‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 190 sur 328 · VISITE DE NAPOLÉON A DAVID · texte numérisé non relu

VISITE DE NAPOLÉON A DAVID

» EU vous enfin, quand nous ferez-vous voir

quelque chose du vôtre? Que risquezvous? Vous

tes amateur : vous avez du talent; peignez, morbleu ! Produisez, produisez

è toujours ; il y aura du bon, il ÿ aura le sentiment de l’art; c'est beaucoup, et il se trouve

toujours des personnes qui savent le reconnaitre. » Il faudrait que vous eussiez été un peu forcé

d'en faire ressource : nous aurions actuellement quelque chose de bon de vous

à mais, sans ce moyen

» Vous êtes raisonnable, vous me surprendrez quelque jour. » Présentez, je vous prie, mes respects à vos cher:

S parents ; dites-leur combien je vous ai toujours aimé, et que c’

st un sentiment que je garderai tant que je vivrai. » Adieu, mon cher Marquis: portez-vous bien, e

t peignez beaucoup.

» Votre éternellement dévoué,

» DAVID

» Je ne relis pas ma lettre, ma main aura pu se tromper, mais jamais mon cœur. »

Le gouvernement royal avait l'intention, à propos de l'E

xposition, de distribuer un grand nombre de distinctions et de faire beaucoup d'achats, lorsque de nouveaux faits

politiques vinrent détruire ses projets.

Napoléon, quittant l'ile d’Elbe, était revenu à Paris sans obstacle. Inst

allé aux Tuileries, que les Bourbons venaient d'abandonner, il reçut

à son tour les compliments officiels des corps de l’État, et parmi eux, le 2 avril 1815, ceux de l’Institut.

Ce corps, dont l'existence avait été menacée par les espérances des amis de l'ancien

régime qui avaient voulu compromettre le Roi pour le forcer à rétablir les

anciennes Académies, choisit pour l'interprète de ses sentiments

envers celui qui s'était honoré d'être compté au nombre de ses membres, Étienne

auteur dramatique, qui, dans un discours énergique qui devait lui

ètre reproché plus tard, exprima la satisfac

revoir sur le trône un prince qui les délivrait des craintes qu’ils avaient concues pour leur

corporation et leur donnait l'espérance de rendre la Fr constitutionnel.

tion de ses collègues de ance heureuse sous un gouvernement

L'Empereur accueillit avec plaisir l'expression de ces sentiments, ef se montra fier de « voir une réunion d'hommes aussi distingué

sel telle qu'aucune autre nation n’en peut offrir une semblable ».

À quelques jours de là, visitant les pr

incipaux établissements de la capitale N:

apoléon se rendit à la place de la Sorbonne, dans l'atelier de D

son titre de rmopyles. Bien qu'il eût fait autrefois

» dans son exil, entendu parler de ce tableau, il s'attendait à voir la lutte des Sparliates et des P

avid, qui avait repris premier Peintre. Il venait voir son tableau des The

des observations à l’auteur sur ce sujet, et qu’il eût erses, ce grand fait patriotique folie. L'artiste fut donc amené à

ecs se préparant à vendre chèrement leur vie et s’offrant comme des victimes pour obtenir des Dieux le salut de leur patrie. L'Empe- I I

ité et du dévouement, loua

que, dans la prospérité, il avait presque jugé une inutile

lui expliquer que son tableau représentait les Gr

reur qui, dans ses revers, venait d'apprécier le prix de la fidél

LE arte Te ARTE

cette noble pensée et dit en se retirant : « Très bien, Monsieur David, continuez à illustrer la France. J'espère que des copies de ce tableau ne tarderont pas à être placées dans les écoles militaires; elles rappelleront aux jeunes élèves les vertus particulières de leur état. » Et le jour même il nommait son premier Peintre commandeur dans l’ordre impérial de la Légion d'honneur.

On à quelquefois dit que l'Empereur lui avait aussi conféré le titre de baron; et que cette nomination, faite pendant les Cent-Jours, aurait été annulée par la Restauration. Mais rien, dans nos recherches, n’est venu confirmer cette assertion.

David seulement, en septembre 1808, avait fait rendre transmissible son titre de chevalier de la Légion d'honneur, ce qui lui donnait droit aux armoiries et à la livrée

décrites dans les lettres patentes ci-dessous. « 23 septembre 1808.

» NAPOLÉON, PAR LA GRACE DE DIEU, EMPEREUR DES FRANÇAIS, ROI D'ITALIE, PROTECTEUR DE LA CONFÉDÉRATION DU RHIN.

» A tous présents et à venir : SALUT.

» Par les articles XI et XII de notre premier statut du 1° mars 1808, nous avons déterminé que les membres de la Légion d'honneur porteraient le titre de Chevalier, et que ce litre deviendrait transmissible à la descendance directe, légitime, naturelle et adoptive, de mäle en mâle, par ordre de primogéniture de celui qui en aurait élé revêtu en obtenant des lettres-patentes à cet effet et en justifiant d’un revenu net de 3,000 francs au moins.

» Le sieur David s’est retiré devant notre cousin, le prince archi-chancelier de l'Empire, qui à fait vérifier en sa présence, par le conseil du Sceau des titres, que, par notre décret du 96 frimaire an XII, nous avons nommé ledit sieur David membre de la Légion d'honneur et qu'il possède le revenu exigé par nos statuts. En conséquence nous avons, par ces présentes signées de notre main, autorisé le sieur Jacques-Louis David, notre premier Peintre et membre de l'Institut de France, né à Paris, le 30 août 1748, à se dire et à se qualifier Chevalier en tous actes et contrats tant en jugement que dehors, voulons qu'il soit reconnu partout en ladite qualité, qu'il jouisse des honneurs attachés à ce titre, après qu'il aura prêté le serment prescrit par l’article XXXVII de notre second statut du 1°" mars 1808, devant celui où ceux qui seront par nous délégués à cet effet, qu’il puisse porter en Lous lieux les armoiries telles qu’elles sont figurées aux présentes.

» D'or à la palette de peintre de sable, chargée de deux bras de carnation mouvant à

dextre d’un manteau de gueule. La main dextre appaumée, et la senestre tenant trois sabres

de fer poli, le tout soutenu d'un champagne de gueule au signe des chevaliers. Livrée bleu,

jaune, rouge, blanc et noir.

» Chargeons notre cousin, le prince archi-chancelier de l'Empire, de donner communication des présentes au Sénat, et de les faire transcrire sur les registres, car tel est notre bon

plaisir. Et afin que ce goit chose ferme et stable à toujours, notre cousin, le prince archi-

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