‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 207 sur 328 · GROS OFFRE A DAVID UNE MÉDAILLE D'OR · texte numérisé non relu

GROS OFFRE A DAVID UNE MÉDAILLE D'OR

ravissement, etde les entendre vanter votre talent; déjà le bon Navez à Rome m'en avait

entretenu; mais aujourd'hui c’est le public. Ce n’est plus par un attachement particulier à votre personne, c’est la force de la vérité. Continuez, mon bon ami, vous n’êtes pas de ces peintres qui se contentent d’un succès pour se reposer toute leur vie ; vous êtes du nombre

de ceux qui croient n’avoir jamais as

ez fait quand ils sentent qu'ils ont encore à acquérir. Bien, mon ami, croyez toujours que vous ne savez rien, c'est le moye savoir plus que les autres.

n d'en

» Votre ami éternellement, » DAVID. »

À Couder il disait en même temps :

« Mon cher Monsieur Couder, » Je trouve en partie les moyens de m'acquitter envers vous des marques d’attachement que vous m'avez souvent exprimées. Je me sers de l'organe de deux habiles peintres, MM. Horace Vernet et Géricault, qui m'ont ravi de joie par leur présence. Ils sont venus à Bruxelles

dans l’intention de me voir encore et de m'embrasser, Nous avons bu à la santé de ceux de

mes élèves qui n’ont jamais refroidi pour moi leur attachement filial. Vous êtes du nom

bre, mon ami, je ne dois pas en être surpris. Vous avez un bon cœur,

j'en ai vu la preuve pour un de vos amis qui ne vit plus, ce qui me convainc de plus, que les hommes reconnaiss ceux qui ont le plus de talent. Ne vous refroidissez pas, mon

an(s sont ami, vite, un beau tableau. »

Il donnait à Drolling de semblables encouragements. Le maitre voyait encore quelques-uns de ses élèves, quand ils p pour aller exercer leur art à l'étranger ;

ient à Bruxelles car plusieurs s'étaient créé une clientèle parmi surtout parmi les Russes, qui pendant leur séjour en Franc revers, y avaient pris le goût des beaux-arts.

les alliés

e, à la suite de nos

C'est ainsi que son élève et ami Riésener, s'arrêta quelques instants près de lui, en se

rendant en Russie. David saisit cette occasion de faire parvenir un témoignage de sa reconnaissance au prince Youssouppoff. Cet amateur éclairé des arts € son tableau de ?Aaon,

en 1809 (1). L

it l'heureux possesseur de Sapho et l'Amour, qu'il lui avait demandé quand il résidait à Paris ‘artiste avait déjà donné de ses nouvelles au Prince, quand les deux officiers russes, qu'il avait logés dans sa maison en 181 4, M. le baron Pillar et M. Laugel, étaient retournés dans leur pays. Il lui exprimait sa gratitude pour l’empereur Alexandre, dont la modération avait gagné le cœur des Français, et le regret de n'avoir pas reçu dans son atelier la visite d’un souverain aussi illustre. Il terminait sa lettr

e en le priant de lui envoyer un croquis de son tableau de 2haon et Sapho, dont il n'av.

ait conservé aucun souvenir.

pour le prince Youssouppoff, il rappelait à ce dernier la conduite généreuse qu'il lui av.

Dans la recommandation qu'il donnait à Riésener ait Vu tenir envers un de ses

élèves, le jeune Michallon, et l'assurait encore de son attachement.

(1) Ces renseignements qui nous sont récemment parvenus, nous permettent de préciser la date de cet ouvrage.

Quand ses fils, Jules et Eugène, dont la chute de l’Empire avait brisé la carrière, s'étaient trouvés réunis au foyer paternel, ils avaient cherché ensemble un moyen de sortir de leur position fàcheuse. Eugène, dont l'esprit était plus ouvert aux affaires, demanda à son père l'autorisation de tirer parti du droit de reproduction de ses ouvrages par la gravure. Nous avons vu, par une lettre de Gros qu'il avait été déjà question de la gravure du Zéonidas ; celle des Sabines était sur le point d’être confiée à Massard. Bourgeois avait fait le dessin, qui ne satisfaisait pas beaucoup le maître, car, le 14 mai 1820, il disait à Naiïgeon, à propos de cet ouvrage :

« Veuillez bien ajouter à M. Urbain Massard, dans le cas qu'il se chargeât de la gravure, que pour lui faciliter ce travail et mieux déterminer son effet, je me suis occupé ici à retoucher la petite gravure dessinée par Bourdon à l’occasion du prix décennal. M. Massard a bien raison de dire que les ombres du dessin de Bourgeois sont lourdes et n'ont point de transparence : cela provient des demi-teintes qui sont également noires pour une draperie blanche que pour une noire, ainsi de suite pour les chairs qui passent du blanc au noir sans l'intermédiaire des demi-teintes. Dites-lui qu'il est à sa disposition et que je lui enverrai cette gravure retouchée par moi quand ille désirera. »

Il avait sur les devoirs du graveur des idées très arrêtées, n’entendant pas que l’interprète substitut sa personnalité à celle du peintre. C’est ainsi qu’il envoyait à Potrelle, que la gravure de son portrait par Navez avait mis en relation avec lui, ces observations sévères

sur la planche de l'Amour et Psyché.

« Bruxelles, le dimanche des Rameaux, avril 1819.

» J'ai recu une seconde épreuve avancée du tableau de Psyché et l'Amour. Je ne puis reconnaître, en vérité, « qu’elle soit faite d’après moi ». Je n’y retrouve nullement mon contour, particulièrement dans les formes des têtes; ce ne sont pas celles de mon Amour et de ma Psyché ; il a l'air d’un sérieux et d'une gravité qui sont bien loin de mon idée en le peignant ; la tête plate et pointue de Psyché lui convenait aussi peu; enfin il m'a paru où que vous, ou que quelque autre qui en sait plus que moi, avez voulu me corriger; malheureusement, la leçon qu’on me donne est un peu tardive.

» Mon intention dans cette réponse n’est pas de vous décourager, mais de vous bien pénétrer de l'obligation absolue d’un graveur de savoir bien choisir, et, une fois son choix fait, il doit faire une entière abnégation de sa manière particulière de voir, pour s’astreindre aveuglément à l’intention du peintre, et c'est ce que vous n'avez pas fait.

» Si vous rejetez cet avis, vous ferez toujours des Potrelle, et toutes vos estampes se ressembleront.

» Vous êtes jeune, vous avez des dispositions et des talents : profitez-en, vos succès me seront toujours chers.

» Si j'étais devant le tableau, je vous ferais voir que vous n'avez nullement copié mon ouvrage. Les têtes sont ridicules; il y a une pédanterie dans votre estampe qui n’est pas du tout dans l'esprit de mon tableau.

» Votre très humble serviteur, » DAVID.

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