.
Mais bientôt les passions politiques éclatent comme les plus furieuses tempètes.
Les meilleurs, les plus froids esprits, s'y lancent les premiers et les masses violemment remuées les suivent avec transport.
Excité par ses amis, acclamé par ses élèves et par ces artistes à la tète desquels il vient de combattre l’Académie, cédant à ses propres sentiments, David nommé député alla se placer au milieu de ses collègues les plus énergiques et les plus exaltés.
L'Assemblée cependant lui confie avec sagesse la mission pour laquelle il était naturellement désigné, celle de diriger les arts et d'y faire briller cette liberté pour
laquelle elle combattait.
Ce qui est noble, généreux el élève l'humanité séduit David. La résistance de Lille, le martyre de Lepelletier animent et sa voix et ses pinceaux. Bientôt il rève pour les fêtes de la Liberté des pompes qui surpassent celles de la Grèce; mais au milieu de ses W'avaux il songe à renverser cette « Bastille Académique », qu'il regarde comme le principal
acle à la pratique de la liberté dans les arts. S'il attaque l'institution et l'esprit qui la
obst dirige, il respecte les hommes ; il se rappelle qu'il a eu l'honneur d'être accueilli par eux avec bienveillance, et qu'à leur tête est un vieillard qui l'a initié à sa noble carrière et s’est toujours intéressé à lui.
David, nous l'avons vu, n'était pas orateur. C'est par des interruptions, des apostrophes violentes qu'il donne essor à la passion qui l’agite. On les lui a amèrement et cruellement reprochées, et cependant comment ne pas les comprendre et les excuser, lorsqu'on voit ce qui se passe dans nos assemblées actuelles, et qu'on se reporte à ces séances terribles où la liberté et la vie de chaque représentant élaient en jeu.
Mais quelle distance de ces manifestations à l’exécution! A-t-il jamais essayé de la
franchir? Trouve-t-on la trace d’une démarche quelconque signée de lui qui attente à la vie, à la liberté mème de ses adversaires artistiques ? Si une pareille preuve eût existé, la haine des partis l’eût promptement découverte. Car, au milieu de cette tourmente effroyable, ces hommes, que la fortune portait au pouvoir, avaient le courage de leurs actes et posaient leur nom au bas de leurs arrêtés, ne pensant pas à dissimuler, dans un oubli ou un silence protecteur, l'inflexibilité de leurs doctrines, la fureur de leurs passions et l'explosion de leurs colères. Certes ils connurent les faiblesses humaines; mais la peur de la responsabilité n'effleura jamais leur âme, et c'est grâce à ces registres qu’ils signèrent de leur main, que nous pouvons rendre à chacun la part qui lui revient dans ce redoutable gouvernement.
Porté au Comité de sûreté générale, David accepta ces fonctions et les remplit quelque temps avec assiduité; mais bientôt il abandonna à d’autres la direction des affaires, se contentant d'y paraître de temps en temps et se consacrant aux travaux du Comité d'instruction publique. Aussi ne prit-il jamais la parole pour ses collègues, et lui, qui bien souvent entretint la Convention des décisions du Comité d'instruction publique, ne parla jamais au nom du Comité de sûreté générale.
L'âme d’un artiste se refusait, en effet, à ces haïines sombres et sanglantes. La lumière, la vérité, la beauté, voilà ce qui l'attire ; les ténèbres, les délations, les passions les plus basses et les plus viles, dont l’exercice de la police donne le spectacle, le font reculer d'horreur.
Cependant, si David eût nourri dans son cœur la haine qu'on lui impute si injustement contre ses confrères, quelle occasion plus favorable d’assouvir son ressen timent ! Un mot, une insinuation eussent suffi pour faire tomber la tète d’un rival ou tout au moins lui ravir la liberté. Mais, par un heureux effet du sort, et comme pour laver de ces accusations perfides le peintre des oraces, « pas un artiste ne Derdil la vie dans ces hécatombes humaines ».
L'esprit toujours rempli de l'antiquité, de ses sévères Mmaximes, de ses grands caractères, il ne vit en Marat mourant qu'un citoyen expirant pour la liberté; l'attitude dans laquelle il l'avait entrevu frappa son imagination : sa pauvreté l'avait impressionné, et lorsqu'il fit l'hommage de son œuvre à la Convention, interprète fidèle du sentiment du moment, il demanda pour lui les honneurs du Panthéon, en le comparant aux illustres plébéiens de l’histoire.
