‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 12 sur 328 · LE SERMENT DES HORACES · texte numérisé non relu

LE SERMENT DES HORACES

David est agréé par l'Académie. — Salon de 1781. — Le Zélisaire. — Il ouvre un atelier d'élèves. — Son mariage. — Salon de 1783. — L'Andromaque. — Il est nommé Académicien. — noie des Zoraces. yage à Rome. — Suc

ès des /Zoraces à Rome. — Salon de

5. — Correspondance de David et Do — Salon de 1787. — Le Socrate. — Mort de Drouais, — a is el Hélène. — Salon de 1789. — Brutus.

A son retour en 1781, David était déjà précédé d’une certaine réputation parmi les

artistes. Il retrouva à Paris ses amis, et le bon Sedaine, dont l'appartement au Louvre lui servit pour faire une exposition de ses ouvrages. Il obtint aussi, par l'entremise de Moreau, architecte de la ville de Paris, un atelier à l'Hôtel de Ville. C'est là qu'il travailla à son tableau de Zélisaire recevant l'aumône, et qu'il termina le portrait du comte Potocki. Ces ouvrages achevés, il les soumit au jugement de l’Académie qui, pour témoigner à l'artiste toute sa satisfaction, prit la décision suivante.

Aujourd'hui, vendredi 24 août 1781... N

onobstant l'arrêté du 4 de ce mois, par lequel il est dit que l’Académie ne permettra à personne d'apporter des ouvrages qu'après la cloture du Salon, le sieur Jacques-Louis David, de Paris, âgé de trente-deux ans, n'étant point instruit dudit arrèté et n'ayant apporté ses ouvrages que dans l'espérance de recevoir d'elle des avis et des instructions, l'Académie, satisfaite des morceaux qu'il a présentés, a arrêté, sans tirer à conséquence, de procéder à son agréement.. Les voix prises à l'ordinaire, l'Académie a agréé ladite présentation de ses ouvrages, et M. Pierre, directeur, lui ordonnera ce qu'il doit faire pour sa réception. »

David heureux de cette décision l’apprend ainsi à sa mère.

« Paris, le 27 août 1781,

» Vous m'excuserez peut-être, ma très chère mère, de vous avoir laissée si longtemps sans vous écrire. Mais n'ayant rien de bon à vous annoncer, j'attendais un événement

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qui en méritât la peine. Celui-ci est du nombre, puisqu'il vous annonce que vendredi, veille de la Saint-Louis, l'Académie m'a agréé sur un grand tableau de Bélisaire reconnu par un soldat qui avait servi sous lui, dans le moment qu'une femme lui fait l'aumône. L'Académie m'a recu d'une manière peu commune, puisque j'ai été reçu tout blane, c'est-à-dire sans aucune fève noire.

» M. le comte D'Angiviller était à la séance de l'Académie et m'a donné les plus grands encouragements, qu'il attendait de grandes occasions pour m'en donner des preuves. Vous savez que le comte D'Angiviller est le Ministre et le Surintendant général des Bâti ments. Voilà ce que j'avais à vous annoncer et ce que je vous ménageais depuis longtemps. Si vous venez à Paris voir mes tableaux au Salon, vous en saurez davantage par le public qui s’y porte en foule. Les grands, les cordons bleus veulent voir l’auteur, enfin on me dédommage de mes peines. M" Buron vous logera, parce que mon oncle est à la campagne. Marquez-moi, je vous prie, si vous viendrez à Paris; je suis actuellement dans les visites jusqu’au col, à en faire el à en recevoir, mais c'est chez M. Sedaine que l'on vient, car moi je demeure trop haut. Je demeure sur le quai de la Féraille, en face du Pont-Neuf, chez M. Hecquet, marchand de fer. Je ne suis encore riche que de gloire, mais d'espèces bien moins encore, mais j'espère que cela ne tardera pas ; enfin je n'ai pas perdu mon temps. Mes

parents sont à la joie de leur cœur, et c’est à qui m'en témoignera le plus de satisfaction.

» Adieu, ma mère, je vous embrasse de tout mon cœur, et soyez persuadée des senti-

ments respectueux avec lesquels je ne cesserai d'être toute ma vie votre très humble et très

obéissant serviteur.

» DAVID

Madame David, rue de la Prison, à Évreux, en Normandie.

Outre ce qu'il avait de flatteur pour notre jeune artiste, ce vote exceptionnel de l'Académie ouvrait à ses ouvrages les portes du Salon. Aussi forment-ils le supplément ajouté au livret de 1781.

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