‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 213 sur 328 · SES FUNÉRAILLES · texte numérisé non relu

SES FUNÉRAILLES

à M. David, les soussignés, rassemblés en Comité provisoire et au nom de leurs concitoyens,

au nom des arts belges, ont l'honneur d'adresser à la famille de M. David le désir si univer-

sellement formé de voir les restes mortels de son illustre père honorer la Belgique et rester dans un pays qui s’enorgueillit d'avoir été choisi par ce grand homme comme un asile de bonheur, de repos, après les tourmentes politiques qui occasionnèrent son exil.

s enfants consentiront à la demande d'un public juste

» Espérant que sa veuve et « admirateur du talent du grand homme que les arts ont perdu, la Commission provisoire s'estimera heureuse de pouvoir annoncer à ses concitoyens une réponse favorable à sa prière.

» Les membres de la Commission provisoire pour élever un monument à M. David

el lui fire des obsèques dignes de lui,

» J. ODEVAERE; MICHEL STAPLEAUX ; » L.-J. VAN GEEL; DE POTTER ; » F.-S. NAVEZ; HENNESSY ;

» F.-A. THOMAS fs. »

La famille de David ne pouvait qu'être touchée de ce mouvement de sympathie. Eugène, cependant, ne voulut pas s'engager complètement vis-à-vis des promoteurs de cette démarche si honorable, et ainsi qu’il en informe sa sœur Pauline dans sa lettre du 1% janvier 1826, il convint, avec les artistes belges, que, s’il rapportait en France les

rait son cœur.

restes de son père, il leur laiss « Ici, toute la ville, écrit-il, demande ou son corps où son cœur que j'ai fait embaumer et mettre dans un vase d'argent. Il y a une souscription ouverte pour lui ériger un monument digne de son grand talent.

» Si la rentrée de son corps était refusée par notre gouvernement, je le laisserais à cette bonne ville qui lui a donné l’hospitalité. J'emporterais son cœur, cependant avec la condition que si des moments plus heureux nous permettaient de faire rentrer son corps,

il nous it rendu et que nous leur donnerions son cœur... »

Comme le disait Eugène, le soin d’embaumer le corps de David avait été confié à Van den Corpus Lambert, pharmacien de Bruxelles. On fit aussi mouler la tête du défunt, et son élève Rude prit, comme un précieux souvenir, l'empreinte de sa main droite. Michel Stapleaux, une demi-heure après sa mort, avait fait un dessin de ses traits pour ses enfants. Le docteur Chälupt, dans une notice nécrologique publiée dans les journaux de Bruxelles, donna, avec beaucoup de détails, les résultats de l’autopsie qui avait démontré que l’illustre malade avait succombé à une hypertrophie du cœur. On annonçait en même temps une biographie de David faite par Thomé, le neveu de Thibaudeau, et un nouveau portrait de lui lithographié par Delpierre d'après Navez.

L'opération de l'embaumement avait demandé plusieurs jours, et ce ne fut que le 5 janvier que le public fut admis à voir le peintre des Zoraces reposant sur son lit mortuaire.

Un de ses admirateurs vint placer sur sa tête une couronne de lauriers.

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Le 8, sa dépouille mortelle fut déposée, entourée d’aromates, dans un cercueil de chène doublé de plomb. On y scella avec le corps un extrait mortuaire traduit en plusieurs langues, des médailles et les gravures de ses tableaux renfermées dans un tube de verre. On fixa sur le cercueil une plaque de cuivre avec l'inscription suivante :

« Jacques-Louis DAVID, né à Paris le 51 août 1748, Député de la ville de Parts à la Convention nationale, premier Peintre de l'empereur Napoléon, l'un des commandants de la Légion d'honneur, membre de l'Institut de France et des Académies de Peinture de Gand, Amsterdam, Rome, Florence, Vienne, ele. Mort en exil le 29 décembre 1825 sur la terre hospitalière de la Belgique, à Bruxelles.

Suit la liste de ses tableaux.

Le cœur avait été enfermé dans une urne d'argent et remis à la famille.

Le 9 janvier, dans l'après-midi, une imposante pompe funèbre vint chercher le corps pour le transporter de la maison dans la salle mortuaire de l'église de Saint-Michel et Sainte-Gudule en attendant le jour des funérailles solennelles, et de l'enterrement qui

ision du gouvernement français.

dépendait de la dé

Ce lugubre cortège, pour gagner la cathédrale, passa par les rues les plus fréquentées de la ville au milieu d’une foule recueillie.

Il était ainsi composé :

1° Les jeunes élèves de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture portant des branches de palmier et des couronnes de lauriers.

90 Les élèves des différents ateliers portant, entourées de lauriers et surmontée de couronnes d'immortelles, des bannières dont les inscriptions rappelaient les plus célèbres compositions du défunt, telles que les Subines, Léonidas, Socrale, Mars el Vénus.

3 La musique de Ja garnison exécutant par intervalles des mélodies funèbres.

4 Le char, décoré de guirlandes de lauriers, et attelé de six chevaux noirs conduits par six valets de pied en habits de deuil. Au sortir de la maison mortuaire, Michel Stapleaux déposa sur le cercueil la palette et les pinceaux de son maître entourés de crêpes, de lauriers et d'immortelles. Des professeurs de l'Académie et des amis de David, tenant des cierges allumés, entouraient le corbillard.

ÿe Immédiatement après le char venaient MM. Eugène David, le fils du défunt; Ramel de Nogaret; Michel, prêtre de l’église des Saints-Michel-et-Gudule, avec d’autres amis et compatriotes du défunt.

Ge Le suisse de l’église des Saints-Michel-et-Gudule en grand costume.

7° Le poële ou drap mortuaire porté par MM. Navez, Pælinck et M. Stapleaux, élèves de David, et MM. Rude, Van Gheel et Bodumont.

L'épée de membre de l'Institut du défunt était également portée par M. Stapleaux.

8 MM. Hennessy, directeur de l’Académie royale de Peinture et du Musée, et Malaise, secrétaire de la même Académie.

9 Le valet de chambre de David en habit de deuil portant le costume de membre de l'Institut et les insignes de commandant de la Légion d'honneur de feu son maitre.

40° Un grand nombre d'amis du défunt et d'habitants de la ville suivant le cortège.

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