Mais tout cela n'est que de l’exaltation et encore cette exaltation ne sort jamais des aptitudes reconnues de David : s’il s’anime, c'est comme artiste; s’il tonne contre la Commission du Muséum, c’est pour sauver de profanations, hélas d'œuvre du Corrège et de Raphaël. Avec quelle sensibilité il parle de Vernet, dont il a recueilli un précieux héritage : un pinceau touché de la main du maitre.
Mais appelle-t-il contre les Vandales des arts la sévérité des lois? il se contente de Proposer d’autres citoyens, qui lui semblent plus capables de mieux remplir leurs fonctions.
Son enthousiasme s’échauffe aux bruits de nos victoires, à la reconnaissance de
! trop fréquentes, les chefs-
l'Être suprême, à l'héroïsme de Viala et de Barra. Il célèbre dans le langage du jour les
298 CHAPITRE V vertus qui devraient fleurir dans toute République; ces joies de l'intelligence, ces mouvements du cœur que doivent ressentir les habitants d’un pays libre.
Enfin il rève pour les arts une ère de liberté et de grandeur.
Le Comité de salut public, sous son inspiration, décrète d'importants travaux à
décerner au concours. La lice est ouverte à tous les concurrents, même à ces vieux athlètes
illustrés par tant de victoires, qui se tiennent aujourd'hui sous leurs tentes. Chacun peut conquérir la palme. Les anciens pensionnaires de la royauté peuvent lutter avec les élèves de la République, et c’est de leur propre gré qu'ils ne répondent pas à l'appel de la Conven-— tion nationale.
Enfin, un des grands mérites de David, c’est de s'être toujours regardé comme l'interprète, le défenseur des intérêts des artistes. S'ils’égare, ce n'est pas à la recherche pour la solution desquels son éducation ne l'avait pas préparé; il
la voie qu'il s’est tracée, et
de problèmes politiques à d’autres ce soin. Son ambition ne lui fait pas quitter
laisse assemblée politique, il ne se juge
Jarce que des citoyens l'ont nommé 1 embre d’une grande d :
aires pour soulever et rés oudre les difficultés
pas cependantdoué de toutes les lumières néces rédaction des Lois et le gouvernement des Empires.
qu'y présentent la > de foudre lui dessille les yeux, il s'aperçoit de son
Bien plus, aussitôt qu'un cou erreur; et, aussi déterminé à abandonner une route qu'il a reconnue mauvaise, qu'à se débarrasser autrefois d'une facilité dangereuse, il renonce pour jamais au théâtre sur lequel, sans qu’il y fût destiné, les événements l'avaient fait monter.
Cette sûreté de coup d'œil, cette fermeté à maintenir ses décisions ne sont pas les traits les moins remarquables de sa vie.
Mais on demandera peut-être pourquoi, ses fautes ne con es, il eut à subir une aussi longue détention ?
s à son égard l'effet seul de la
sistant qu’en un enthousiasme
éré et une exubérance de paro Sans vouloir reconnaître dans les mesures rigoureuses prise rancune académique, bien que ce soit l’unique prétexte qu’il trouve à tous les dénis de vis de lui; sans vouloir croire à cette pétition, colportée par
fusa si noblement de signer, nous
justice qu'on commet v Renou, chez les artistes du Louvre, et que Vincent re >ensons que ces mesures furent la conséquence de la conduite effacée qu’il tint au Comité de sûreté générale.
Si David eût été un complice de Robespierre, ayant se 9 thermidor, il eût payé de sa vie ses préférences politiques ; si,
passions de ce parti, au © d'un autre côté, il eût été attaché aux hommes qui, comme ses collègues, Amar et Vouland
ouvernement, mais pour leur sûreté
rvi de toute son énergie les
renversaient Robespierre, non par haine de son g aient défendu, le 11 thermidor, et n'auraient pas
>ersonnelle, les membres des Comités l’aur
souffert qu'un de leurs amis fût assimilé à Lebon et traité comme ce proconsu qui avait
rougi de sang les pavés d'Arras.
laissé David prouve où qu'il n’était pas assez oue en ces
Au contraire, l'isolement où fut tait pas assez cruel pour être redouté. Il j
coupable pour être puni, ou qu’il né Tant que la fortune
circonstances le rôle d’un galant homme engagé avec des aventuriers. mais on ne l'entretient
sourit, il pare de l’honnèteté de son nom les actes de ses collègues :
ni des vues secrètes, ni du but caché que poursuit la société ; aussi l’abandonne-(-on quand arrive le jour de la défaite.
Ne sait-on pas en effet que sa droiture l’empêchera de tirer vengeance de ses amis infidèles, qui le livrent en ôlage aux passions ennemies. Point de ménagement, de pitié pour lui. Il n’a pas su se faire craindre ; qu’il succombe ou qu'il gémisse dans les fers : les ambitieux ne pensent plus à lui. C'est un instrument usé, dont on ne peut plus se servir.
