‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 198 sur 328 · À MONSIEUR DAVID · texte numérisé non relu

À MONSIEUR DAVID

Quand, sur une terre chérie,

Au sein d’un glorieux repos,

Tu recevais de ta patrie

Le prix de tes brillants travaux ; Quand, loin du bruit de la tempête, Fiers de ton nom, de tes succès,

Tes enfants célébraient ta fête,

C'était la fête des Français.

David, en vain l'orage gronde,

Ton front est couvert de lauriers ; Les Beaux-Arts, citoyens du monde, Partout retrouvent leurs foyers.

Noble fils de la Grèce antique,

Chez nous tu n'es plus étranger; C’est la fête de la Belgique, Repose-toi sous l'Oranger.

Viens, ne regrette plus la France, Et sois heureux dans nos climats ; L'amitié, la reconnaisance Sèmeront des fleurs sur tes pas.

Le climat n’est rien; le génie Rassemble d’un nœud fraternel Paris, la Flandre, l’Ausonie, David, Rubens et Raphaël.

Pendant que David recevait un accueil si cordial, que devenaient ses élèves à Paris? Tous n'avaient considéré son départ que comme une satisfaction momentanée donnée à la loi d'amistie, et aueun ne doutait que son absence ne fût de courte durée. Deux d’entre

eux, profitant de leur service dans la garde nationale qui leur ouvrait les portes du

château des Tuileries, avaient présenté au roi, à la sortie de la messe, une pétition pour autoriser leur maître à résider en France.

Cependant, si tous conservaient le désir et l'espoir de le revoir, le plus grand nombre

s'était dispersé, soit dans d’autres ateliers, soit dans leurs familles; un petitnoyau de fidèles

était seul demeuré, mais sans asile et sans guide. Ils avaient espéré que Gros, de sa propre inspiration, demanderait à l'administration l'autorisation de conserver l'atelier des élèves de David à l'Institut; mais ce local ayant été donné par le ministre au statuaire Rutxhiel, ces jeunes gens, encouragés par Poisson, s’adressèrent directement à Gros pour que l'atelier

ne fût pas dissous. Voici ce que Poisson écrivait sur ce sujet à son ami Navez.

« Ce 1er avril 1816.

» .… Tu sauras aussi qu'on nous a retiré le local qui nous servait d'atelier, et qu'il a été adjugé à Rutxhiel, un ancien élève de l'atelier, qui nous a assuré ne l'avoir demandé que parce qu'il était sollicité par dix ou douze personnes, ce qui est très vrai; car je lai su quand je suis allé dans les bureaux du ministère avec M. Gros.

» Comme tu sais, nous avions formé une demande pour la conservation de notre atelier, et tu te souviens aussi que Pagnest nous dit que M. Gros avait été au ministère, et que le chef de bureau lui avait répondu qu’il était probable qu'on ne laisserait pas le local à des jeunes gens qui pourraient d’un jour à l’autre ne plus yêtre, et qu'il fallait quelqu'un qui représentât à la tête d'une école. Cette même personne m'a dit à moi qu'on avait attendu plus de quinze jours M. Gros, croyant qu'il en ferait la demande en notre nom, mais qu'enfin

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