‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 2 sur 328 · LA PESTE DE SAINT-ROCH · texte numérisé non relu

LA PESTE DE SAINT-ROCH

Famille de David. — Ses premières années. — Sa vocation. — Il suit l'atelier de Vien et les cours de

l'Académie de Peinture. — Il est admis au Concours de 1771. — Son second prix. — Concours de 17

— Son échec, son désespoir. — Concours de 1773, — Ses différents travaux. — Concours de 1774.

— Il remporte le premier prix. — Arrivée en Italie, — Conseils de Vien. — Étude a

de l'antique. — Ses envois, 1777-1779. — Voyage à Naples, — Sa maladie. — Ze Peste de Saint-Roch exposée à Rome.— Retour en France.

Maurice David, inscrit comme tous les membres de sa famille sur les registres de la

corporation des Merciers de Paris et faisant le commerce des fers sur le quai de la Még serie, avait, à dix-neuf ans, épousé dans l’église Saint-Paul, le 26 mai 1746, Marie-

Geneviève Buron, âgée de dix-huit ans, en présence de Simon Dolimier, marchand épicier,

son Curateur; de Nicolas Laisné, marchand mercier, son beau-frère ; de Jean-Baptiste David, marchand mercier, son oncle; et de Jacques Buron, maître maçon, père de l'épouse; de Marguerite Buron née Lemesle, sa mère; de Jacques Desmaisons, maître maçon, et de Marc Desisfautaux, maitre charpentier, ses beaux-frères.

L'unique fruit de cette union fut Jacques-Louis David, né à Paris le 30 août 1748, quai de la Mégisserie, et tenu le même jour sur les fonts baptismaux de l’église Saint-

Germain-l’Auxerrois, par Jacques Prévot, marchand potier d’étain, et Jeanne-Marguerite Lemesle femme de Jacques Buron, aïeule maternelle de l'enfant.

On manque de détails précis sur les premières années de David. On rapporte cependant qu'il fut élevé dans une propriété de ses parents à Bagnolet, village des environs de Paris que le duc d'Orléans avait mis à la mode.

Dans les notes que David à laissées, il dit qu'il témoigna dès l'enfance une passion exclusive pour le dessin. On ne lui faisait apprendre quelque chose qu'en lui donnant quelque croquis fait par un de ses oncles. L'enfant se mettait aussitôt à le copier ; aussi les murs, les portes, le parquet étaient-ils couverts de ses essais.

A sept ans ses parents l’envoyèrent en pension à Picpus pour apprendre le latin. Il y était encore quand son père, qui avait pris une charge de commis aux Aydes du département de Beaumont, fut tué en duel à Beaumont-en-Auge, le 2 décembre 1757.

Sa veuve, sur les conseils de son cousin germain, le célèbre Boucher, premier Peintre du Roi, résolut de donner à son fils l'instruction que son parent recrettait de ne pas avoir reçue. Elle le confia à un répétiteur dont les élèves suivaient les classes du collège de Beauvais. David, dessinant sans cesse, était cité pour son application, lorsqu'un jour son professeur de seconde, M. Desmales, l’interrogea sur sa leçon. Peu satisfait de sa réponse, il lui donna un pensum de cinq cents vers et pria qu’on lui fit passer ce qu'il paraissait écrire. Quand il vit que c'était un dessin à la plume imitant exactement la gravure, il leva sa punition en disant «qu'il serait meilleur peintre qu'orateur », faisant allusion au gras-

seyement très prononcé que l'enfant tenait de son père et dont il ne put jamais se débarrasser

complètement.

Ce professeur, du reste, aimait les arts, car il emporta ce dessin chez lui; et quand David, après son second prix de peinture, alla lui rendre visite, il retrouva son ouvrage encadré. Il en fit la remarque à son maître qui lui dit : « Oui, mon ami, c’est votre dessin el je le conserverai toujours; vous êtes le second de mes élèves à qui j'ai fait une semblable prédiction; le premier, Hubert Robert, l'a déjà vérifiée, et quant à vous, à en juger par

votre tableau, vous ne tarderez pas à la compléter. »

La passion de David pour le dessin était encouragée par tous ses camarades, qui se disputaient ses croquis. Il put bien mieux s’y abandonner quand il fit sa rhétorique. Son professeur, M. Guérin, était ami de la maison, et voyant le goût du jeune homme pour les arts, il conseilla à sa mère de l'envoyer au collège des Quatre-Nations où il tenait sa classe. Là, abrit profitait cependant de la leçon, car il fut appelé le septième en rhétorique dans une

sous la chaire, le futur artiste dessinait pendant toute la durée du cours et

classe de quatre-vingts à quatre-vingt-dix élèves.

érieusement, et ayant appris d'un de ses condisciples que la

Désireux d'étudier plus corporation des peintres, sculpteurs el graveurs de Paris avait, sous le nom d'Académie

de Saint-Luc, ouvert rue du Haut-Moulin, dans une ancienne chapelle dédiée à saint

Symphorien, un cours de dessin d’après nature, le jeune David ne résista pas à la proposition de son ami d'aller voir cette école. A peine arrivé, il y prit une place el se mit à copier le modèle; mais, habitué à ne travailler qu'à la plume, il fit une figure d’une proportion trop petite en comparaison de celle usilée dans cette Académie, erreur qu'il répara facilement à la seconde séance. Il travaillait ainsi depuis trois mois, sans autre guide que ses propres dispositions lorsque, sa rhétorique terminée, il fallut se déterminer à prendre

un état.

Par la mort de son père, il s'était trouvé placé sous la direction de sa famille maternelle, dans laquelle on s’intéressait aux arts; car (outre qu'elle comptait parmi ses membres Boucher, le talent à la mode, et un peintre qui avait travaillé avec Lebrun), des oncles de David l’un, M. Desmaisons, était architecte du Roi, membre de l’Académie

royale d'Architecture ; l'autre, M. Buron, était ce maître maçon qui avait su distinguer

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