BOISSY
Fidèle à la promesse qu’il avait faite à ses enfants de renoncer à la politique, David, malgré tous les décrets de la Convention qui lui restituaient ses droits de citoyen et de député, ne reparut pas à l'Assemblée. Cette sage réserve lui épargna la mortification de voir enlever de la salle des séances les deux tableaux de aura et de Zepelletier dont il avait fait hommage à ses collègues.
Au lendemain de Thermidor, les hommes vainqueurs de Robespierre, voulant donner un gage éclatant de leur dévouement à la République et montrer qu'ils ne rèvaient pas le retour de la royauté, avaient exécuté le décret qui ordonnait que le corps de Marat serait transporté au Panthéon. Cette preuve de leur civisme une fois fournie à la multitude, les partis avaient repris la lutte, et la contre-révolution devenant de jour en jour plus forte, avait commencé à attaquer et à flétrir tout ce qui se rattachait au gouvernement révolu-
tionnaire, tandis que la faction contraire tentait tout pour ressaisir le pouvoir.
Naturellement Marat fut le premier attaqué. Les hommages outrés qu'on lui avait
rendus après sa mort, la personnification en sa mémoire d’un régime de sang, provoquèrent