RÉPONSE DE DAVID, DE PARIS
REPRÉS
INTANT DU PEUPLE
AUX DIX-SZPT CHEFS D'ACCUSATI ON PRÉSENTÉS CONTRE LUI A LA BARRE DE LA CONVENTION NATIONALE PAR LA COMMISSION DES DOUZE DE LA SECTION DU MUSÉUM
€ Au 10 thermidor, j'ai été accusé d'abus d'autorité, de terrorisme et de persécution ; je me suis justifié devant les trois Comités de la Convention nationale nommés pour examiner ma conduite, et ces trois Comités, après avoir vérifié les accusations et entendu mes réponses, ont déclaré que j'étais innocent et qu’il n'y avait plus lieu à examen contre moi.
» Plus de huit mois après, quelques individus de ma section, sous prétexte d'exécuter un décret qui a ordonné le désarmement de ceux qui se sont rendus coupables de vexation
envers leurs concitoyens, ont imaginé de m'inculper de nouveau par les mêmes imputations
sur lesquelles j'avais déjà été entendu et jugé, et les commissaires de la section du Muséum,
dociles aux suggestions de mes ennemis, ont écrit des circulaires à tous les citoyens qu’ils
ont présumé devoir me connaître pour les inviter à venir « époser des faits quelconques à ma charge.
» Cette recherche à produit leur déclara tion, dont les commissaires ont extrait dix-sept chefs d'accusation qu'ils ont interprétés et commentés à leur manière, après les avoir arrangés dans l’ordre qui leur a paru le plus propre à élever contre moi les plus fortes préventions ; et, pour assurer le succès de ce plan, ils se sont cru permis de dénaturer une
partie de ces déclarations, et de faire dire aux déposants ce qu'ils n’ont réellement pas dit,
afin de présenter au public, comme des accusations directes et positives, ce qui n’a été le plus souvent allégué que sur de simples oui-dire, tant la haine est industrieuse dans ses moyens de nuire.
» Je vais répondre à ces dix-sept imputations, et je ne pourrai le faire sans entrer dans beaucoup de détails entièrement fastidieux, sans me livrer à des longueurs, à des répétitions; mais tel est le désavantage de l'innocent calomnié, qu'à des accusations faites en peu de mots, il est obligé de répondre par de longs discours ; car c'est la nature des choses ici-bas, que le mal se fasse en un moment et ne puisse se réparer que par de longs efforts,
» Ma méthode sera bien simple : j'ai fait imprimer, à la suite de cel écrit, les déclarations des citoyens qui ont été mandés pour déposer contre moi devant les douze commissaires de la section du Muséum, eten discutant chacun des dix-sept articles de la dénon-
ciation qu'ils ont extraits de ces déclarations, j'aurai soin de renvoyer leurs assertions aux
pièces originales qu'ils ont prises pour base de leur travail, afin que l’on puisse, par ce simple rapprochement, juger de la candeur et de la bonne foi qui ont inspiré leur conduite
et dirigé leurs démarches. Mais, pour donner une idée préliminaire de l'impartialité qu'ils
disent avoir observée dans l'exercice des fonctions dont ils espèrent couvrir la passion qui
les anime, je ferai remarquer d'abord que, non seulement ils se sont permis d'étendre, d'interpréter et de dénaturer les faits qu'ils m'imputent, après avoir déclaré qu'ils ne les ont
pas eæaminés (Vide leur pétition lue à la barre de la Convention), mais qu'insistant sur ces
CA
mêmes faits, dans une affiche publiée depuis la date de leur dénonciation, ils se sont livré contre moi aux plus violentes déclamations, afin de rallier à eux tous les esprits exaspérés par les derniers dangers qui ont menacé la représentation nationale.
» On va sentir le développement de cette combinaison astucieuse et perfide dans la discussion de l'écrit que j'ai à réfuter, et je vais en parcourir successivement toutes les parties. »