‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 175 sur 328 · Portrait de Sa Majesté · texte numérisé non relu

Portrait de Sa Majesté

«Il ne faut être malin ni caustique mal à propos. Aussi nous abstenons-nous de parler de ce portrait, puisque la figure et les accessoires ne sont pas terminés. »

David, décidément, n'était pas fait pour ces sortes d'ouvrages.

Napoléon éprouva une vive satisfaction en promenant ses regards sur celle Exposition, où un grand nombre d'œuvres d'art remarquables immortalisaient les événements impor-

tants de son règne. Il résolut de donner aux artistes une preuve éclatante de son contente-

ment, et persévérant dans les intentions qui l'avaient engagé à aller rendre une visite de cérémonie à son premier Peintre, il conçut la pensée de distribuer lui-mème les distinctions

dont il honorait les artistes qui, par leurs œuvres pouvaient contribuer à l’ornement du

Salon actuel et à la gloire de l'école française.

et

d'une suite nombreuse, il se transporta dans le Grand Salon du Louvre, où les artistes

Le 22 octobre 1808, accompagné de l'Impératrice Joséphine, de la reine Hortense,

avaient été convoqués par les soins de Denon. Là, en présence de leurs tableaux, il leur distribua un grand nombre de médailles d’encouragement, puis il remit la Légion d'honneur à Girodet, Vernet, Prud’hon et Cartelier, et il décora Gros de sa main et de sa propre croix. Ensuite, nous dit David, « Sa Majesté, que j'avais l'honneur d'accompagner en ma qualité de premier Peintre, s'adiessant à moi, daigna me dire ces paroles : « M. David, je » viens de récompenser ces habiles peintres, ce sont vos élèves, il est donc juste que j'en

» fasse autant à l'égard de leur maître. Je vous fais officier de la Légion d'honneur pour les

» services que vous avez rendus à l’art. C'est vous qui avez ramené le bon goût en France. » Continuez à toujours bien servir votre pays. »

» Mais ce qui mit le comble à mon triomphe : l'Empereur consentit, d'après le vœu des artistes, que cette époque honorable pour les arts fùt consacrée à la postérité par un tableau où Sa Majesté serait représentée me donnant la croix d'officier de la Légion d'honneur en présence de mes élèves, de la cour et de la foule qui y assistait. M. Gros fut chargé de ce tableau. »

Et David ajouta : « Il est ébauché, on attend qu'il le finisse. »

Nous ne connaissons de Gros que la composition dessinée de cette scène, ignorant sil en acheva la peinture. Ce mème sujet, inspiré par son croquis, a été traité par M. Yvon, et décore une des voussures dans une salle du palais nouvellement reconstruit de la Légion d'honneur.

Napoléon avait voulu donner à son premier Peintre une preuve plus éclatante encore

de l'estime qu’il avait pour son talent. Lorsqu'il lui commanda les quatre tableaux relatifs à

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