LES THERMOPYLES
David reprend les Zhermopyles. — I] peint plusieurs portraits. — 11 est nommé membre de plusieurs Académies. — Sa liaison avec Canova. — David et ses élèves. — Famille de David. — Première restauration. — Les grands prix de 1814. — Il expose chez lui les Thermopyles. — Salon de 1814. — Retour de l'ile d'Elbe. — Visite dé Napoléon à David. — Il le nomme commandeur de la Légion d'honneur, — Nomination de Gros à l'Institut. — David signe les actes additionnels. — Seconde restauration. — David passe en Suisse. — Retour à Paris. — La loi d’Ammistie. — David part pour l'exil.
Voyant qu'il ne pouvait obtenir de la liste civile les travaux qu'il désirait, David avait repris les Z'hermopyles, abandonnés depuis 1805. Ce travail le ramenait à des pensées bien différentes de celles des tableaux du Swcre. On dit que souvent, au milieu des ennuis qu'il éprouvait, pendant l'exécution de ces pages officielles commandées par César, son esprit se reportait sur ces Spartiates dont le dévouement patriotique avait enflammé son imagination, et qu'il regrettait alors de les avoir délaissés.
Pour se distraire, il peignit plusieurs portraits, entre autres celui de #" David, du Comte François de Nantes, en costume de conseiller d'État. Il commença aussi celui de ses filles. Enfin il donna à ses bons amis, M. et M®° Mongèz, un précieux souvenir : leur double portrait qu'ils ont légué au Musée du Louvre.
Ce fut aussi à cette époque que, d'Angleterre, il reçut du marquis de Douglas la commande d'un portrait en pied de Napoléon. I représenta l'Empereur en uniforme des chasseurs de la garde, se levant de son bureau ; les bougies qui s’éteignent, l'épée déposée sur un fauteuil indiquent que le souverain vient de passer la nuit au travail.
Quand on présenta cet ouvrage à Napoléon, il en témoigna sa satisfaction.
« Vous m'avez deviné, David, lui dit-il: la nuit je travaille au bonheur de mes sujets et le jour à leur gloire. »
Le peintre fit plus tard de ce portrait wxe répétilion, avec quelques changements, qui a servi pour la gravure.
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Depuis les Sabines la réputation de David allait en grandissant. Chaque jour et de partout, il recevait des preuves flatteuses de l'admiration qu’on éprouvait pour son talent. En novembre 1809, l'Académie royale de Munich le nommait parmi les membres honoraires étrangers ; il devenait ainsi le collègue de Goethe, de Thorvaldsen et de Danneker.
Quelques temps auparavant, en juillet 1809, il avait écrit au secrétaire perpétuel de la
quatrième classe de l'Institut royal des Sciences, Littératures et Beaux-Arts de Hollande
qui venait de l’honorer du titre d’associé étranger.
« Monsieur,
» J'ai recu la lettre par laquelle vous m'annoncez que Sa Majesté le Roi de Hollande,
votre auguste souverain, à daigné approuver l'honneur que m'a fait la quatrième classe de
l'Institut royal de Hollande en m'admettant au nombre de ses associés. Je suis d'autant plus
flatté de cette marque de vérité de l’école Hollandaise; que c’est dans Les maîtres qui l'ont illustrée, ainsi
stime pour mes talents, que j'ai toujours admiré la naïveté et la
précieuse que dans l'élévation des idées, la fierté du pinceau et la sévérité du dessin de l'école d'Italie, s principes que je donne aux élèves que le Roi daigne confier à mes soins.
que je puise le s, Messieurs, vont me faire redoubler d'efforts pour
Les nouveaux liens qui m'unissent à vou à la Hollande des élèves dignes de la protection de leurs souverains, et à moi, pour x dont l’Institut royal vient de m'éclairer. »
former justifier aux yeux de l'Europe éclairée, le choï Après la Hollande et la Bavière, l'Italie. En février 1811, l'Académie de Florence le range parmi ses membres.
Il accepte avec reconnaissance l'honneur que lui fait l'Académie. re, répondit-il à son président, qui me fût plus flatteur. C'est
« Elle ne pouvait rien fai on amour pour tout ce qui tient
moins par mes talents que je crois en être digne, que par ml
à cette terre généreuse, et à mon admiration constante pour les hommes célèbres qu'elle a
produits dans tous les genres veux conserver tant qu'il me restera un soufile de vie.» e a mis le comble
. Enthousiasme nécessaire à tous ceux qui veulent s’illustrer
dans les arts et que je Il termine sa lettre, en assurant l’Académie qu'il n'oubliera pas qu’ell
à la faveur qu’elle vient de lui faire, en choisissant Canova pour lui remettre le diplôme de
sa nomination.
après, lui donnait une preuve de son amitié et du cas qu'il a nomination à l’Académie de Saint-Luc à Rome. La lettre fait connaître les
Celui-ci, quelques mois faisait de ses talents en proposant s suivante de Wicar, qui faisait partie de cette réunion d'artistes, nous circonstances particulières de son admission :
« Rome, le 3 novembre 1811.
» Monsieur et cher maitre,
» Je me hâte de remplir un devoirqui m'est cher ; c'est de vous annoncer que l'Académie
de Saint-Luc vous a nommé membre par acclamation. Voici quelques détails de cette séance
à laquelle j'ai eu le bonheur d'assister.