‹ Le peintre Louis David, 1748-1825Chapitre 98 sur 328 · PREMIER CHEF D’ACCUSATION · texte numérisé non relu

PREMIER CHEF D’ACCUSATION

David est accusé, disent les commissaires : 4° d'avoir tâchement abandonné son posle à la Convention le 9 thermidor, et d'avoir fui chez ui pour y attendre l'issue du combat, afin de

se jeter ensuile dans les bras du vainqueur.

« Cette allégation envenimée est extraite de la déclaration du citoyen Chemelat, imprimée à la suite de ce Mémoire, sous le numéro 13, mais il n’est pas vrai que ce citoyen m'y ait accusé du fait dont il s’agit. Une accusation directe impose, à celui qui en est l'auteur, l'obligation rigoureuse de prouver les faits qu'il avance, et le citoyen Chemelat, loin d’avoir entendu contracter un semblable engagement, déclare, au contraire, très positivement, qu'il ne garantit point celui dont il parle; qu'il ne le répète que parce qu'il l'a oui dire, et qu'il n'entend point en faire la matière d’une accusation personnelle.

» Cependant la pétition lue à la barre de la Convention porte que David est accusé, et le

public a pu penser qu'une accusation aussi formelle était accompagnée de quelques preuves.

Eh bien ! non seulement les preuves manquent, mais l'accusation elle-même n'existe pas, et il se trouve que ce n’est autre chose qu'une supposition odieuse des commissaires de la section du Muséum, imaginée, comme je l'ai déjà observé dans l'affiche par laquelle j’ai annoncé ma réponse, dans l’unique vue de propager les effets de la calomnie et d'élever contre moi une insurmontable prévention: ce plan se développera de plus en plus par la discussion de toutes les imputations que j'ai à repousser.

» Je pourrais donc me borner à cette simple observation relativement à ce prétendu chef d'accusation sur lequel les commissaires sont convaincus, dès le premier pas, d’imposture et de calomnie par les pièces mêmes qu'ils ont produites contre moi; mais je dois rappeler, pour dissiper jusqu'aux moindres impressions qui auraient pu résulter de leurs allégations, que j'ai prouvé, par des pièces authentiques, devant les trois Comités qui ont examiné ma conduite par rapport aux événements du 10 thermidor, que mon absence de la Convention à l'époque citée, loin d’élever contre moi aucune prévention défavorable, démontrait, au contraire, que j'ai été parfaitement étranger aux complots qui ont menacé la liberté, et la déclaration des trois Comités, qu’il n’y avait pas lieu à examen contre moi, est la meilleure preuve que je pourrais faire à cette imputation surannée, si j'avais à la repousser de nouveau ».

Page 1