Telle est à nos yeux l'explication de la conduite de la Convention à l'égard de David. Les Comités l’abandonnèrent comme l’homme de Robespierre, et les Girondins rentrés le poursuivirent comme un des restes exécrés de la première Montagne.
Après avoir vainement demandé des juges, ne les ayant enfin obtenus que de la fureur des partis, il recouvre la liberté. Malgré sa prudence, elle lui est ravie de nouveau, sous la pression de cette réaction dont la section du Muséum se fait l'interprète, en récoltant toutes les animosités soulevées contre lui. Dans un écrit qu’il rend public, il en appelle à l'opinion : il expose sa conduite, répond à toutes les attaques, sans même relever l’ingratitude de ce parent, de cet Hubert qu’il a protégé et qui dépose aujourd'hui contre lui. dans la crainte de comptes qu'on pourrait lui demander. Puis, ce devoir accompli, il retourne à son atelier, repoussant toute invitation à reprendre un rôle politique, et répondant par le dédain à toutes les calomnies que les partis vont ramasser dans les libelles et les dénonciations d'autrefois, pour les relever contre lui.
Enfin, pour terminer le récit de sa carrière politique, rappelons ces paroles de Baudin demandant l’amnistie à la Convention :
€ Il n’était pas un Français qui püût se dispenser de prendre part à la Révolution. Tous ont dû se regarder dès le premier moment comme embarqués sur le même vaisseau et devenus par nécessité matelots, soldats ou tout au moins passagers; (ous obligés par conséquent de prendre part à la manœuvre pour le salut commun, {ous destinés à périr si chacun ne déployait, contre les vents et les écueils, tout ce qu’il avait de force et de courage, sans qu’il fût possible désormais de rétrograder vers le point de départ, ni de relâcher dans aucun port que celui de la Liberté.
».. Qu'il s'avance, cet homme privilégié, citoyen où ma istrat, ou représentant du peuple, qui pourrait dire que dans le cours d’une si longue et si orageuse Révolution ses Opinions ont toujours été non seulement conformes aux principes, mais applicables aux événements, aux circonstances, sans aucune teinte d'exagération, sans aucune aspérité, Sans aucun mélange de faiblesse.
» Qu'il se nomme celui dont la conduite a été, nous ne dirons pas irréprochable et pure,
car, sans doute, il en est beaucoup de tels, mais qui n’ont point à regretter ou quelque ex
d'un emportement excusable dans ses motifs, ou quelques ménagements qui soient dégénérés en mollesse, ou des variations équivoques, où des moments d’indécision, où mème une inaction nuisible aux progrès de la liberté.
»... Et aujourd’hui que nous envisageons ces époques reculées, avec le calme auquel le temps nous a ramenés, pourrions-nous contester qu'indépendamment de cette foule prodigieuse d'hommes simples et de bonne foi, qui furent des instruments passifs, il ne se
— EEE —
na earene
trouvât, parmi ceux-mêmes auxquels on attribue les premiers rôles, des patriotes égarés qui crurent servir leur patrie? »
Leurs fautes furent relevées avec éclat, et non seulement on oublia ce qu'ils avaient fait jusqu'alors de méritoire ; mais on n’a pas su que, jusque dans leurs emportements, ils avaient résisté au vœu sanguinaire des chefs des factions, auxquels ils se trouvaient associés, sans avoir pénétré leurs desseins ultérieurs.
Cette peinture, à grands traits, de la situation des hommes qui prirent une part active
à la Révolution, n'est-elle pas la meilleure justification de David, et la réponse la plus
décisive à ses détracteurs ?
David retourne à son atelier, — Réaction contre son ordonnance des fêtes nationales, — Jugement des concours décrétés par le Comité de salut public. — Salon de 1795. — Portraits de M. et M”° Seriziat.— David est nommé de l'Institut. — Salon de 1796. — Gravures de Lepelletier et Marat. — Bonaparte offre à David un asile à l'armée d'Italie. — Modèles des Saÿines. — Premier Portrait de Bonaparte. — Les chefs-d'œuvre de l'Antiquité et de la Renaissance à Paris. — Salon de 1798. — Les artistes et le Directoire. — Salon de 1799. — Zes Sabines.
