DAVID, CHARLES PERCIER, J.-G. LEGRAND
Detournelle ne pouvait rester sur le coup de cette réponse, et cinq jours après, dans le numéro suivant du Journal des Arts, du 10 vendémiaire an X, ne trouvant pas de bonnes raisons pour se justifier, il s’efforçait d’égarer l'opinion en rappelant le passé politique de David eten citant les mauvais propos tenus à l’occasion de l’exposition payante des Subines.
Quant aux collègues de David, Percier et Legrand, il les poursuivait d’un persiflage aigri, dernière ressource d'un adversaire aux abois.
Voici la lettre du 10 vendémiaire.
Réponse à la lettre de David, Percier et Legrand.
« L'historien des concours, dit-on dans cette lettre, avance plusieurs faits qu'il importe d'autant plus de rétablir, que tels qu'ils sont présentés, ils montrent sous un jour faux et même perfide la conduite la plus simple et, nous osons dire, la plus généreuse.
» On m'attaquait ensuite personnellement sur ce que j'ai écrit qu'un grand artiste
consulté par le ministre, cédant aux coteries qui l’entouraient, avait par oubli, ou par
ignorance, ou par malice, nés de faire connaître les artistes qui pouvaient prétendre à
l'honneur d’une telle invitation : et, pour porter la conviction de la calomnie qu'on m'impute, on cite les extraits d’une correspondance authentique qui, au premier coup | 48
d'œil, pourrait me faire croire coupable, si je n'avais, comme accusé, le droit et le moyen de me défendre.
» Je savais que le ministre avait consulté David, je savais que cet artiste avait choisi, d'après l'invitation du mème ministre, les citoyens Percier et Legrand : j'ignorais seulement, parce que je ne puis pas tout connaître, la réponse présentée ici dans tout son éclat. gi j'en avais été informé, j'aurais rendu une seconde fois justice à Percier, qui, dans la première exposition des projets de Bordeaux, fut un de ceux qui redemandèrent le concours parce qu'iln’avait pas été assez public: je me serais permis de dire que la conduite de David,
à tenir d’après l'invitation du ministre, était de lui conseiller d'ouvrir un concours général,
parce qu'il eût été ridicule qu'un peintre et deux architectes int toutes les colonnes ; et
si j'avais invité le ministre d'écrire des lettres d'invitation, j'eusse fait sentir que toute
démarcation pour des artistes est injurieuse. » Heureux encore si la lettre qu’on m’oppose, faite au nom de trois artistes qui agirent alors pour l'intérêt des arts, heureux si elle eût été observée. Mais par quelle fatalité
n’a-t-on pas exécuté ce paragraphe de la lettre où il est dit : « Que tous ceux qui, sans
» avoir recu de lettres voudraient proposer leurs idées, seraient libres de le faire dans le » délai prescrit, et que celles qui mériteraient d'être accueillies devraient avoir également » l'honneur de l'exécution (1). » IL est cependant constant que l'objet de cette demande si juste n’a pas été mis en usage, et que les bureaux du ministère étaient obsédés de réclamants ; que les papiers n’ont commencé à publier la lettre qu'un mois après, et que, fatigué, comme je l'ai dit, par les reproches, on fit une invitation générale à Paris et aux départements. Je crois que je n'ai pas besoin d'écrire pour prouver un fait si récent, que l’on peut vérifier dans tous les journaux, et dont le bruit n'est pas une calomnie faite à plaisir, puisque tous les architectes de Paris pourraient le certifier, quoique le rédacteur de la lettre signée Percier, David et Legrand veuille persuader le contraire et dire que les lettres aux journaux et aux artistes ontété publiées dans le même moment.
» Quand on accuse de mensonge, il faut prendre garde de mentir soi-même. Que
l'intention fût telle, soit; mais l'exécution a été bien opposée. Quel est donc l'individu
puissant qui, trompé par de faux amis, a eu la négligence coupable de ne pas prendre des
renseignements aisés ?
» Je suis fâché que le rédacteur de la lettre, où David, ait cru que c'était lui que j'avais désigné : car effectivement on sail que sa modestie seule lui a fait refuser une place de premier Peintre de la République, poste plus convenable à ses talents ; on n’ignore pas que, dans un temps d'erreur, il a quelquefois, dans des rapports imprimés, proposé des listes de jurés des Arts, de conservateurs de Muséum, où les artistes remplacés étaient honorés d'épithètes bien dangereuses dans les circonstances, et où, au contraire, ceux qu'il proté-
geait étaient gratifiés de commentaires les plus honorables. Mais ces petites pécadilles sont
(1) Je répète que ce et ceux qui seraient cha
igner ne pourraient faire autrement d'en oublier et de mettre par préférence je ne connais pas, le
moyen nest pas celui que je proposerais, il choquerait l'amour-propre délicat des artistes
leurs amis : en effet, sur trente-quatre monuments couronnés, il y en à cinq, sans ceux qu
avis que par les journaux longtemps après la lettre d'invitation.
mien est du nombre, dont les auteurs ne reçurent d