‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 64 sur 328 · RS · texte numérisé non relu

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printemps sont un parterre animé dont les parfums disposent les âmes à cette scène touchante.

» Les tambours roulent; tout prend une forme nouvelle. Les adolescents armés de fusils forment un bataillon carré autour du drapeau de leurs sections respectives. Les mères quittent leurs fils et leurs époux; elles portent à leur main des bouquets de roses; leurs filles, qui ne doivent jamais les abandonner que pour passer dans les bras de leurs époux, les accompagnent et portent des corbeïlles remplies de fleurs. Les pères conduisent leurs fils, armés d’une épée, l’un et l’autre tiennent à la main une branche de chène.

» Tout est prêt pour le départ : chacun brûle de se rendre au lieu où doit commencer cette cérémonie qui va réparer les torts des nouveaux prêtres du crime et de la royauté.

» Une salve d'artillerie annonce le moment désiré. Le peuple se réunit au Jardin national; il se range autour d’un amphithéâtre destiné pour la Convention. Les portiques qui l’avoisinent sont décorés de guirlandes de verdure et de fleurs entremêlées de rubans tricolores.

» Les sections arrivées, les autorités constituées, le peuple annonce à la représentation

nationale que tout est préparé pour célébrer la fête de l'Être

suprème.

» La Convention nationale, précédée d'une musique éclatante, se montre au peuple : le président parait à la tribune élevée au céntre de l'amphithéâtre; il fait sentir les motifs qui ont déterminé cette fête solennelle; il invite le peuple à honorer l’auteur de la nature.

» Il dit : le peuple fait retentir les airs de ses cris d'alléoresse.

» Tel se fait entendre le bruit des vagues d’une mer agitée que les vents sonores du

Midi soulèvent, et propagent en échos dans les vallons et les forèts lointaines.

» Au bas de l’amphithéâtre s'élève un monument où sont réunis tous les ennemis de la Félicité publique : le monstre désolant de l’Athéisme y domine; il est soutenu par l’Ambition, l’Égoïsme, la Discorde etla fausse Simplicité qui, à travers les haillons de la misère, laisse entrevoir les ornements dont se parent les esclaves de la royauté.

» Sur le front de ces figures on lit ces mots :

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