Aussitôt qu’il avait été libre, David était retourné à ses élèves et à son atelier. Il demeurait alors au Louvre. En 1792, lorsque la création d’un Muséum national dans les galeries de ce palais eut été décrétée, on en avait renvoyé plusieurs pensionnaires du Roi, dont la profession ne relevait pas directement des beaux-arts. David. profitant de ces changements, avait demandé à Roland, alors ministre de l'Intérieur, qu’on lui donnât un autre logement. Roland répondit ainsi à sa requête :
Leitre de Roland, ministre de l'Intérieur à W. David, peintre, député à la Convention nationale.
« Du 17 octobre 1792, an Ier de la République française.
» Hier, Monsieur, en arrivant de Versailles, l’on me remit un billet de vous auquel je ne puis répondre que par quelques explications que la nature des choses, votre position et la mienne rendent nécessaires. Il est question de faire un Muséum aux galeries du Louvre : il est décrété, et, comme ministre de l'Intérieur, j'en suis l’ordonnateur et le surveillant. J'en doïs compte à la nation : tel est l'esprit de la loi, c’en est aussi la lettre. Ce Muséum doit être le développement des grandes richesses que possède la nation en dessins, peintures, sculptures et autres monuments de l'art. Ainsi que je le conçois, il doit attirer les étrangers
et fixer leur attention; il doit nourrir le goût des beaux arts, récréer les amateurs et servir
d'école aux artistes ; il doit ètre ouvert à tout le monde, et chacun doit pouvoir placer son
chevalet devant tel ou tel tableau ou telle statue, les dessiner, peindre ou modeler à son gré. Ce monument sera national, il ne séra pas un individu qui n'ait le droit d'en jouir. La Grèce brilla sur toutes les nations par les monuments de ce genre; un goût délicat modifia de toutes les manières son génie. créateur. La France doit étendre sa gloire sur tous
les temps et sur tous les peuples ; le Muséum national sera l'élément des plus belles connais-
sances et fera l'admiration de l'univers.
» D’après ces idées grandes, dignes d'un peuple libre, qui ne veut dominer que par la
, qui ne connait d'autre empire que celui de la raison, qui ne conçoit de gloire que
sages celle qui résulte de la hauteur des pensées, de la sublimité des actions, je crois que le qu'il élèvera tellement les âmes,
Muséum aura un tel degré d'ascendant sur les esprits,
qu'il réchauffera tellement les cœurs, qu'il sera l’un des plus puis ants moyens d'illustrer
la République française.
» Mais je crois, et j'agirai en conséquence, que le doit lui ètre consacré tout entier. Toutes les galeries sont destinées au Muséum, et tous les aux gardes de ce Muséum ou à ceux qui ont
local étant destiné à cet usage, il
appartements qui y tiennent seront réservés concouru ou concourront par leurs talents à l'accroitre et à l'embellir. » Ainsi il n’y aura que des dessinateurs, des peintres et des sculpteurs; les orfèvres,
les joailliers, les horlogers, les faiseurs d'instruments de mathématique, les opticiens,
qui ne concourent point à l’objet, peuvent bien mériter faut qu'ils cherchent les récompenses auxquelles
les artistes, les savants, etc., d'ailleurs, mais c’est ailleurs qu'il ils ont droit.
» Vous demandez, Monsieur, le 1 vous avez concouru à l'accroissement du Muséum, la
ogement qu'occupe un orfèvre; vous êtes peintre, vous avez une célébrité acquise; satrie à droit d'exiger de grandes choses de vous, parce qu'e n raison de ses talents. Je vous accorde donc le logement qu'occupe aux
lle les peut espérer, et que tout
citoyen lui doit e galeries M. Ménière, orfèvre a lettre des décrets, et je ne dévierai en rien, à moins qu'un nouveau décret ne
. Invariable dans mes principes et ma conduite, j'observe esprit et 1 m'en fasse la loi. J'ai ru cette explication nécessaire. Je pense qu’elle répond à tout ce que je dois répondre. »
Ge fut donc dans ce logement que D ion. Près de là était l'atelier où travaillaient ses élè
avid demeura tout le temps que siégea la Convenves dont le nombre était bien diminué
par les engagements volontaires et la réquisition. C’est ainsi, qu'entre autres, Ducis, Mulard,
Moriez étaient aux armées.
tions législatives de David l'empêchaient aussi de leur donner tous ses ent maintenus, son atelier prit part à
Les fonc soins ; cependant, tant que les prix de l’Académie fur le sculpteur, ses élèves, obtiennent des médailles et Debret le second prix de Rome;
tous les concours. Serangeli, Gros, Taunay en 1790; en 1791, Gros remporte le prix Latour, en 1792, Moreau de l'atelier obtient le même succès. Enfin, d'un élève de David, du jeune Harriet,
en 1793, nous avons vu que le
jury des Arts disposait d’un second prix en faveur