‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 196 sur 328 · OFFRES DU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

OFFRES DU ROI DE PRUSSE

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la Légion d'honneur et de l'Institut, où son fauteuil, par une ordonnance royale, 6

à Guérin, il apprenait qu'à Berlin le Roi, comme pour confirmer les promess ministres, faisait placer dans sa galerie son tableau du Mont Saint-Bernard, enlevé par Blücher au palais de Saint-Cloud.

Ne tenant pourtant aucun compte de cette différence de traitement, il hésitait à engager

à-vis les ennemis les plus acharnés de la France. Il consulta, à ce

sa reconnaissance vis sujet, deux de ses collègues à la Convention, Cambacérès et Sieyès. Le premier, épicurien et homme de cour, lui conseilla d'accepter; le second, d’une morale plus austère, le voyant dans l'aisance et entouré de l'estime générale, l’engagea à ne pas sacrifier à la rancune ou à la vanité son honorable indépendance.

David se rangea à ce dernier avis, et son parti était pris quand il reçut une nouvelle

lettre du prince de Hardenberg, renouvelant ainsi les propositions du Roi :

« Paris, 16 mars 1816.

» Monsieur,

» J'ai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 28 mars, et je n'ai pas manqué de rendre compte au Roi des retards involontaires qu'éprouve votre voyage : ils sont trop légitimes pour que Sa Majesté n'applaudisse pas au parti que vous avez pris; elle espère que le rétablissement de Madame votre épouse vous permettra bientôt de continuer votre roule. Mais, malgré le plaisir qu’elle trouvera de vous voir fixé dans sa capitale, je suis chargé de vous dire qu’elle s’en remet entièrement, à cel égard, à vos convenances particulières.

» Vous pourrez done, Monsieur, attendre avec sécurité la fin de la maladie de Madame votre épouse, et vous ne serez plus dans le cas de compromettre, par un voyage précipité, une santé qui vous est chère à si juste titre. Je me flatte que, vos inquiétudes venant à cesser, je jouirai bientôt de l'avantage de vous voir au milieu de nous, placé d’une manière conforme à vos goûts et jouissant d’une existence tranquille et honorable. Sa Majesté vous accordera toutes les facilités que vous pourrez désirer pour votre établissement, et je serai charmé de pouvoir m’entendre avec vous à ce sujet immédiatement après votre arrivée à Berlin, dont je vous prie de vouloir bien me prévenir.

» Agréez, etc., » LE PRINCE DE HARDENBERG. »

Le prince de Hasfeld, ambassadeur de Prusse à la cour des Pays-Bas, pensant alors qu’une démarche personnelle déciderait peut-être David, se transporta chez lui. Le peintre était absent, mais le lendemain il s’empressa de rendre sa visite au prince. Celui-ci, traitant la question d'une manière plus positive, lui demanda ce qu'il recevait comme premier Peintre de Napoléon, et lui promit, au nom de son maitre, le titre de ministre des arts avec des attributions et un traitement plus considérables. Il lui donna aussi à entendre que les dignités dont le Roi était disposé à l'honorer forceraient pour lui les barrières de

l'exil et lui permettraient de revoir sa patrie.

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