‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 177 sur 328 · MORT DE VIEN · texte numérisé non relu

MORT DE VIEN

» êtes destinés à produire un siècle plus beau que celui d'Auguste, parce que vous travaillez ll f

» sous les yeux d'un héros qui récompense si noblement nos glorieux travaux. » Le sanctuaire dans lequel nous allons déposer les cendres chéries de notre maitre, attestera à la postérité la plus reculée qu’il fut décoré de la pourpre sénatoriale, et que le Grand Napoléon l'honora d'une bienveillance particulière.

» Mon cher maître, mon père, recevez nos derniers adieux; nous nous éloignons à

regret de vos restes chéris, mais votre image, votre bonté, vos soins paternels vivront à Jamais dans nos cœurs reconnaissants ! »

Cette mort brisa le dernier lien qui unissait David à la Classe des beaux-arts.

Quand il fallut nommer un successeur au fauteuil de Vien,

on dressa une liste de candidats. C'était la première vacance qui se produisait dans la Section de peinture depuis la fondation de l'Institut national, car l'arrêté du 3 pluviôse an XI avait bien accru de quatre fauteuils cette Section; mais de ces sièges deux furent, le 8 pluviôse suivant, accordés l’un à Denon, l’autre à Visconti, par un arrêté consulaire, et les deux autres conservés aux acteurs Monvel et Grandménil, qui les occupaient avant cette nouvelle organisation. Aussi les candidats furent-ils nombreux. Prud’hon, Gros,

Girodet, Ménageot, Gérard furent portés sur une première liste.

Treize scrutins successifs leur adjoignirent Berthelemy, Gautherot, Guérin, Lagrenée, Lebarbier jeune, Lemonnier, Lethière, Meynier, Peyron, Robin, Taillasson, Vernet. Au scrutin définitif Ménageot l'emporta; ce choix indiquait bien les tendances de cette Assemblée qui, dans une pléiade de jeunes talents, avait choisi le représentant le plus avéré de l’ancienne Académie de Peinture.

Cette nomination ranima les vieilles convictions de David e

t pour soustraire la jeunesse à cette influence détestable,

il sollicita du gouvernement les fonctions de directeur de l’enseignement public dans l'École spéciale de peinture et de obtenant de l'Empereur cette direction, étouffer par son ense herbe dont il croyait avoir arraché les racines.

sculpture. Il espérait, en ignement cette mauvaise

Ce n’est qu'ainsi qu’on peut expliquer cette

persistance à revendiquer ses prérogatives de premier Peintre, si contraires à la liberté qu'il avait demandée pendant la plus grande partie de sa carrière.

Crétet, alors ministre de l'Intérieur, lui répondit ains

« Paris, ce 2 mai 1809.

Le ministre de l'Intérieur, comte de l'Empire, à M. David, premier Peintre de Sa Majesté l'Empereur, membre de l'Institut. » J’ai reçu, Monsieur, la lettre par laquelle vous me représentez qu'étant décoré du litre de premier Peintre de Sa Majesté l'Empereur, vous € des attributions de cette place, les fonctions de dire l'École spéciale de peinture et de sculpture.

royez devoir réclamer, comme une

cteur de l’enseignement public dans

» J'aurais désiré, Monsieur, qu'il me fût possible d'ajouter toutes celles que vous ont méritées vos talents, mais je dois l'Empereur.

cette nouvelle distinction à prendre avant tout les ordres de

ss © Ce]

» Je m'occupe en ce moment de recueillir les renseignements les plus exacts sur les attributions dont jouissait M. Vien lorsqu'il était premier Peintre du Roi, et sur celles de ses prédécesseurs.

» Je mettrai ces renseignements sous les yeux de Sa Majesté, en lui proposant le parti que je croirai Le plus favorable aux arts.

» Soyez persuadé de tout l'intérèt que je mettrai à faire valoir les motifs sur lesquels

vous appuyez vos réclamations. »

Cette tentative de David pour réduire les attributions de la Classe des beaux-arts, el une nouvelle demande qu'il fit en avril 1810 pour jouir de tous les privilèges attachés à la charge qu'il occupait dans la maison de l'Empereur, n'étaient pas de nature à lui ramener les sympathies de ses collègues; aussi leurs sentiments ne s’étaient-ils pas modifiés quand ils eurent à se prononcer sur les prix décennaux.

On se rappelle que le premier décret, d'Aix-la-Chapelle, du 24 fructidor an XII, avait institué pour les beaux-arts deux prix de 10,000 francs à donner aux auteurs des deux meilleurs ouvrages, l'un de peinture, l’autre de sculpture, représentant des actions d'éclat ou des événements mémorables puisés dans notre histoire.

‘Cet arrèté, en spécifiant la nature du sujet, éloignait du concours une foule d'ouvrages remarqués aux Expositions précédentes, et David n'avait pu se mettre sur les rangs qu'avec son tableau du Sacre; quand, le 28 novembre 1809, parut un nouveau décret qui, donnant une plus large extension au Concours, faisait une place aux ouvrages de peinture et de

sculpture traitant un sujet d'histoire.

« Au Palais des Tuileries, 28 novembre 1809.

» NAPOLÉON, EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROT D'ITALIE, PROTECTEUR DE LA CONFÉ- DÉRATION DU RHIN, ETC.;

» Nous étant fait rendre compte de l'exécution de notre décret du 24 fructidor an XI, qui institue des prix décennaux, du rapport du jury institué par ledit décret;

» Voulant étendre les récompenses et les encouragements à tous les genres d’études et de travaux qui se lient à la gloire de notre Empire;

» Désirant donner aux jugements qui seront portés le sceau d’une discussion approfondie et celui de l'opinion publique ;

» Ayant résolu de rendre solennelle et mémorable la distribution des prix que nous nous sommes réservé de décerner nous-même,

» Nous avons décrété et décrétons ce qui suit :

De la composition des prix.

» L. — Les grands prix décennaux seront au nombre de trente-cinq, dont dix-neuf de

première classe el seize de seconde classe.

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